Any way the wind
blows
Le leader de dEUS, Tom
Barman s'attaque à sa première
réalisation
Un vendredi
d'été à Anvers. En attendant la
soirée où chacun dansera et abusera de
substances de toutes sortes, quelques Anversois vaquent
à leurs occupations. Les plus jeunes collent des
affiches et draguent les filles, les artistes travaillent
sur des projets peu ordinaires, le DJ perd son emploi de
projectionniste et ainsi de suite, sans parler du
personnage énigmatique qu'est Windman...
Dès les
premières images, "Any way the wind blows"
se révèle comme un film de musicien: le
rythme et la photographie sont travaillés avec
soin. La bande originale où apparaissent Herbie
Hancock, Squarepusher, Queens of the Stone Age, Charles
Mingus, Yazoo et quelques autres soutient ce premier long
métrage du début à la fin,
réalisation de Tom Barman, le chanteur de
dEUS.
Plus proche de l'essai ou
du film d'auteur, Tom Barman tout comme pour son groupe
reste dans l'underground. Il filme Anvers et une galerie
de personnages qui ont comme point commun la ville
où ils vivent et une soirée à
laquelle ils vont tous se rendre.
Malgré ses qualités, "Any way the wind
blows" laisse perplexe. Un scénario ouvrant de
nombreuses portes sans les fermer laisse le spectateur
sur sa faim. À en croire le réalisateur,
c'était voulu: "Je ne raconte pas l'histoire de
gens. Je raconte l'histoire de quelques personnes...
Formellement aussi je voulais proposer un contrepoids
à ces films prévisibles, soumis à la
loi d'un scénario trop construit, faits pour
plaire à tout le monde. Pas parce que j'ai quelque
chose contre les films commerciaux, un bon film est un
bon film, mais parce qu'à mes yeux le
cinéma peut être quelque chose de bien plus
personnel qu'une petite histoire filmée. Il peut
refléter une conception de la vie, une
atmosphère ou un malaise." Et, avant tout, on
retrouve ici plus que toute autre chose une
atmosphère particulière. Est-ce suffisant
pour en faire un film intéressant, adressé
avant tout à une minorité?
Dommage, rien que la
musique et certains effets de styles proches du clip
vidéo ou la prestation des acteurs aurait pu
adresser ce long métrage à un plus grand
nombre. Laissons le mot de la fin à Tom Barman:
"Faire un film groovy, pulsant, un film qui
bégaie parfois, qui vole de ci de là, qui
assume sans vergogne son absence de point G, qui
n'explique rien, laisse beaucoup de choses hors champ,
fait rire, et à un moment s'arrête tout
simplement."
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