A.I.
Spielberg ne veut plus
faire du divertissement pur et essaye de donner une
âme à ses oeuvres
Le futur...
Après la fonte des glaces, de nouvelles villes se
sont construites au-dessus des anciennes citées
submergées. L'homme a introduit les robots pour de
nombreuses taches secondaires. Mais, un nouveau pas va
être franchi par le professeur Hobby. Il vient de
créer le premier robot capable d'aimer. Sous les
traits d'un petit garçon, celui-ci est
adopté par la famille Swinton qui a dû
cryogéniser Martin, leur fils naturel atteint
d'une grave maladie. L'arrivée de David, cet
enfant au visage lisse et docile ne se fera pas sans
difficultés puisque celui-ci doit s'adapter au
rôle qu'on lui demande. Mais, bientôt, il ne
vivra plus que dans les yeux de sa maman.
Quand Martin, le "grand frère" guéri
revient à la maison, une série de
complications oblige la famille Swinton à
abandonner David dans les bois. Elle lui évite
ainsi la casse mais laisse derrière elle un
"enfant" en manque d'amour, près à
affronter l'impossible pour retrouver l'amour de sa
maman...
Projet initial de Stanley
Kubrick qui ne pensait pas être capable de le
mettre en image, "A.I." a directement
intéressé le réalisateur d'"E.T."
et de "Jurassic Park", Steven Spielberg quand
le premier lui en parla. À l'origine, Stanley
Kubrick abandonna le projet, ne voulant pas travailler
avec un enfant et les technologies ne lui permettant pas
encore de s'en passer. Il faut dire que tout ce que ce
dernier demande à ses acteurs, il n'aurait jamais
pu le faire avec des mineurs, les lois les concernant
étant très strictes. C'est ainsi qu'il
offrit son idée à Steven Spielberg,
spécialiste des films à effet
spéciaux.
Dans un premier temps, le
réalisateur spécialiste des fables
("E.T.", "Peter Pan") mène le projet avec
talent. Il donne beaucoup d'humanité au personnage
de David, grâce à la physionomie et au jeu
de son acteur, Haley Joel Osment ("Pay it forward",
"The sixth sense"...). Celui-ci est entouré de
seconds rôles de choix: Jude Law en Gigolo Joe,
Frances O'Connor et William Hurt. L'univers dans lequel
baignent ses personnages a la qualité des grands
films tout public même si la musique de fond
ennuyeuse et pompeuse de John Williams est certainement
de trop. Bien avant la fin des trois longues heures que
dure le film, on se demande par quel tour de magie,
l'amateur de final heureux arrivera à son but. Et
c'est là qu'est la plus grande faiblesse de
"A.I.", un retournement de situation irrationnel
et amené comme un pavé dans la mare.
Cette fable, variation du thème de Pinocchio,
aurait pu fonctionner si elle avait été
traitée tout autrement, sur un autre ton
(psychologie des personnages,...).
Spielberg ne veut plus
faire du divertissement pur, essaye de donner une
âme à ses oeuvres et ce n'est vraiment pas
son fort. Le génie de "Jaws", "Indianas Jones",
"Rencontre du troisième type" et de bien
d'autres passe mal le cap de l'âge mûr. Il
cherche à en faire toujours plus.
Sans une longue fin aussi
mal traitée, "A.I." avait tout pour en
faire le grand divertissement du moment ou un petit film
ambigu. Mais, comme un château de carte, le tout
s'effondre plus que les heures avancent.
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