Les Bandes Dessinées des semaines précédentes


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- série: "Sasmira" T.2, La fausse note de Vicomte et Pelet.
Paris. De nos jours. Jeune pianiste virtuose, Stanislas, semble préoccupé et fuit sa fiancée Bertille. Celle-ci veut une explication. Stan aurait rencontré une vieille femme aux paroles sibyllines. Elle est morte dans ses bras. Stan a découvert dans ses poches une photo. Un agrandissement montre un motif d’un ancien comté dans le Cantal et le visage d’une belle jeune femme qui captive Stan. Les deux jeunes gens retrouvent le château de la photo et, subitement, traversent le temps…
Laurent Vicomte nous a fait attendre quinze ans pour accoucher du deuxième épisode de Sasmira. Tout le charme du volume un se retrouve transposé dans La fausse note. Et, le lecteur reçoit des réponses à ses questions. Les auteurs ont fait un grand effort de documentation tant pour les décors que pour les costumes. Les jeux de séduction se font de plus en plus fréquents et un grand mystère plane sur un récit de plus en plus émouvant et intriguant. Sasmira et Bertille sont d’une beauté rare. Mais, tout se concentre sur Sasmira et son secret. Prudence joue un rôle capital dans la découverte de mécanismes lourds de sens. Le scénario, admirablement bien ficelé tient le lecteur en haleine. L’idée du passage dans le temps captive. Graphiquement, Vicomte nous offre, avec son trait élégant, des personnages aux courbes lascives. Le trait précis de Pelet ne gâche en rien la partition. Il traduit à merveille les atmosphères pesantes ou captivantes de ce récit fantastique.
Une oeuvre qui tient toutes ses promesses. A ne pas manquer !
(Marc Bauloye)
Glénat

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- série: "Le Grand Mort" T.3, Blanche de Mallié, Loisel et Djian. 
Etudiante, Pauline fait la connaissance, à la campagne, d’Erwan, dépositaire d’un secret. Disciple de maître Cristo, il est chargé d’une mission dans un monde parallèle. Un univers où les jours comptent pour des années. Malgré elle, Pauline s’y trouve transportée avec lui. Quand ils arrivent au Grand Mort où doit se passer le rituel, Pauline passe son temps à vomir. Pendant qu’Erwan sert de trait d’union entre les deux mondes, Pauline revient dans son univers. A son réveil, Erwan constate qu’un hermaphrodite du petit peuple lui fait l’amour et que ses acolytes ont été empoisonnés...
C’est une belle brochette de talents qui officie sur la série du Grand Mort. Jean-Blaise Djian s’est associé à Loisel lui-même pour le scénario. Sous forme de quête initiatique, le premier volume, passionnant, reprenait des éléments fantastiques avec des interconnexions entre deux mondes dépendants l’un de l’autre. Plus tard, dans un Paris en proie au chaos, les acteurs se cherchent sans se trouver… Cet opus permet enfin les retrouvailles. Mais, le scénario se centre sur Blanche, omniprésente, mystérieuse, inquiétante, aux pouvoirs maléfiques. Et, des explications sont données concernant cette maternité qui aurait débuté dans le monde du petit peuple. Le graphisme de Vincent Mallié sert à merveille le récit avec l’ambiance d’une ville en proie à tous les maux.
Un épisode qui donne des réponses et nous plonge dans d’autres mystères...
(Marc Bauloye)
Vents d’Ouest

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- série: "Muraqqa" T.1, Vêtue par le ciel de Miralles et Ruiz.
Perse. XVIIème siècle. Priti, une très belle jeune femme, dessine, nue, des animaux. Elle fait partie de la communauté des jaïns. Elle a été choisie pour son talent de peintre afin de réaliser à la cour du grand Mogol un muraqqa (patchwork de tissu). L’impératrice a constaté qu’il n’existait aucun muraqqa sur la vie des femmes au zenana (harem). Elle cherche une artiste douée pour pallier à cette lacune. Voilà donc la mission de Priti qui, végétarienne, doit vivre avec des musulmans qui consomment des animaux…
A voir la couverture, on croirait qu’il s’agit d’un épisode de Djinn. C’est vrai qu’on reconnaît tout de suite la patte magique et sensuelle d’Ana Miralles. Mais, le scénario n’est pas de Jean Dufaux. C’est celui d’Emilio Ruiz, le mari de Miralles. Le nœud de l’intrigue est bien mince puisqu’il s’agit pour l’héroïne de peindre la vie du harem. Mais, cet opus met en place, de façon minutieuse et agréable, personnages et décors. On suit donc avec intérêt les pérégrinations de Priti tandis que le contexte historique est dévoilé au cours d’une réunion des proches de l’empereur. Le scénariste Ruiz a réalisé un effort particulier au niveau de la documentation. Mais, il manque encore des éléments pour que cette série démarre vraiment. Le graphisme de Miralles est somptueux et vaut le détour. Ses femmes sont belles et tous les détails, des robes aux bijoux, sont magnifiquement reproduits.
On attendra avec curiosité le prochain épisode pour se prononcer...
(Marc Bauloye)
Editions 12 Bis

