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Entretien
avec Graham
Masterton
Présent
à la Foire du Livre, Graham Masterton est
un spécialiste des démons et
autres maléfices qui hantent nos
cauchemars. Ses romans ont été
vendus à plusieurs millions
d'exemplaires. Il participera entre autres au
débat "Démons, succubes et autres
diableries. De la fiction à la
réalité" le vendredi 13
février 2004. Une occasion de revenir sur
une interview réalisée en
1999.
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Pour tous les
amoureux de littérature fantastique, il est l'un
des plus prolifiques écrivains du moment. On le
compare souvent à l'un des grands maîtres du
fantastique, H.P. Lovecraft. Pourtant, ces deux hommes
ont très peu de points communs en dehors de
l'univers angoissant où leurs personnages
évoluent. H.P. Lovecraft avait d'une certaine
façon perdu la tête et vécu dans une
grande misère. Il créa un univers inconnu
jusqu'alors, totalement sorti de son imagination. C'est
vrai que lui aussi s'inspirait de la
réalité pour s'enfuir dans les
tréfonds de l'obscur érigeant ainsi le
mythe de Cthulu et Nyarlathotep.
Masterton, avant de devenir un auteur fantastique
à succès, travaillait comme
rédacteur pour Penthouse. Ces premiers livres
étaient des guides sexuels. Dans une autre
interview, Masterton explique qu'il s'est mis à la
littérature fantastique le jour où les
ventes de ses guides sexuels ont commencé à
décliner. Il puise son inspiration au sein des
légendes de notre monde. Dans "Tengu", l'un
de ses romans, il s'inspire de légendes
japonaises, et dans "Magie Vaudou", il reprend les
croyances liées au vaudou: mort-vivant, poudre du
souvenir... La mort, le spiritisme, les apparitions
surnaturelles, la réincarnation, et l'occultisme
sont ses sujets de prédilection. Il a à son
actif une bonne vingtaine de romans dont "Les
Guerriers de la nuit", "Apparitions", "Le
portrait du mal"... Il a également reçu
le Special Edgar from mystery writers of America et le
Julia-Verlanger 1988 pour "Le portrait du
mal".
D'où puissiez-vous l'inspiration des
sujets de vos livres, puisque ceux-ci sont pleins de
magies, de vaudou et de sorcellerie ?
Graham Masterton : - Je m'inspire d'une
bibliothèque bien fournie d'astrologie et de
terminologie. Mais en général, ce qui
m'inspire en premier lieu, c'est quand je parle à
quelqu'un qui, peut être très
âgé, au sujet d'une vieille histoire, ou
d'une légende. Dans beaucoup de pays, des gens
connaissent de vieilles histoires. Prenez par exemple
l'Ecosse, l'année dernière, une vieille
femme usait de sorcellerie sur le lait de vaches toutes
les nuits, de sorte qu'elle cru qu'elle était
responsable de la mort de l'enfant de la famille.
Vous y croyez, vous ?
G. M. : - Comment savoir ... des choses
étranges arrivent parfois. Mais personnellement,
je n'ai jamais rien vu. Par contre, je connais beaucoup
de personnes qui croient en quelque chose. Superstitions,
voeux... Bref, des gens qui se protègent du
Diable, etc. Je pense que cela a à voir avec les
peurs et les doutes d'aujourd'hui. On a peur de la
banqueroute, de perdre une fiancée, d'un accident
de voiture ou même du décès de ses
enfants. Les gens se retrouvent alors sans
véritable protection, et la peur que votre famille
décède durant la nuit persiste. Dès
lors, on croit et on se protège comme on peut. Et
ce que j'aime, c'est de découvrir comment les gens
envisagent les choses aujourd'hui.
Comment à commencer votre investigation dans le
genre du fantastique ?
G. M. : - Grace à une bibliothèque
où j'ai lu un nombre impressionnant de livres de
toute sorte.
Et, vous avez écrit combien de livres par
année ?
G. M. : - Sur plus de 25 ans, 300 livres par
année. Mais attendez, pas que des romans, il y
avait également des articles, quelques
traités scientifiques, des magazines, ...
Et comment vous vient l'idée et la
création de vos personnages ?
G. M. : - Certains sont des gens que je connais
personnellement, d'autres, ce sont des personnages que
j'imagine tout simplement. Ils ont leurs problèmes
et leurs doutes. Mais en réalité, je pense
résoudre des problèmes personnels pendant
toute l'écriture du livre.
Et le mythe de la page blanche, vous connaissez
ou cela n'existe pas pour vous ?
