Spécial Manga
Dernière remise à jour, le 31 janvier 2011


Des albums à lire de gauche à droite


- série: "La Rose de Versailles" vol. 1 & 2 par Riyoko Ikeda.
Au printemps 1770, l'archiduchesse Marie-Antoinette, fille de l'impératrice d'Autriche Marie-Thérèse de Habsbourg, se marie à 14 ans avec un Bourbon, le futur Louis XVI. La dauphine est protégée à tout instant par le capitaine de la garde royale, Oscar François de Jarjayes. Derrière ses apparats militaires se cache une fille élevée comme un garçon et devenue soldat par tradition familiale. Un jour, alors que Marie-Antoinette se rend à un bal masqué à l'opéra, elle y fait la rencontre d'un gentilhomme suédois, Axel de Fersen et en tombe amoureuse. Ils ont tous les trois 18 ans, leur rencontre va, à jamais, bouleverser le cours de leur existence...
Créé en 1973 par Riyoko Ikeda qui s'est inspirée de la biographie de Marie-Antoinette de Stefan Zweig (Romancier autrichien), "La Rose de Versailles" est un manga culte qui, malgré les années, n'a perdu aucune de ses pétales. Il est découvert en Europe par le biais de son adaptation en anime sous le titre de "Lady Oscar" dès 1986 dans l'émission Récré A2 puis rediffusé en 1989, en 1998 et en 2005. On le soupçonne même d'être à l'origine de la passion des Japonais pour le romantisme à la française. Plus discret, le manga est aujourd'hui réédité par les éditions Kana (Dargaud) en intégral 3 tomes. Les deux premiers étant deux briques de 960 pages, le troisième moins copieux (351 pages) tourne autour de Loulou, nièce d'Oscar et petite fille aussi turbulente qu'accrocheuse.
Dédiée dans un premier temps à un public féminin, cette série met en scène des personnages charismatiques qui prennent vie dans la grande histoire: Oscar l'androgyne, son fidèle André, Marie-Antoinette... Si l'auteur se permet quelques libertés avec une vision romancée de ce qui amena la révolution française, elle joue habilement avec ses ingrédients (romance, intrigue, aventure) jusqu'au dénouement final plus proche de la tragédie. Loin d'être traité comme un shojo, "La Rose de Versailles" se veut réaliste et historique, suivant la vie du dernier couple royal à travers une vision intimiste et légèrement déformée de ce qui a été. Le fil conducteur, Oscar, coeur de femme caché sous une fonction masculine, admirée par les deux sexes, est représentative d'une oeuvre où les héroïnes prennent le dessus. Un univers inspiré avec passion par la culture française, tant dans son écriture qu'à l'image. Le graphisme n'est pas en reste. Un trait assuré, très documenté sur la France du XVIIIe, un regard romanesque et un découpage énergique ont contribué à l'intemporalité de l'oeuvre. À découvrir ou redécouvrir!
Kana

- série: "Tokyo Home" de Cyrielle et Gloris.
Julie Wallon est sur le point de quitter tout ce qu'elle connaît. A 17 ans, et suite à une mauvaise entente avec sa mère, elle décide de partir pour la première fois au Japon, à Tokyo pour y vivre quelques mois avec son père. Un pays qu'elle ne connaît qu'a travers des clichés en tout genre et autres idées reçues...
Sous son faux air de manga, "Tokyo Home" se révèle être à la fois un journal initiatique et une comédie romantique pour la jeunesse. Une vraie surprise rehaussée d'un graphisme inventif, plein de fraîcheur et tout en simplicité comme son récit qui suit les pérégrinations d'une étrangère. Tout en décrivant un Tokyo contemporain loin de clichés simplistes, le scénario illustre avec chaleur le dépaysement de son héroïne mais aussi son adaptation à la langue, aux coutumes, aux amis... Il faut connaître Tokyo pour comprendre toute la subtilité inséminée au fil des pages mais les non-initiés prendront plaisir à cette lecture et profiteront de nombreux à-côtés sur des particularités de la culture nippone. Si l'oeuvre s'adresse plutôt à un jeune public féminin, son style plutôt inclassable et sa couverture attrayante devraient lui attirer les faveurs d'un public plus large. Entre Shojo et bande dessinée, "Tokyo Home" a un humour qui fait mouche.
224 pages en noir et blanc/Kana

- série: "Miyo" de Nami Akimoto
Dédié aux filles pleines de romantisme, "Miyo" raconte la vie d'une adolescente qui après avoir quitté dans sa petite enfance le Japon pour Paris, doit retourner à Tokyo. Adieu les vieux amis, les anciennes habitudes et le premier amour secret, Miyo doit maintenant s'intégrer dans un nouveau lycée. Avec un graphisme très shojo, expressif et tout en rondeur, ce one-shot suit le parcours de son héroïne avec un regard moderne. Si, grâce à internet, Miyo reste en contact avec ses proches, elle n'aura aucun mal à se faire de nouveaux copains. Nami Akimoto aborde les thèmes du genre, l'école, les amis et les premiers sentiments avec pour les épicer quelques différences culturelles. Sans oublier les souvenirs enfouis, Miyo se rappellera bientôt d'un ami qu'elle avait oublié à Paris et qui aujourd'hui se retrouve dans la même classe qu'elle. Plein de doutes, balancé entre deux pays, le coeur de Miyo trouvera t'il enfin sa place?
Kana