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- "La guerre des Sambre Werner et Charlotte Chapitre 2 Automne 1768 La messe rouge" de Boidin et Yslaire.
Novembre 1768. L’antipathique comtesse Jeanne-Sophie de Sambre et sa fille Charlotte se trouvent exilées à Vienne. Au cours d’un jeu, Charlotte rencontre Werner Von Gotha, un orphelin aux yeux rouges. Du premier coup, Charlotte tombe amoureuse de Werner. Mais, sa mère a d’autres projets pour elle et méprise ce garçon sans fortune. Pour l’éliminer, elle ira jusqu’à faire un pari colossal : séduire Werner en partageant son bain!
Bernar Yslaire poursuit sa formidable et romantique saga des Sambre commencée avec Balac (Yann) en 1986. Ici, le scénario d’Yslaire reste classique : jeux tragiques de l’amour et jeux de pouvoir. Le dessinateur Marc-Antoine Boidin apporte tout son talent à l’ouvrage. Son trait racé et élégant trace personnages et décors avec maestria. Le dessin de Bodin exprime bien toute une palette de sentiments. La reconstitution historique est parfaite. Mais, le dessin ne suffit pas. Le scénariste doit fournir un scénario qui tient debout et, à ce jeu, Yslaire excelle. En donnant au récit un découpage approprié, il propose une histoire à la fois limpide et tortueuse où scénario et dessin se complètent à merveille. Les scènes d’amour succèdent aux scènes d’intrigues. Mais, les obstacles à une idylle sont nombreux. Comme ceux que vivront Bernard et Julie. Et, que dire des couleurs rouges et sombres qui accentuent l’aspect romanesque.
Un classique incontournable de la BD romantique…
(Marc Bauloye)
Glénat/Futuropolis



- série: "Siegfried III", Le crépuscule des Dieux d'Alice.
Mime et Siegfried rejoignent la cité des nibelungs où vit Fafnir, le frère de Mime. Mime retrouve ses amis figés dans la pierre et tente de faire renoncer Siegfried. Rien n’y fait et ils traversent l’eau pour se trouver au cœur de la cité. Siegfried s’apprête à combattre et Mime lui donne un casque pour se protéger. Le combat est terrible, dantesque. Seul son cheval aide Siegfried à ne pas sombrer. Mais, son épée ne rompt pas. A l’issue du combat, Siegfried part délivrer la fille d’Odin qu’il devra affronter. L’amour sera-t-il le plus fort ? Comme Richard Wagner et John Ronald Reuel Tolkien, Alex Alice s’inspire de la légende de Siegfried issue de la mythologie germanique et nordique. Alice avait prévu au départ de concevoir d’abord un film d’animation puis de revisiter le sujet pour en faire une trilogie d’heroic-fantasy en BD. Les deux premiers tomes n’ont pas déçu atteignant par moments des sommets. Cet opus, « Le crépuscule des dieux », voit la chute du dragon et du dieu et le triomphe de l’amour. De façon magistrale, Alice parvient à rendre son récit passionnant. Grâce à des cadrages de toute beauté et à un découpage plein d’ingéniosité, la partie graphique est époustouflante. On peut qualifier de grandiose son travail sur les personnages et les décors. A la fois chanson de geste au souffle épique et poignante histoire d’amour, tragédie et comédie, Siegfried est un régal. La conclusion touche au sublime.
Le dénouement somptueux d’un chef-d’œuvre à ne manquer à aucun prix !
(Marc Bauloye)
Dargaud

