Endiablé

Dans cette comédie souvent drôle, Harold Ramis propose à Brendan Fraser une vie d'enfer

Le peu populaire Elliot Richards (Brendan Fraser) mène une vie sans intérêt: son travail ne l'intéresse pas plus que cela, ses prétendus amis ne peuvent pas le supporter et, de surcroît, il est amoureux d'Alison Garner (Frances O'Connor), une collègue qui ne lui a quasiment jamais adressé la parole. Au bord de la déprime, il déclare qu'il donnerait n'importe quoi pour qu'elle le remarque enfin. Quelques instants plus tard, une brune torride l'invite à discuter. Celle-ci n'est autre que le Diable (Elizabeth Hurley) et lui offre, en échange de son âme, la possibilité d'exaucer sept voeux...

Le point de départ de "Bedazzled", une agréable comédie écrite et réalisée par le scénariste-réalisateur Harold Ramis ("Analyze This" ), est la question suivante: "Que se passerait-il si vous pouviez être la personne que vous désirez ?" Le candide Brendan Fraser ("The Mummy") connaît la réponse et prouve, contrairement à ce que l'on peut penser de lui, qu'il ne joue pas qu'avec une seule expression faciale. Interprétant plusieurs variations d'un même personnage avec un sens indéniable de la comédie, il s'en donne visiblement à coeur joie. Tout comme sa superbe partenaire Liz Hurley ("Austin Powers") qui incarne une très séduisante version féminine du Diable.

L'idée astucieuse d'une représentation féminine du Maître des Enfers vient de la propre femme de Harold Ramis. Comme celui-ci le confirme: "L'idée a une grande résonance émotionnelle et psychologique. Après tout, la plupart des hommes sont ensorcelés par les femmes. Et avec leur pouvoir accru au sein de la société, je me suis dit: pourquoi pas une femme dans le rôle du Diable ?" Son choix est judicieux dans la mesure où l'égérie de la marque Estée Lauder inspire aux hommes des sentiments assez chauds

Riche en trouvailles visuelles (la description des différents mondes dans lesquels Elliot est projeté à l'insu de son plein gré), cette comédie teintée de fantastique est le remake modernisé d'un film homonyme de 1967: "Bedazzled" ("Fantasmes") de Stanley Donen avec Peter Cook et Dudley Moore. Bien que l'ensemble s'avère éminemment sympathique et souvent drôle, le réalisateur n'arrive pas à atteindre le niveau du formidable "Groundhog Day" ("Un jour sans fin" avec Bill Murray et Andie MacDowell). En particulier, le couplet final sur le fait d'arriver à ce que l'on désire par ses propres moyens et en restant soi-même aurait mérité un traitement moins lourdaud.

Soutenu par une réalisation efficace, une interprétation énergique et un scénario malicieux, "Bedazzled" constitue assurément une comédie divertissante où l'on s'amuse beaucoup.
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(Sébastien Ferrari)



2000
(Twentieth Century Fox, Regency Enterprises)

Réalisation : Harold Ramis
Scénario : Larry Gelbart, Harold Ramis et Peter Tolan
Production : Trevor Albert & Harold Ramis
Photographie : Bill Pope
Musique : David Newman

avec

Brendan Fraser..........Elliot Richards
Elizabeth Hurley..........Le Diable
Frances O'Connor..........Alison Gardner




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