Les Bandes Dessinées de la semaine
Dernière mise à jour, le 2 juillet 2012



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- série: "Les Dieux du Nil" de Crisse et Besson.
Per Bast est en fête. On célèbre la déesse Bastet. Pharaon est venu avec toute sa famille. Mais, pour les chats, c’est l’émoi. La grande prêtresse Tyi vient de mourir. C’est elle qui communiquait avec Bastet. Il faut lui trouver une remplaçante. Le babouin Apoua connaît une chatte blanche qui ne peut être que l’élue. La chatte Néfertiti, la favorite des concubines du palais, se charge d’aller la chercher
Le scénariste et dessinateur Crisse, aidé par le coloriste Fred Besson, a conçu son livre illustré comme une balade parmi tous les animaux de l’ancienne Egypte. A chaque page du récit, il a intercalé les différents dieux de la mythologie égyptienne. On se passionne pour la dangereuse traversée de Néfertiti. Une balade aux mille péripéties qui nous fait connaître l’Egypte de jadis. On est fasciné par tous les dieux et les déesses reproduits par Crisse et Besson qui accompagnent chaque page. En couverture, on trouve Apédémak, le belliqueux. Il aime la guerre. Bien sûr, il y a Bastet. Iousaas est la Miss Univers de l’époque. Elle inspire aux dieux les sentiments les plus sensuels et les plus enflammés. Ourèthékaou est le pseudo d’Isis, une grande magicienne. Isis, en fait Aset, est la plus belle des déesses. Le scénario de ce conte ravira petits et grands. Graphiquement, Crisse réalise de véritables prodiges. Sa représentation des dieux confine au prodige tandis que les périples de Néfertiti nous montrent de gracieuses esquisses.
Un bijou qui mérite mille détours… A se procurer d’urgence !
(Marc Bauloye)
Le Lombard

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- série: "Sad Girl" de Takahama.
Dépendante aux médicaments, Shiori, revient chez elle après avoir subi une overdose et avoir été traitée à l’hôpital pour une tentative de suicide. Au matin, elle retrouve son mari alcoolique endormi au milieu de boîtes de tranquillisants. Elle s’enfuit sans laisser un mot et trouve refuge chez une amie de fac. Cette dernière l’accueille à bras ouverts. Mais, Shiori découvre bien vite qu’elle est accro aux drogues…
La scénariste et dessinatrice japonaise Kan Takahama nous propose ici un voyage au bout de l’enfer. Ce qui frappe et explique beaucoup de choses, c’est que l’héroïne semble avoir une personnalité faible. Jamais (sauf à la fin), elle ne décide de se prendre en mains. Quand on découvre la mère qu’elle a eu, on comprend ce qui a pu lui arriver. Le portrait de Shiori ne manque pas de tendresse malgré sa déchéance. La descente constituée par le passage aux médicaments, suivi par la prostitution puis l’adhérence à une secte ne semble pas la briser alors qu’elle va vers la mort. Drame, tragédie… Le lecteur est pourtant surpris par le dénouement heureux de l’histoire. Et, Shiori finit par nous devenir sympathique parce qu’elle s’est accrochée à l’espoir. Graphiquement, Takahama nous offre de très belles planches en noir et blanc. Les décors sont fouillés. Les personnages très réalistes. La dessinatrice est douée et sert à merveille son scénario. Elle parvient à montrer sur le visage de l’héroïne toutes les souffrances qu’elle a vécues.
Un portrait de femme bouleversant qui s’éclaire d’une touche d’espoir… A découvrir !
(Marc Bauloye)
Casterman