"3" de Marc-Antoine Mathieu.
"3’’ se propose de relater la trajectoire de la lumière dans une petite portion d’espace-temps. Les trois secondes qui la constituent forment un récit très court, mais aussi très dense, aux allures d’intrigue policière. Observer les détails, enquêter d’une scène à l’autre permet de reconstituer les angles morts et de récolter les indices sur ce qui relie les personnages et les motive. Affaires, crimes, complot… A chacun de se faire sa propre idée. Quelques pistes : Quel scandale secoue la presse ? Qu’a dit Renato Nacci et que fait-il ? Qui est dans l’avion et que lui arrive-t-il ? Qu’a-t-on offert à Carine ? Voilà le préambule pour 3’’ du petit (grand) génie de la BD, Marc-Antoine Mathieu, qui manie l’art séquentiel avec brio. Ici, le pari est osé. Tout repose sur l’effet miroir, l’effet rétroviseur. Chaque planche se termine par un détail qui est agrandi à la planche suivante. On pourrait penser que le lecteur ne va pas accrocher, mais chaque page invite à lire la suivante. Ce sont des histoires de 3’’ racontées sur une durée totale de 3’’ ou sur 3’’ multipliées par le nombre d’histoires. Il y a une intrigue qu’il faut décrypter. Mathieu utilise le gaufrier classique et des thèmes reviennent de façon récurrente toutes les 3’’. C’est totalement innovateur. Ce n’est pas un exercice de style. Ce n’est pas une expérimentation. C’est une façon nouvelle de raconter en BD une histoire. C’est un nouveau concept jubilatoire qui invite à de multiples lectures de 3’’. Mathieu a toujours accordé beaucoup d’importance au livre-objet et il est l’exemple même que la BD peut se renouveler.
Un bel album à lire en 3’’. Un livre exceptionnel à lire d’urgence !
(Marc Bauloye)
Delcourt

- "Junk Love" de Chaemin.
La jolie Ho-gyeong voudrait devenir comédienne mais les portes pour y parvenir sont difficiles à ouvrir. En attendant, elle pose nue dans des ateliers de peinture et vit chichement. Elle entretient une relation sentimentale avec Min-gyu. Paresseux, chapardeur, sans ambition, hypocrite, sans boulot fixe, ce dernier, au physique avenant, joue les parasites. Il profite de son argent et de son corps. Bien sûr, le sexe permet à la jeune fille de trouver des compensations. Et, puis, Min-gyu a trouvé le moyen de faire passer autrement la pilule en offrant à sa compagne de la nourriture… Chaemin est aujourd’hui l’une des voix originales de la BD féminine en Corée. Contrairement aux dessinatrices coréennes qui traitent le thème de l’amour sans rapport avec la réalité, l’auteure crée une BD qui reflète fidèlement la réalité d’une femme adulte, sa vie quotidienne, sa vie affective et qui donne à réfléchir. C’est le portrait d’une femme dans la vingtaine emportée par le tourbillon du changement, un peu comme un rite de passage. Le titre original est Bad Food. C’est une allégorie sur les formes compliquées de l’amour qui peut aussi bien faire mal qu’apprivoiser les gens, exactement comme la nourriture. Chaemin raconte la vie d’un couple à travers leur façon de se nourrir ensemble. C’est une relation homme-femme très courante en Corée. Avec son trait gracieux, Chaemin dessine des personnages attachants.
Une œuvre profonde, pour public averti, qui dévoile un nouveau talent et suscite la réflexion…
(Marc Bauloye)
Casterman écritures

- série: "David" Les femmes et la mortde  Judith Vanistendael.
Berlin. Avril 2000. Le médecin de David lui apprend une horrible nouvelle. Il est atteint d’un cancer du larynx. Sans métastases. Cela veut dire qu’il peut s’en sortir avec de la chimiothérapie et de la radiothérapie. David se demande comment il doit réagir vis-à-vis des trois femmes de sa vie. Avec Julia, il a eu une fille, Miriam, qui a maintenant 35 ans et qui vient d’accoucher d’une fille, Louise. Le père est parti. Avec Paula, David a eu une fille, Tamar, qui a neuf ans. Il ne peut se résoudre à inquiéter les femmes qu’il aime et se mure dans le silence... A travers une histoire fictive bouleversante, un pavé de 272 planches réalisé à l’aquarelle, Judith Vanistendael pose la question de la maladie, de la réaction des proches et de l’euthanasie. L’incroyable maturité de sa narration impressionne de page en page pour atteindre des sommets d’émotion. Ce roman graphique traite la maladie sans fausse pudeur et sous une forme osant mêler l’intime, le poétique et le médical. Le résultat est poignant. L’intime rejoint ainsi l’universel sur un sujet (la maladie, la mort et les silences qui les accompagnent) qui nous concerne tous. Le tragique côtoie le beau et même une chambre stérile peut être entourée d’évasions oniriques et de rires d’enfants. Avec cette œuvre sur la mort, l’auteure nous donne une magnifique leçon de vie.
Une histoire qui ne laisse pas indifférent et qui renvoie à notre propre mort…

