American
Beauty
Entre fable "morale" et satire
sociale, ce film superbe et intelligent prend pour cible
la famille américaine moyenne.Son sujet et la
façon dont il est traité, lui a valu trois
Golden Globe. En outre, cette tragi-comédie est
soutenue par des acteurs parfaits, par un scénario
brillant et par une mise en scène
magistrale
Lester Burnham (Kevin
Spacey), un modeste publicitaire et mari soumis,
mène une vie pathétique et ordinaire
auprès de sa femme Carolyn (Annette Bening), une
vendeuse immobilière ambitieuse, et de sa fille
Jane (Thora Birch), une adolescente solitaire et
taciturne. Avec sa famille, il habite dans une banlieue
résidentielle aux jardins proprets et aux
allées fleuries. Leurs voisins sont un couple
fringant d'homosexuels, Jim 1 (Scott Bakula) et Jim 2
(Sam Robards) et les Fitts, qui viennent juste
d'emménager dans le quartier. Malheureusement, ce
que le brave Lester ne sait pas, c'est qu'il lui reste
seulement une année à vivre.
A la vision de ce film
superbe produit par les studios Dreamworks, une
constatation s'impose : Kevin Spacey ("The Usual
Suspects", "The Negotiator") est sans conteste
possible l'un des meilleurs acteurs actuels. Et, dans
cette tragi-comédie à la fois dramatique et
satirique, son (immense) talent explose de nouveau aux
yeux du public. Mais la performance de chaque
comédien(ne) atteint quasiment la perfection.
Brillamment écrit et remarquablement mis en
scène, "American Beauty" se veut une
destruction en règle de la cellule familiale
américaine. De plus, cette oeuvre intelligente et
forte, qui part favorite pour les prochains Oscars, ne se
contente pas d'appuyer là où ça fait
(vraiment) mal: les relations parents-enfants, la crise
de la quarantaine, la réussite sociale. Tout ce
qui fait l'image de la réussite (professionnelle
ou personnelle) et du bonheur passe ainsi à la
moulinette aiguisée du scénariste Alan Ball
et du réalisateur Sam Mendes. Pour preuve de cette
affirmation: seuls ceux qui osent se moquer des
apparences et paraître tels qu'ils sont
réellement -à savoir le couple
d'homosexuels et Lester quand il prend conscience de la
vacuité de son existence-, vivent
véritablement heureux. Tous les autres personnages
cachent derrière une façade de
"respectabilité" le vide amer de leur vie.
A propos de la
réalisation elle-même, le fait que le
britannique Sam Mendes vienne du théâtre
apporte un plus indéniable: sa mise en
scène est très dépouillée, il
y a peu de place pour le superflu. Chaque objet
possède une fonction ou une signification propre.
On se concentre ainsi directement sur l'essentiel:
l'ordre règne! D'autre part, l'idée de
filmer les personnages en vidéo permet
littéralement de mettre à nu les angoisses
et de dévoiler la vraie nature des gens. Notamment
dans ce qui est peut-être une des plus belles
scènes du film, lorsque Ricky Fitts (Wes Bentley)
filme Jane se regardant dans un miroir et parvient
à lui décrocher un sourire tandis que, au
même moment, la blonde Angela (Mena Suvari) -qui
incarne la véritable american beauty selon les
canons américains de la beauté- lui propose
un numéro de charme.
A l'image de la
variété de rose rouge dont le film tire son
nom, American Beauty est superbe et
possède le parfum puissant et
pénétrant qui fait les grands films. Trop
éclatant pour être regardé sans avoir
mal aux yeux et assez sombre pour toucher l'âme des
spectateurs.
Site
Web
(Sébastien
Ferrari)
1999
(Dreamworks Pictures)
Réalisation : Sam Mendes
Scénario : Alan Ball
Production : Bruce Cohen & Dan Jinks
Photographie : Conrad I. Hall
Musique : Thomas Newman
avec
Lester Burnham..........Kevin Spacey
Carolyn Burnham..........Annette Bening
Jane Burnham..........Thora Birch
Le Colonel Fitts..........Chris Cooper
Ricky Fitts..........Wes Bentley
Angela Hayes..........Mena Suvari
Barbara Fitts..........Allison Janney
Buddy Kane..........Peter Gallagher
Jim 1..........Scott Bakula
Jim 2..........Sam Robards
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