G. M. : - Vous savez, le plus difficile, ce n'est pas
de commencer, mais c'est la manière dont on finira
l'histoire. Parce que vous créer des personnages
et dans un sens, ils prennent vie. Et il est parfois
surprenant d'entendre dans le public des gens qui
demandent " et alors que ce passera-t-il après ?".
Mais il est vrai que c'est un drôle de moment quand
le livre se termine. C'est comme si vous perdiez une
propriété. En quelque sorte, vous perdez
même le copyright de l'histoire parce que d'autre
la lisse et imagine leur propre
univers.
Quelles sont les premières personnes qui lisent
votre livre ?
G. M. : - Tout d'abord, il y a ma femme, mon agent.
C'est elle qui me donne des conseils. On en a besoin et
j'ai eu de la chance de trouver quelqu'un qui n'est pas
effrayé de me dire que telle ou telle chose ne lui
plaît pas.
Vous savez déjà quel est le sujet de
votre prochain livre ?
G. M. : - Effectivement, en ce moment, je travaille
sur la trame. C'est une histoire de démon pendant
la guerre de 1918 en Alaska. Il sera basé sur les
légendes Arctiques. L'intrigue tournera autour de
trois ou quatre personnes qui voyagent à travers
la neige et qui ont pris conscience qu'une autre personne
les accompagne. Ce que je peux dire encore, c'est qu'il y
aura un grand nombre de personnages. Un grand nombre de
jeunes.
Pouvez-vous nous dire dans quels pays vos livres sont
le plus lus ?
G. M. : - En France, en Italie, en Pologne aussi,
mais c'est peut-être parce que ma femme est
polonaise !
Est-ce votre première venue en Belgique ?
G. M. : - Non, la première fois que je suis
venu, je devais avoir 6 ans. Mon père était
au Débarquement, il est passé par
Bruxelles, et il fut posté après la guerre
à Anvers.
Connaissez-vous Internet ?
G. M. : - J'ai un ordinateur juste à
côté de mon bureau, qui m'est toujours
accessible. J'ai déjà fait des interviews
via Internet. Et parallèlement, je suis en train
d'établir ma propre page pour
l'été.
Que pourra-t-on y trouver ?
G. M. : - Une biographie, mon actualité et
même un chat.
Avec vous ?
G. M. : - Oui, pourquoi pas, quand je serais
connecté et libre (rires). Sinon, j'utilise
régulièrement mon e-mail aussi. Tandis que
l'Internet, je l'utilise juste pour le plaisir. Mais
pourquoi pas faire un livre sur le sujet, c'est une
idée !
Si vous deviez vivre à une autre époque
pour laquelle opteriez-vous ?
G. M. : - Je pense que ce serait les années
'20 ou '30. J'irais pas si loin de maintenant.
C'était le temps de l'élégance, il
ne fallait pas trop d'argent pour évoluer dans ces
sphères-là. Oui, c'était des
années de grandes élégances.
Dans quel pays ?
G. M. : - N'importe où! La France
peut-être, où la Belgique, n'importe
où en somme ...
Propos recueilli par Jamal
Benmoulahoume
Photos: C.H.
Dernière
publication:
- "Magie vaudou" de Graham
Masterson.
Avec les aventures d'un professeur de collège,
"Magie vaudou" ( dont le titre original est
"Rook" ) débute peut-être un nouveau
cycle ...
Jim Rook est un professeur, comme on en fait plus. Il
s'occupe avec passion d'une classe spéciale au
collège West Grove. Ses élèves sont
des adolescents en difficulté scolaire pour cause
de dyslexie, de bégaiement, ou simplement trop
turbulent. Mais, lui, parvient à tirer le maximum
de John Ng, un vietnamien timide ne comprenant pas encore
tous les rudiments de la langue, de Bettie Mc Cordic, une
fille aux idées résolument
féministes ne parvenant pas à nommer les
objets, ou de chaque élève de sa
classe.
Quand un meurtre, impliquant l'un de ceux-ci, a
lieu dans l'établissement, Jim ne veut pas croire
à la culpabilité de son
élève. Il décide de mener sa propre
enquête! Une enquête qui va le mener dans le
monde des esprits, de la magie et du surnaturel, un monde
auquel il ne croyait pas jusqu'alors et, qui lui
permettra de se découvrir, lui
aussi.
"Magie vaudou" , 250 pages que l'on absorbe
sans trop d'effort ni de traumatisme. Après
lecture, il vous reste l'impression d'avoir passé
une nouvelle aventure dans le monde du bien et du mal, de
la magie et des gris-gris
250 pages, Collection Terreur n 9206
Pocket
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