- série: "Wayne Shelton" T.10, La rançon de Denayer et Van Hamme.
Irak. Le lieutenant Keller de l'armée américaine disparaît au cours d'une patrouille. Golfe de Californie. Wayne Shelton bourlingue sur son voilier et repêche une superbe fille qui vient de sauter en parachute. C'est un cadeau d'Honesty pour son anniversaire. Elle lui demande de venir à Houston où Gary Keller a un mot à lui dire. En fait, Gary confie à Shelton que sa fille Pauline s'est évaporée dans la nature en Irak. Un certain Kulay Ran lui demande vingt millions de dollars en diamants pour lui rendre Pauline!
Le scénariste Jean Van Hamme avait abandonné la série. C'est Thierry Cailleteau qui le remplace le temps de quelques albums. Ce dernier jugé peu performant, Van Hamme écrit le volume 9 où il fait preuve de son ingéniosité coutumière et d'humour. Cette fois, il nous sert une intrigue solide truffée de rebondissements. Une fois de plus, il met son héros dans une situation impossible. Tous les ingrédients sont de la partie pour faire de cette histoire un piège mortel. Miraculeusement épargné, notre quinquagénaire parvient à surmonter toutes les embûches. D'autant plus qu'il connaît le pays et ses habitants. Le graphisme de Christian Denayer est parfaitement au point. Très à l'aise dans les scènes d'action, son trait élégant et précis promène le lecteur dans une balade qui se transforme vite en cauchemar. Les décors sont superbes. Les personnages bien typés et les pépées bien roulées.
Une aventure menée tambour battant comme on les aime. A lire d'urgence!
(Marc Bauloye)
Dargaud

- série
: "Very Bad Twinz" T.1, Pacco et Margaux de Motin.
Ancienne star de la musique, Pacco a été électrocuté par une fan! Il s'est retrouvé direct aux enfers. C'est un démon plutôt placide qui ne cherche pas les ennuis. Manque de chance, sa meilleure amie Gomar est une diablesse qui ne pense qu'à s'amuser. Le Diable a fait une trêve avec Dieu. Plus de virées sur terre pour mettre le bordel. Mais, il y a une faille...
Very Bad Twinz est une BD atypique créée par deux dessinateurs scénaristes Margaux Motin et Pacco. C'est le premier album à quatre mains de deux auteurs reconnus de la blogosphère BD. Margaux et Pacco mélangent leurs deux univers, leurs traits, leurs techniques et donnent naissance à un album entièrement écrit et dessiné à deux: personnages, décors. Cette série est prévue en trois tomes. L'idée d'opposer Dieu et Satan n'est pas neuve et a été exploitée en BD, au cinéma et en littérature. Les auteurs apportent leur touche personnelle en changeant les corps et les âmes des deux acolytes. Le plaisir provient de l'antinomie entre Pacco et Gomar aux caractères très différents. On est aussi curieux de voir comment ils vont rejoindre leurs pénates. Comme ils ont utilisé leurs pouvoirs, le Diable leur explique que la trêve est rompue et qu'il leur appartient de déclencher l'apocalypse. Les auteurs parviennent à nous surprendre et à nous faire rire. Graphiquement, l'album est une perle en bichromie. Le trait léger et précis trace d'agréables personnages. A noter l'absence de cases.
Une véritable curiosité dans le monde de la BD. A découvrir!
(Marc Bauloye)
Fluide G

