
Les éditions Blake et Mortimer
Dargaud-Lombard s.a.
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Les
Aventures de Blake et Mortimer" T.19 La
Malédiction des 30 deniers de Van Hamme,
Sterne et de Spiegeleer
La nouvelle aventure des
célèbres personnages d'Edgar P.
Jacobs que forcément tous les amateurs de
BD attendent au tournant. Un tournant
peut-être un peu
décevant...
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Alors que Blake
est appelé d'urgence à l'aide du FBI pour
retrouver le colonel Olrik qui vient de s'évader
spectaculairement du pénitencier où il
était retenu, Mortimer est contacté par un
archéologue grec demandant son aide pour
évaluer une découverte pouvant les mener
aux mythiques 30 deniers de Judas...
Ce nouvel album semble
souffrir d'un mal bien compréhensible quand on est
le rejeton d'une longue série dont le papa n'est
plus. On passe tellement de temps à faire du
Jacobs qu'on en oublie de faire d'abord une bonne
bédé. En effet, le dessin, s'il
paraît assez fidèle à l'original,
à l'air tout droit sorti des années '50. Et
le style qui pouvait sembler dynamique et innovant il y a
quasi 60 ans est juste horriblement figé
aujourd'hui. Et on en vient à se demander s'il ne
serait pas beaucoup plus intéressant de laisser de
jeunes dessinateurs s'approprier l'oeuvre, comme l'on
fait souvent magnifiquement les auteurs s'étant
succédé sur la série des "Spirou
et Fantasio" par exemple, au lieu d'être
coincé par des ayant droits et éditeurs
frileux plus soucieux de ne surtout pas toucher au mythe
que de le faire vivre.
Coincé dans cette vague de passéisme, Van
Hamme, scénariste dont on ne discute plus le
talent mais qui n'est plus non plus un petit audacieux,
semble aussi tirer vers une écriture qui sent bon
la poussière et la naphtaline. Beaucoup trop
écrit, le texte souvent redondant avec l'image
donne un peu l'impression au lecteur qu'on le prend pour
un imbécile à qui il faut expliquer ce
qu'il vient de voir. Et, pire encore, cette
véritable logorrhée ralentit atrocement la
lecture, écrasant les planches sous des tonnes de
phylactères interminables. On aurait presque envie
d'en sauter la moitié si on n'avait pas peur de
rater un élément utile à
l'intrigue.
Ce "Blake et
Mortimer" est donc loin d'être une franche
réussite, mais la faute est probablement plus
à imputer aux éditeurs et ayants droits
qu'aux auteurs coincés dans cette nostalgie de
l'oeuvre passée. Ce qui sauve cet album c'est sans
doute le thème. "Les 30 deniers de
Judas..." rien de révolutionnaire, mais ces
histoires mêlées de mythe
judéo-chrétien plaisent toujours. En tout
cas, à nous, elles plaisent et nous attendrons le
deuxième tome pour au moins savoir comment tout
ça se finit.
(Boul.)
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