Rencontre avec Ben Christopher

Ben Christopher nous a rendu visite la semaine dernière pour nous présenter son premier album "My beautiful demon". En première partie du groupe Spain, il proposa un set intimiste et doux, teinté de rythmes électroniques. Rencontre.
 

- Ben, peux-tu te présenter et nous dire d'où tu viens. Que faisais-tu avant cet album?
Ben Christopher: -
En fait, je n'ai toujours fait que de la musique. Depuis l'âge de 18 ans (j'en ai 30), époque où je suis arrivé à Londres. Au départ, je faisais partie de groupes mais j'ai vite réalisé que je voulais faire ma musique moi-même.
Je me suis lentement construit un studio, où il y avait des instruments et du matériel d'enregistrement. Je devais le louer parce que je n'avais pas beaucoup d'argent et finalement, j'ai enregistré ma cassette que je suis allé présenter aux maisons de disques.
C'était très difficile car je proposais une musique très personnelle, je ne voulais pas faire de compromis: rejoindre un boys band ou qui que ce soit. Et puis V2 m'a signé.

- Tu as joué hier à Bruxelles, au Botanique en première partie de Spain. Que penses-tu de ce concert?
B. C.: -
Le public était génial, adorable. J'apprécie d'autant plus que peu de gens étaient venus pour me voir et que ma musique ne fait pas vraiment danser. Mon set est très personnel et ils l'ont tous respecté.
C'est très difficile car je n'ai jamais joué ici auparavant et je ne savais pas comment le public allait m'accueillir. Ce fut un vrai challenge.

- Et tu tournes avec Spain?
B. C.: -
Non, c'était un set spécial. J'ai joué avec James aussi il y a peu de temps et d'autres groupes en tant que support act. Je suis en tournée promo en fait, donc je ne joue pas partout. Ce soir, je joue en Ecosse et avant, j'étais en Norvège. C'est assez étrange, je joue dans des petits clubs et quand j'étais à Bergen, en Norvège, il y avait une séance de dédicaces dans un magasin de disques et il y avait tellement de monde!

- Que ressens-tu quand tu joues devant un public qui ne vient pas pour te voir dans sa majorité?
B. C.: -
Ca dépend de la situation. Pour James, par exemple, il y avait 2000 personnes et là, c'était vraiment difficile. Mais en général, c'est une chouette sensation car les gens ne savent pas à quoi s'attendre. Je ne peux que les surprendre. Mais hier, à Bruxelles, c'était vraiment génial. Je n'ai pas eu l'impression que je chauffais la salle pour Spain. J'ai même surpris quelques personnes chanter mes chansons. Ca veut dire qu'ils connaissent mon album!

- Sur scène, tu es seul à la guitare et tu joues avec un synthétiseur et une boîte à rythmes. Est-ce facile de synchroniser ces instruments?
B. C.: -
Oui, car je connais très bien mes chansons. La chose à laquelle j'ai fait attention quand j'ai écrit ces chansons est que je devais rester sobre; le résultat devait être simple. Tout ce dont je dois faire attention sur scène est de m'imprégner de la musique et de jouer. Les silences sont aussi importants que les moments instrumentaux et les paroles. Tout cela crée un équilibre très fragile mais c'est ce que j'aime dans ma musique. C'est une des raisons pour laquelle je ne joue pas avec un groupe.
Je veux que le public grandisse avec ma musique. Je ne voulais pas de cette musique nineties et fin de siècle, pleine de distorsion. Il y a un côté électronique à ma musique que je revendique.

- Certains artistes déclarent que leur musique est une thérapie ou une façon de communiquer ou bien même simplement de la musique. Quel est ton avis?
B. C.: -
Une thérapie. Définitivement. Et c'est aussi une façon de sortir des choses de soi, de sa poitrine. Ne pas à avoir à se plaindre de telle ou telle chose. Tu dois juste les poser sur un morceau de papier. Et ça t'aide à aller de l'avant. Si tu ne fais pas ça, tout ces sentiments restent en toi et s'accumulent et tu ne comprends plus rien. Il faut les sortir pour avoir un peu de recul sur ces choses et pouvoir mieux les percevoir.
Mes paroles sont très personnelles, tout comme ma musique.

- N'est-ce pas difficile de se montrer aussi pleinement à un public?
B. C.: -
Non. Je pense que ça peut l'être si on se cache derrière une image car les gens remarquent quand on n'est pas honnête. De toute façon, les gens peuvent lire les paroles sur mon album et se rendre compte de mon implication dans ces chansons. Je crois que les gens peuvent facilement s'identifier à mes textes car ce sont principalement des chansons d'amour qui parlent de désespoir et de ruptures. Ce ne sont pas des thèmes misérables car tout le monde vit ces sentiments. C'est un peu l'esprit de mon album My beautiful demon . Ces sentiments se sont présentés dans ma vie et je trouve important de les transmettre. Certaines personnes réagissent en disant: "c'est quoi ce mec, il craint". Mais si c'était une fille qui chantait, on dirait: "c'est pas grave, tu trouveras quelqu'un d'autre".

- Quel rapport entretiens-tu avec l'Internet?
B. C.: -
Internet est en train de changer la face du monde, de tout changer. On ne pourra plus vivre sans écrans d'ordinateur qui nous permettront d'assister en direct à tout ce qui se passe dans le monde. Je crois que le Réseau sera de plus en plus efficace, en tout cas je l'espère.
Je suis déjà sur la Toile. Il y a une partie du site de V2 (http://www.v2music.com) qui m'est consacré et un autre site est en préparation. J'aimerais beaucoup sortir quelque chose sur Internet, un EP téléchargeable par exemple, avec des inédits mais je pense que ma maison de disques ne serait pas super contente.
Je vois Internet comme un club exclusif, un autre monde sans classes sociales où plus ou moins tout le monde aura les mêmes chances dès le début.

- As-tu un message spécial pour le public francophone qui lira cette interview?
B. C.: -
S'il vous plaît, achetez mon album!


Fabian Tilman




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