- série: "Sisco" T.4, Whisky-coke de Legrain et Benec.
France. De nos jours. Sisco-Castiglioni fait partie des services secrets de l'Elysée. C'est un de ces hommes de l'ombre qui huilent les rouages politiques à coups de 9 mm. Il a tué Saint-Servan, un conseiller de l'Elysée (Faites-la taire!). Au lieu d'une mise à pied, Sisco hérite d'un sort peut-être encore pire : le voilà devenu le garde du corps de Julie, la fille du Président qui est victime d'un complot. Par ailleurs, la demi-soeur de Julie est au coeur de ce complot manipulée par un homme mystérieux qui veut venger son oncle, Saint-Servan...
Le scénariste Benec n'est pas de ceux qui se perdent en longues phases d'exposition. Dès les premières planches, on se retrouve donc plongé au coeur de l'action. En outre, de par son trait réaliste et ses décors quasi photographiques, le dessinateur Thomas Legrain parvient à nous faire vivre des moments palpitants et à nous faire entrer efficacement dans le récit. Benec conclut ici son diptyque avec une intrigue très classique, le récit d'une vengeance dans le milieu de la drogue. La psychologie des acteurs reste sommaire sauf celle de la demi-soeur du Président. Benec a créé de toutes pièces le service au sein duquel opère Sisco. Séduit par les personnages et les dialogues, Legrain s'est appliqué à rendre ses personnages moins figés. Le récit est haletant tant l'action est soutenue de bout en bout.
La conclusion de ce thriller politique atypique emmène le lecteur vers un voyage passionnant. A découvrir!
(Marc Bauloye)
Le Lombard

- série
: "Washita" T.5, Labourot de Gauthier et Lerolle.
La tribu des Ani-Yunwiya, des indiens Cherokee, vit en harmonie avec la nature et les animaux. Mais, voilà que les daims véhiculent une étrange maladie qui se manifeste par des taches noires sur leurs corps. Equani, le guerrier le plus valeureux, est chargé de trouver la source du mal. Les dieux de la forêt décident de tuer Equani qui leur a menti. Ce dernier part plaider sa cause. Il trouve les dieux en train de débattre de la nécessité d'une guerre contre les humains. Mais, Equani leur fait comprendre que la maladie a été créée pour tuer Washita par Uktena, un python. Les dieux sont divisés. Le daim et l'ours donnent leur soutien à Equani. Les autres partent en guerre. Une guerre sanglante dont l'enjeu est Washita...
Cet opus livre au lecteur le dénouement surprenant de l'histoire qui donne raison aux dieux de la forêt mais aussi aux hommes. Légende, textes sacrés, expliquent le forfait des serpents. Washita a été victime d'une vengeance. Equani va lui permettre de retrouver l'équilibre des choses. On retrouve le thème du sacrifice à travers un récit de toute beauté. Mêlant histoire d'amour et fantastique, l'intrigue, extrêmement bien documentée, met en scène des personnages qu'on trouve très vite attachants. Cet épisode fait la part belle aux sentiments et aux émotions. C'est de la haine qu'on voit chez tous quand la violence se déclenche. C'est de l'amour qu'on voit dans les yeux de Washita quand tout est consommé. Et, le cours du récit prend une tournure surprenante quand Equani reçoit une vision qui va amener à faire de lui un héros.
Une fin de cycle époustouflante qui invite à relire toute l'histoire.
(Marc Bauloye)
Dargaud

- série
: "Les Temps Nouveaux" T.2, de Warnauts et Raives.
1944. La guerre est terminée, mais cette nouvelle page qu'est la Libération s'écrit toujours en lettres de sang. Procès hâtifs des inciviques, vengeance personnelle et vieilles rancoeurs sont légion. Alice, dont le mari Charles a été collabo, en est la victime. Elle est tondue. Dans le petit village de La Goffe, Thomas Deschamps, plutôt communiste, voit les G.I. remplacer les Allemands dans les chambres de sa petite auberge, sans savoir quel accueil il réservera à Charles...
Eric Warnauts et Raives ont ouvert une page sombre de l'Histoire, au prisme de la vie d'un village tout ce qu'il y a de plus tranquille... en apparence! Cette fin de diptyque "Signé" Warnauts et Raives nous replonge dans l'Histoire trouble des années de l'après-guerre. Mais par le petit bout de la lorgnette. Constat est posé de l'attitude de chacun pendant la guerre. Thomas, l'intègre, s'oppose à Charles le collabo. Et, là encore, les auteurs nous concoctent un dénouement surprenant que l'on taira pour ne pas déflorer l'histoire. Les coeurs sont meurtris et d'autres aigris. Thomas le libertin peut chanter une amère victoire. Outre une documentation soignée, les auteurs rendent leurs personnages attachants. Cette fresque est magnifiée par le travail graphique de Warnauts et Raives. Fidèles à leurs habitudes, ils écrivent, dessinent et colorient à quatre mains, pour un résultat d'une rare homogénéité, tout en couleurs directes. Une magnifique fresque pleine d'humanité que l'on quitte à regret. A lire absolument!
(Marc Bauloye)
Signé Le Lombard