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- série: "Dans mon Open Space" T.4, Variable d’ajustement de James.
C’est la peur dans les locaux en Open Space pour tous les employés d’une fabrique de lingerie. Deux loups vêtus de noir sont arrivés pour faire un audit. Il s’agit de rendre le profit de l’entreprise plus important. Pour les hauts pontes, c’est indispensable… L’audit va couper des têtes et va démolir le moral des troupes…
Aux commandes du scénario et du dessin, on retrouve James, de son vrai nom Laurent Percelay, alias James Ottoprod et lol ! Ce n’est pas un inconnu. Avec son compère Tête X, il a tenu un blog BD, Ottoprod, où il fustigeait avec humour l’univers de la bande dessinée et même Dargaud. Des années après, Dargaud a accepté de l’éditer. Dans la série « Mon Open Space », il raconte, avec de nombreux traits d’humour, les années qu’il a passé lui-même au bureau. Et, il y a de la matière…C’est désopilant. Il donne une version critique de la vie au bureau. Ce que fait l’entreprise n’a pas d’importance. Ce qui compte ce sont les soubresauts de la finance et leur impact sur les employés. Le travail n’a plus rien d’humain. Ici, les employés affrontent un audit avec toutes les conséquences que cela implique au niveau licenciements. Graphiquement, James va à l’essentiel sans se préoccuper des décors. Les gags hilarants se succèdent au rythme de deux par planches (48 pages). Les couleurs pâles mettent les dialogues en valeur.
Un reflet qui colle bien à la réalité de notre époque, l’humour en plus. A ne manquer à aucun prix !
(Marc Bauloye)
Dargaud Poisson Pilote

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- série: "La jeunesse de Blueberry" T.20, Gettysburg de Blanc-Dumont et Corteggiani.
Guerre de Sécession. Les combats entre les soldats de l’Union et les soldats confédérés se poursuivent dans le sang et la terreur. Le lieutenant Mike Blueberry a reçu l’ordre de récupérer les munitions de l’Union à Born Station. Mais, les sudistes se sont emparés du train et obligent Mike et un de ses soldats à se réfugier dans une maison. Cette dernière bombardée, ils décident de se cacher à la cave…
Le scénariste François Corteggiani met ici en scène la bataille de Gettysburg par des flashs back concernant celui qui allait devenir le plus célèbre anti-héros de la BD. Ce n’est donc pas un épisode de La jeunesse de Blueberry comme les autres. En hommage à Jean Giraud, Gettysburg se veut une fresque fidèle d’affrontements historiques et sanglants. Gettysburg est devenue l’une des batailles les plus célèbres de l’histoire américaine. Corteggiani, bien documenté, multiplie les scènes d’action alors que le lecteur pourrait aussi avoir envie d’en savoir plus sur Blueberry. Graphiquement, Michel Blanc-Dumont n’a plus rien à prouver. Ses personnages sont plus vrais que natures. Ses chevaux sont de toute beauté. Il restitue l’âpreté des combats, le goût du sang et des charniers. Les décors sont dantesques. Il a le souci du détail vrai. Les couleurs virent le plus souvent vers le rouge, conséquence des blessures des victimes.
Une parenthèse dans La jeunesse de Blueberry, lequel revient à ses débuts dans l’armée…
(Marc Bauloye)
Dargaud

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- série: "Caroline Baldwin" T.16, La conjuration de Bohème de Taymans.
Miraculeusement réchappée d’une tentative d’assassinat, et soupçonnée de fomenter un complot terroriste auquel elle est totalement étrangère, Caroline, aidée de l’inspecteur Philips, enquête sur l’étrange Bohemian Club, vers lequel toutes les pistes semblent converger. Un spécialiste des sectes leur apprend que le Club sert en fait de couverture à une société secrète réunissant, depuis la fin du XIXème siècle, l’élite de l’Amérique conservatrice…
Créée en 1996 par le scénariste et dessinateur André Taymans, Caroline Baldwin est un privé au féminin. Taymans nous propose ici la conclusion d’une enquête passionnante débutée dans « L’ombre de la chouette ». Il dévoile enfin le mystère du dollar qui met les enquêteurs sur la piste d’une société secrète qui met au point un attentat terroriste dans les plus hautes sphères. Ce sera un défi pour Caroline de déjouer le complot alors qu’elle-même est suspectée d’actes de ce type. Taymans dévoile aussi le mystère de la femme qui se prétend être la compagne de Gary.
Le scénario fonctionne comme une horloge suisse pour aboutir à un dénouement plus que surprenant. Graphiquement, Taymans nous enchante. Son trait réaliste, fluide et classique fait merveille pour les décors et les personnages. Son découpage donne du rythme. Et, les couleurs ajoutent aux ambiances feutrées des gens du contrespionnage.
Un thriller palpitant aux rouages parfaitement huilés. A se procurer d’urgence !
(Marc Bauloye)
Casterman

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