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Animal'z
de
Bilal
Un superbe cri
d'alarme
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Dans un futur
proche, notre planète est victime d'un coup de
sang, un dérèglement climatique brutal et
généralisé qui a provoqué des
catastrophes naturelles hors normes. L'individu lutte
pour sa survie. Certains endroits, les Eldorados, sont
préservés et deviennent une terre promise.
Pour y parvenir, il ne reste plus que la mer que les
privilégiés vont emprunter par certains
passages comme le détroit D17. Avec son vieux
navire, Lester Outside se fraie un chemin dans les eaux
glacées. Soudainement, il entre en collision avec
le bateau de Frank Bacon, une créature hybride
mi-homme, mi-dauphin. Plus loin et plus tard, Ferdinand
Owles, créateur des hybrides, sa femme Louise et
sa fille Kim, arrivent juste à temps pour sauver
Frank, promis à servir de repas à une
famille de cannibales. Dans la neige et la glace,
commence alors pour tous ces survivants la longue marche
vers l'Eldorado...
Dans ce one-shot superbe de
cent pages, Enki Bilal se préoccupe de l'avenir de
l'homme et de sa planète. Il imagine le pire: la
terre est dévastée à cause d'un
changement climatique. Dans cet environnement, le salut
semble venir de la symbiose avec les
éléments marins. L'homme est venu de la mer
et survivra grâce aux mutations
génétiques qui feront de lui un animal
marin. "Animal'z" peut être
interprété comme de la science-fiction,
mais, c'est surtout une vision lucide de l'avenir d'un
monde traversé par des catastrophes
écologiques causées par la folie des
hommes. Par ailleurs, ici, la mer, les dauphins, les
baleines font figure de symboles d'une allégorie
qui traduit l'idée qu'il faut préserver
à tout prix le monde marin. Graphiquement,
l'auteur a laissé tomber la peinture pour
travailler au crayon noir et aux pastels gras sur un
papier légèrement gris. Les couleurs
bleutées et argentées rehaussent l'ensemble
et mettent en valeur les personnages et les
situations.
Un cri d'alarme
teinté d'une lueur d'espoir qui devrait
interpeller tous les lecteurs qui croient encore dans la
bonté des humains...
(Marc Bauloye)
Casterman
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