- série: "XIII Mystery" T.4, Colonel Amos de Boucq et Alcante.
New York. La voiture du procureur général explose quand il met le contact! Cinq mois plus tard, aidé par le FBI, le colonel Samuel Amos a mis au point une opération pour capturer un espion israélien. Mais l'homme échappe au directeur des affaires anti-terroristes américaines. Et, l'endroit où il se cachait explose. Amos récupère des documents secrets. A leur lecture, il consulte Frank Giordino, directeur de la CIA, et Carl Heideger, directeur du contre-espionnage. Une question d'importance vient sur le tapis. Il s'agit de trouver et d'éliminer Dovev, un agent dormant israélien...
Le scénariste Alcante réussit à imaginer un thriller d'espionnage particulièrement tordu. L'idée de l'agent dormant n'est pas nouvelle. Mais, son traitement ici est ébouriffant. Alcante a pris un soin particulier à nous faire connaître en détails le profil psychologique d'Amos. Et, sa jeunesse revient à la surface avec son passé en Israël. On a droit aussi aux révélations sur sa vie de famille, ses amours et la découverte d'une fille qu'il souhaiterait secrètement rencontrer. Le dessinateur talentueux François Boucq ("Le Janitor") réalise une partition parfaite. Son trait réaliste et rugueux dessine un colonel Amos proche de l'original de William Vance. Aussi à l'aise dans les scènes d'action que dans les scènes plus intimistes, Boucq crée le rythme d'un thriller passionnant. Il parvient à rendre les moments avec Kira émouvants. Ce spin-off se démarque des autres par son côté brillant. A lire absolument!
(Marc Bauloye)
Dargaud

-
"Nocturnes" de Clarke.
Un village dans la campagne. On ne sait où... La tension règne. Les habitants semblent rongés par l'angoisse. Certains perdent la mémoire. D'autres disparaissent. Alice croit même voir Léo, son frère, à deux endroits en même temps... Que se passe-t-il dans ce village d'apparence ordinaire? Pourquoi les villageois disparaissent-ils un à un, avant de se rassembler autour de Léo, l'écrivain?
Scénariste et dessinateur, Clarke nous propose ici une intrigue hors des sentiers battus, hors du commun. Son approche va clouer le lecteur sur ce one-shot de 62 pages qu'il va lire d'un trait! Clarke pose des questions dont la réponse est inattendue, magnifique et terrifiante. Il réussit ce qui n'avait jamais été fait en BD: mettre un écrivain face à ses personnages. Ou le contraire. Il construit petit à petit un suspense insoutenable. L'angoisse palpable est rendue par les situations, les dialogues et le graphisme. On découvre une oeuvre intimiste à la fois réaliste et fantastique. Clarke joue de la surprise. Au début, on ne comprend rien. Mais, petit à petit, les indices s'accumulent pour percer le secret et découvrir la vérité. Le dénouement est à la hauteur de l'intrigue. Étonnant. On ne sort pas indemne de cette thématique. Le trait semi-réaliste de Clarke croque des personnages plus vrais que nature, des personnages pourtant irréels. Les décors superbes ajoutent à l'angoisse. Les couleurs participent au même but. Une véritable réussite... Un récit inédit qui donne des frissons. A découvrir!
(Marc Bauloye)
Le Lombard Signé


