Les Bandes Dessinées de la semaine
Dernière mise à jour, le 1er juillet 2009


- série: "Un zoo en hiver" de Taniguchi.
Kyôto, 1966. Le jeune Mitsuo Hamaguchi travaille chez un grossiste de textiles, mais sa véritable passion, c'est le dessin. En février 1967, il part à Tôkyô rejoindre un ami qui lui fait rencontrer Kondô, un dessinateur de mangas. Mitsuo est engagé comme assistant. Tous les membres du studio de Kondô rêvent de devenir auteur de manga mais un assistant dispose de très peu de temps pour réaliser une oeuvre personnelle. C'est alors que Mitsuo découvre que l'un d'entre eux est sur le point d'achever un manga. Il en éprouve de la jalousie car il ne parvient pas à réaliser le sien. Puis, il fait la connaissance de Mariko, une jeune fille souffrante, qui lui propose son aide...
Jirô Taniguchi ne cache pas qu'il y a des éléments autobiographiques dans "Un zoo en hiver", mais il insiste sur le fait que cette histoire reste une fiction qu'il a entièrement imaginée. Pourtant, on ne peut s'empêcher de penser qu'il nous raconte son parcours fait de rêves et d'espoirs. Avec beaucoup de pudeur, de sensibilité et de simplicité, Taniguchi nous fait partager les émotions d'un jeune créateur, sans omettre ses moments d'égarement. Sur un ton très intime, en conteur hors pair, l'auteur nous fait vibrer intensément lorsque Mitsuo rencontre celle qui sera sa muse et son premier amour. Fidèle au noir et blanc, Taniguchi promène son trait élégant dans les rues de la capitale avec un souci constant du détail. Son graphisme n'a aucun mal à traduire les émotions des personnages. Ses cadrages imposent un rythme très vivant à la quête de son héros.
Un superbe récit qu'on voudrait ne jamais voir s'achever...
(Marc Bauloye)
Casterman

- série: "Les Psy" T.16, Besoin de vacances ! de Bédu et Cauvin.
Psychiatre farfelu, le docteur Médard a un besoin urgent de vacances car il risque - c'est un comble - de devenir aussi fou que ses patients. Pour guérir un phobique du melon, il part au marché acheter ce fruit en laissant l'angoissé dans son cabinet. Quand il revient ce dernier a profité de son absence pour le voler ! Sa mère lui envoie une consoeur chargée de lui rappeler qu'il la délaisse ! Un garçon de café l'ignore parce qu'il s'est fait interdire de psychiatre ! Un patient revit un accident dont il a été témoin dans lequel un camion a semé la panique. À votre avis, qui était le chauffeur ? Le soir de Noël, Médard se déplace chez un homme qui attend le douzième coup de minuit d'un carillon en panne !
Raoul Cauvin tient la grande forme. Il n'a pas perdu le sens du gag et cet épisode, à l'habituel ton burlesque et aux dialogues plein de verve, arrive juste à point pour tous ceux qui ont envie de s'évader. On se délecte de ces tranches de rire pétillantes, rafraîchissantes et drôles dont les chutes sont particulièrement soignées. Cauvin parvient à se renouveler en introduisant de nouveaux personnages cocasses. Il fait aussi appel au gag récurrent où Médard affolé va voir un confrère pour se rassurer et qu'il en ressort encore plus paniqué. Le trait dynamique et expressif de Bédu illustre à merveille les gags grâce au jeu des physionomies et à un découpage bien rythmé qui fait preuve d'une imagination débordante et débridée.
On s'esclaffe à gorge déployée, on se régale devant cet humour désopilant !
(Marc Bauloye)
Dupuis

- série: "Washita" T.1, de Labourot et Gauthier.
La tribu des Ani-Yunwiya, des Indiens Cherokee, vit en harmonie avec la nature et les animaux. Mais voilà que les daims tués par les chasseurs véhiculent soudainement une étrange maladie qui se manifeste par des taches noires sur leurs corps. Un cerf malade fait irruption dans le village et blesse un enfant avant qu'Equani, le guerrier le plus valeureux, ne l'achève au cours d'une terrible lutte. La tribu pense que les daims veulent se venger des Indiens et Equani est chargé de rencontrer Awi-Usi, le dieu-cerf. Mais, il s'est fait des ennemis d'Asgina et de la méchante sorcière Sigli. Toutes les nuits, Equani rêve de la belle Washita. Va-t-il la retrouver dans sa quête de la vérité ?
La scénariste Séverine Gauthier a étudié la culture amérindienne avant la rencontre des indiens avec l'homme blanc et a été fascinée par les rapports harmonieux entre ces derniers et la nature. Le thème de la maladie envoyée aux hommes par des animaux fait partie des grands mythes amérindiens. L'intrigue, extrêmement bien documentée, met en scène des personnages qu'on trouve vite très attachants à cause des rapports profondément humains qu'ils ont entre eux. Le graphisme de Thomas Labourot s'inspire de l'art amérindien Haïda et des cartoons. Son trait rugueux et anguleux fait ressortir la dureté et la violence du récit. Les visages semblent taillés à la serpe et le découpage époustouflant souligne la beauté des décors naturels.
Un récit des plus originaux qui joue avec bonheur sur la sensibilité et l'émotion.
(Marc Bauloye)
Dargaud

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