- "Carnets de Massacre, 13 contes cruels du Grand Edô" par Shintaro Kago.
De l'art de découper un homme en lui procurant une extase infinie à l'origine de l'invention du papier toilettes, ce manga est un voyage en treize chapitres à travers le genre ero-guro (contraction d'érotique-grotesque), à lire comme un hommage à Edogawa Rampo, son inventeur. Il y a des oeuvres marquantes pour leur esprit romanesque, leur graphisme envoûtant ou un récit palpitant. Avec Shintaro Kago, il ne faut pas chercher de ce côté-là mais plutôt dans son regard humoristique sur les obsessions humaines qui ont fait de ce japonais le père du "fashionable paranoïa". Son oeuvre n'est pas à mettre dans toutes les mains et en particulier celles des moins de 18 ans. Mais, si vous êtes aussi curieux que nous d'oeuvre hors norme, cet ouvrage rassemblant de nombreux contes voguant entre humour, érotisme et horreur devrait vous surprendre. Que ce soit avec des collectionneurs de femmes monstrueuses ou avec une geisha pourvue d'une langue qui emporterait n'importe quel homme au Paradis, l'auteur dévoile des personnages cruels aux pulsions sexuelles extrêmes avec un regard à la fois drôle, absurde et incongru, sans tomber dans la vulgarité ou la facilité. Un voyage dans un Japon médiéval inventif avec des clins d'oeil aux contes d'antan, à Pinnoccio ou à Sade. Un univers noir où bondage, éviscération et couture en tous genres sont monnaie courante. De quoi nous laisser quelques souvenirs inoubliables.
160 pages en noir et blanc
Éditions Imho

- série: "Monster" T.1 & 2 par Naoki Urasawa.
Jeune prodige de la médecine, le docteur Tenma prodigue ses soins dans un grand hôpital allemand. Le neurochirurgien fait des envieux. Fiancé à la fille du directeur de l'hôpital, il est promu à un grand avenir. Mais, un jour, il refuse de donner ses soins au maire de la ville et préfère opérer un garçon arrivé plus tôt, blessé d'une balle dans la tête. Ses parents adoptifs ont été tués, et sa soeur jumelle est atteinte d'amnésie. Si son patient survit, le maire décède. Pour son choix, il est rétrogradé et Eva le quitte. Peu de temps après, les deux enfants disparaissent et trois responsables de l'hôpital sont tués par des bonbons empoisonnés.
Neuf années ont passés quand le Dr. Tenma découvre que l'enfant qu'il a sauvé, est responsable d'une série d'assassinats de parents sans enfants. Alors qu'il est soupçonné des meurtres, il part à la recherche de celui qu'on surnomme "Monster"...
Grand classique, la série "Monster" est plus qu'une adaptation du "Fugitif". Voguant entre polar et thriller psychologie, il met à mal les concepts de bien et de mal dans un contexte historique, celui de la réunification de l'Allemagne avec l'intervention d'anciens agents de la police politique tchécoslovaque et de groupuscules néo-nazis. Dans sa fuite, le Dr. Tenma parcourera l'Allemagne et la république tchèque et découvrira peu à peu le passé des deux jumeaux. Un voyage semé de rencontres et assombri par les pratiques du passé, des expériences sur l'eugénisme. Naoki Urasawa propose un récit dense dans sa complexité mais fluide dans sa narration.
Les éditions Kana proposent de (re)découvrir ce classique sans superflu à travers de gros volumes de plus de 400 pages. Les tomes 1 et 2 viennent de sortir simultanément agrémentés de quelques pages en couleur. Ils devraient être au nombre de neuf, chacun contenant deux tomes de la précédente édition.
Big Kana

- série: "Cat Street" T. 1 et 2 de Yoko Kamio
Keito, après avoir été un enfant star, s'est recluse pendant neuf ans. Suite à sa rencontre avec le directeur de l'école très spéciale El Lisbon, tout redémarre pour elle. Malgré son niveau scolaire très faible, elle se fait trois nouveaux amis qui eux aussi éprouvent des difficultés avec l'extérieur. Ensemble, ils vont se reconstruire, s'épauler face aux difficultés et trouver leur voie...
On se souvient de Yoko Kamio pour sa série à succès "Hana Yori Dango" qui parlait d'hajimé.
Avec "Cat Street", elle aborde une autre préoccupation de la société japonaise, l'hikikomori (littéralement se confiner), terme désignant les jeunes qui décrochent de l'école et vivent en reclus. Si on peut souvent reprocher à l'auteur de tirer ses récits en longueur, rassurez-vous, ce shojo ne contient que 8 volumes. Les deux premiers tomes sont sortis simultanément. L'histoire est plutôt prenante, s'attachant aux quatre personnages principaux: une enfant star, un acrobate du ballon, un as en informatique au Q.I. élevé et une créatrice de vêtements. Le récit commence sur un nouveau départ sans en oublier de nombreuses caractéristiques au genre comme l'amour, l'amitié mais ne s'arrête pas là puisqu'il suivra nos héros jusqu'à ce qu'ils retrouvent leur place dans la société: une carrière, des amis et l'amour. On ne vous dira pas de qui Keito tombera amoureuse !
Kana



© 1996 - 2011 6bears Magazine