- "Les Aigles de Rome Livre III" de Marini.
Arminius a été envoyé en Germanie et fait préfet. Les Romains et Varus, chef des légions, pensent qu'il est capable de pacifier la région et de se faire des alliés de toutes les tribus Germaines. Arminius devient le Roi des Chérusques à la mort de son père. Il est amoureux de Thusnelda, la fille d'un chef de tribu. En fait, Arminius trahit Rome et n'a qu'un seul but : unifier les tribus et marcher sur Rome...
Enrico Marini poursuit sa saga pleine de bruits et de fureur mêlant dans son intrigue amour, amitié, haine et désir. Marini soigne le personnage d'Arminius en lui donnant une densité psychologique extrêmement fouillée. Il en fait un meneur, un grand chef qui trompe les Romains pour réussir l'impossible: mettre Rome à genoux! A côté, Marcus fait office de boy-scout et se fait rouler dans la farine. Il ne faut pas se mentir, Les Aigles figurent parmi les meilleures histoires de Marini qui officie comme scénariste et comme dessinateur. On se passionne pour cette saga qui multiplie les rebondissements jusqu'au coup de théâtre final. Le graphisme est somptueux. Chaque case est un petit tableau magnifiquement soigné. Les personnages et les décors bénéficient d'une reconstitution historique hors pair. Tout est dans les détails alors que les expressions sont très réussies. Les couleurs superbes ajoutent au côté dramatique de la situation. Une réussite sur tous les plans.
Un épisode littéralement palpitant. Un classique à se procurer d'urgence!
(Marc Bauloye)
Dargaud


- série
: "XIII" T.20, Le jour du Mayflower de Jigounov et Sente.
Connaissant désormais son identité, Jason Mac Lane, alias XIII, consulte une psychiatre pour retrouver la mémoire. Elle l'envoie chez un spécialiste. Chez lui, Jason est attendu par Julianne qui travaille pour une milice privée. Il l'éconduit. A Augusta, le spécialiste en cellules neuronales le soumet à une expérimentation. La séance est une réussite...
Le scénariste Jean Van Hamme et William Vance avait bouclé définitivement le cycle de "XIII" en vingt albums. Tout était dit ou presque. En effet, l'identité de XIII était livrée à la fin. Mais, il y avait une faille, un trou béant: Jason restait amnésique. D'où l'idée géniale d'Yves Sente: un cycle pour lui faire retrouver la mémoire! Sente relève brillamment le défi. Cela démarre au petit trot. Sente installe ses personnages. Jason, devenu citoyen ordinaire, ne demande qu'à retrouver ses souvenirs. Sans faire de vagues... Mais, de nombreux incidents vont le remettre dans la situation d'un fuyard et d'un suspect. La, Sente fait très fort avec une conjuration millénaire: les conjurés de la fleur de mai. Il y a aussi le manuscrit de Duncan et le voyage du Mayflower. Graphiquement, dans son style, Youri Jigounov remet une copie très conforme à l'univers de Vance. Carré, réaliste, son trait dessine des personnages énigmatiques (avec le côté sexy de Julianne) et des décors parfaitement cadrés.
Une reprise réussie d'une série culte. On attend la suite avec impatience.
(Marc Bauloye)
Dargaud


- série: "Centaures" T.1, Crisis de Loutte et Herzet.
Les îles Amandine, ancien DOM-TOM situé au sud de la Réunion, connaissent une grave crise politique qui dégénère en guerre civile. La France y a une base militaire. S'échappant de justesse à bord de leur Rafale, les capitaines Yann "TNT" Trégord et Malia "Starbuck" Nozeret mitraillent les hostiles qui envahissent la base. Ils dégomment deux avions civils porteurs de gaz mortel. Puis, ils sont contraints, réacteurs en panne, d'atterrir dans la nature devenant ainsi la cible des combattants de la liberté...
Depuis l'absence de Buck Danny et de Tanguy et Laverdure, aucune série n'était venue prendre la relève. Avec "Les Centaures", c'est chose faite. Le scénariste Emmanuel Herzet et Eric Loutte ont passé une semaine à bord du porte-avions "Charles De Gaulle". Une aubaine pour la documentation au niveau technique et humain. Herzet installe une intrigue classique avec un coup d'état. Mais, il n'oublie pas l'aspect humain et les rapports entre les pilotes. Les scènes dans le ciel sont spectaculaires. Celle de l'atterrissage d'un avion civil sur le porte-avions également. Seule difficulté, décrypter le jargon (réel) des pilotes. Après des années à dessiner de vieux avions, Loutte s'est régalé avec ses Rafales et la reproduction d'un porte-avions. Les personnages sont très bien rendus comme les avions et le matériel technologique.
Une nouvelle page de la BD d'aviation, moderne, réaliste et bien documentée. A découvrir!
(Marc Bauloye)
Le Lombard




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