Ahmed, Prince de
l'Alhambra
Centré sur le
thème de l'amour plus fort que tous les obstacles,
un dessin animé espagnol qui ravira
peut-être les enfants de moins de sept
ans
A l'époque des
rois, des princes et des princesses, l'Alhambra, palais
magnifique situé à l'intérieur du
royaume de Grenade, représentait le paradis sur
terre. Dans ce château régnait un roi qui
avait un fils, Ahmed. Selon une prédiction, de
grandes catastrophes surviendraient si le jeune prince
rencontrait l'amour. Pour éviter que cette
terrible malédiction se réalise, le roi
entreprit de bâtir un palais pour son enfant. Mais,
arrivé à l'adolescence, Ahmed prend
conscience qu'il lui manque la connaissance d'une chose
essentielle: l'amour. Bien décidé à
percer le mystère de cet étrange
phénomène qui rend les animaux bizarres
à ses yeux, il se rend chez le sage Eben Bonabben
pensant que le vieux savant lui apportera la
réponse à sa question.
La première chose
qui frappe les yeux et l'esprit de la personne -enfant ou
adulte- qui regarde ce dessin animé, c'est la
ressemblance frappante du héros avec le
"Aladdin" des studios Disney. Mais ce film
relativement court (1h10) ne possède pas le
centième de la qualité du brillantissime
"Aladdin", que ce soit au niveau des personnages,
du scénario, de la mise en scène et/ou de
l'humour. En effet, alors que le classique de Walt Disney
se montre vif, drôle et intelligent, en bref
réussi, "Ahmed, Prince de l'Alhambra" est
lourd, indigeste et gnangnan. Seuls certains
décors méritent un peu
d'intérêt.
Véritable hymne
à l'amour, ce dessin animé d'origine
ibérique est adapté d'après "Les
Contes de l'Alhambra" de Washington Irving
(1783-1859), écrivain américain, qui
contribua, comme son contemporain Edgar Allan Poe,
à créer la littérature
nord-américaine. Pour l'anecdote, le prochain film
de Tim Burton intitulé "Sleepy Hollow" est
tiré d'une nouvelle fantastique de Washington
Irving.
Traditionnellement, chaque
année, à la période de Noël,
sort le nouveau dessin animé des Studios Disney.
En l'occurrence, l'énergique "Tarzan".
Mais, pour ces vacances scolaires, on attend, entre
autres, "Le Géant de fer de Brad Bird", une
fable humaniste profonde, "Mon voisin Totoro" de
Hayao Myazaki, une merveilleuse réalisation
japonaise, et, "Toy Story 2", qui raconte les
nouvelles aventures de Woody le cow-boy et de Buzz
l'éclair. Entre ces films très attendus, le
mièvre "Ahmed, Prince de l'Alhambra" a peu
de chance de trouver son petit coin de paradis. De fait,
contrairement aux films précités, ce film
d'animation manque cruellement d'âme et
d'imagination. Le choix sera d'autant plus vite fait
qu'il ne faut pas prendre les enfants pour des
imbéciles.
(Sébastien
Ferrari)
1998
(Lotura Films, Columbia Pictures Espana, Les Films
Eliza)
Réalisation : Juan Bautista Berasategi
Scénario : Pio Artola, d'après Les Contes
de l'Alhambra de Washington Irving
Musique : Jose Antonio
Quintano
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