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Afrika
Hermann jette un
regard sans espoirs sur la nature et
l'humain
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Afrique, terre de
liberté sauvage mais aussi de nombreux conflits
politiques hérités du passé. C'est
le décor dans lequel évolue Dario Ferrer,
baroudeur en lutte constante contre les braconniers qui
s'attaquent à ses animaux. Accompagné d'une
journaliste curieuse, notre homme découvre un
village détruit par des obus militaires.
L'armée est sur leurs traces afin
d'éliminer une bonne fois pour toute ce Dario qui
dérange tant avec son combat écologique.
Mais qui sera le traqueur et qui sera le traqué
dans cette triste histoire???
Après
Cosey, Fourquemin et Derrien, c'est au tour
d'Hermann d'entrer dans la prestigieuse
collection "Signé" des éditions Le
Lombard qui veut rassembler des romans
graphiques personnels, exigeants: des oeuvres
d'auteurs. Et quel auteur avec Hermann aux
commandes de cette aventure africaine
d'aujourd'hui. Le papa de
"Jérémiah", "Bernard
Prince" et "Comanche" trace dans son
style bien à part le portrait d'un homme
en guerre contre le massacre des animaux qui on
le rappelle sont parfois aussi en voie
d'extinction. Une lutte féroce faite de
nombreux cadavres, d'une faune que l'on tue rien
que pour son ivoire ou encore sa peau, sans
oublier les braconneurs et les traqueurs qui y
perdent parfois aussi la vie. Pessimiste et sans
espoirs, le récit d'Hermann est
justifié par une certaine urgence et un
regard fort critique sur le continent qui n'en a
pas fini avec ses guerres issues d'un
passé colonial parfois encore pesant de
nos jours. Avec une image réaliste et
forte (cadavres de rhinocéros sans
cornes, ruines d'un village en feu, ...)
l'auteur nous raconte son Afrique avec violence
et beaucoup de recul aussi. Comme si l'homme est
à la fois un danger pour la nature et
aussi lui-même. Un triste regard sur notre
monde qui prend encore plus d'ampleur sous la
main d'un Hermann inspiré. Un futur
classique, oserons-nous dire...
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Hermann place la
barre assez haut pour nous conter son Afrique avec une
aventure honnête et au final tragique. De la
très belle BD qui nous démontre que
finalement, le média mérite bien son
classement en tant que neuvième art.
Le
Lombard
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