Les albums des semaines précédentes


Pierpoljak "Légendaire sérénade" (Barclay)
Il y a comme un léger changement dans l'air avec des accents de crise de la quarantaine pour ce nouvel album studio du plus reggae des chanteurs français, Pierpoljak. Sorti de l'ombre dans les années '90 grâce au tube "Je sais pas jouer", l'artiste a multiplié les projets et est même devenu papa comme il le chante si bien sur le titre "Jahid". En douze chansons certes moins typées que d'habitude, Pierpoljak rend ouvertement hommage au poète Aimé Césaire qui nous a quittés en 2008. Toujours aussi habile pour décrire avec beaucoup d'humour les petits travers de nos sociétés dites modernes, monsieur PPJ, est loin d'être tombé dans la dépression même si le thème de la rupture est souvent approché avec "Petite dépression" et "Bébé Damia". Mais pas de doute, il redresse la tête avec des pièces comme "J'me comprends tout seul" où il propose quelques chansons à Johnny Hallyday sans oublier "Nick la menace" où l'artiste fait un pied de nez au président français. Certes moins roots que de coutume, "Légendaire sérénade" est un album de la maturité chargé également d'une certaine humilité. Bref, une agréable surprise qui fera certainement sourire les fans de la première heure. Et comme nous le démontre la pochette de l'album, Pierpoljak a l'air de se porter pas si mal.
Une bonne nouvelle que l'on écoute avec beaucoup de plaisirs.
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Balbec "Rise and fall of a decade" (Auto produit)
Quatre garçons et une fille sont à l'origine de ce groupe de rock-pop britannique "made in France". On le souligne avec un certain plaisir vu que la formation s'exprime parfaitement dans la langue de Shakespeare. Avec un son largement inspiré des années '90, Balbec explore diverses voies allant du rock dansant ("Wysiwyg", "Pedro Bonita"), à une pop plus calibrée ("Saturday nights"), sans oublier la ballade qui clôture l'album, "Nova". Soit onze pièces joliment décorées par la voix d'Isabelle Ledru soutenue avec rigueur par ses mâles aussi à l'aise sur des registres costaux que plus sensuelle et romantique. On se demande parfois pourquoi Balbec ne sort pas de l'ombre tant le travail mérite d'être souligné. Comme quoi, en France, il n'y pas que de la variété et des DJ's. La preuve avec "Rise and fall of a decade" qui démontre brillamment que l'on peut chanter en anglais sans pour autant passer pour un groupe de "frenchies". On comprend mieux pourquoi sur Internet, les louanges viennent généralement des sites anglo-saxons. À vous maintenant de ne pas passer à côté de ce groupe plus original qu'il n'y paraît. Soyez curieux.
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Hot Chip "One life stand" (DFA/EMI)
Revoilà les britanniques fervents amateurs de pop électronique avec un quatrième album studio plus dansant que jamais. Au menu de la soirée, ils vous livrent dix scuds parfaitement calibrés pour faire frétiller vos jambes sur les rythmes entraînants qui composent leur dernière entreprise musicale. N'ayant perdu aucun charme en dix ans d'expérience, les Hot Chip nous démontrent avec élégance que la créativité, c'est leur moteur principal. La preuve en a été faite par le passé avec un album studio pour les deux fondateurs Alexis Taylor et Joe Goddard ainsi que de nombreux remix pour des artistes confirmés. Sur "One life stand", ils allongent les tubes dance comme "Thieves in the night", "One life stand", "Take it in" et "We have love" sans oublier les ballades plus mélancoliques que sont "Brothers", "Alley cats" et "Slush". Plus axé grand public qu'à son habitude, le son 2010 des Hot Chips annoncent une année où la dance risque de rimer avec bon son et surtout bon goût même si la prise de risque n'est pas la qualité principale de cet album. "One life stand" est donc un projet réussi autant pour passer une soirée à la mode qu'un bon moment de détente. Pour plus, il faudra nettement augmenter la vitesse de certaines plages. Avis aux DJ's...
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Yeasayer "Odd Blood" (Mute Records)
Sorti de l'ombre en 2007 avec leur premier essai "All our cymbals", Yeasayer originaire de Brooklyn remet le couvert sur ce second opus certes plus fédérateur et accessible que le précédent. En dix chansons seulement, ils redonnent adroitement vie à la pop des années '80, dans un style que l'on baptise aujourd'hui "Weird Electronica". Une vision électronique plutôt dansante inspirée par la musique du monde et des ambiances expérimentales de toutes sortes. Dans le genre, des pièces comme les excellents "ONE" et "Ambling Alp" ainsi que "Love me girl", "Rome" et le plus rock "Mondegreen" donnent le ton. Pour le reste l'ambiance est positive et généralement façonnée pour les adeptes de dance-floor à la mode. Certes différents de "All our cymbals", "Odd Blood" reste un album contemporain qui donnera un magnifique coup de soleil sur cet hiver enneigé. On enlève ses gants et son bonnet pour apprécier à juste mesure ce "Odd Blood" qui mérite plus qu'une écoute curieuse.
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Buzzcocks "A different kind of tension" (IRS)
Souvenirs, souvenirs. En juillet 1979 sortait dans le milieu underground punk londonien le troisième album des Buzzcocks, "A different kind of tension". Le dernier opus officiel avant que le groupe explose une première fois. Ils rejoueront ensemble pour le plus grand bonheur des fans dès 1989. Bref, cette nouvelle publication permet de renouer avec l'histoire du punk grâce à un son musclé dont sont sortis des titres de référence comme "Mad mad Judy", "I believe", "Paradise" et "Raison d'être". Aujourd'hui publiée en deux CD, cette édition nous livre en plus une avalanche de bonus ainsi qu'une version remastérisée pour l'album officiel. Question bonus, ils sont plutôt nombreux avec des démos, des morceaux inédits et quelques raretés comme "The drive system", "Jesus made me feel guilt" et "Run away from home", sans oublier plusieurs extraits du "John Peel Show" qu'ils enregistrèrent en septembre 1977. Ça date! Oui, mais cela résonne encore avec beaucoup de fraîcheur à nos oreilles. Comme quoi, le futur du Punk qu'on se le dise c'est en 2010 que cela se passe. Un son à redécouvrir au plus vite...
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Sade "Soldier of love" (Epic)
C'est avec un titre "James Bondien", "Soldier of love" qui donne également son nom à l'album que Sade met un terme à dix longues années de silence. Son dernier opus sorti en 2000 s'appelait "Lovers rock". La belle pose maintenant sa voix inimitable sur dix pièces parfaitement taillées pour son organe rendu célèbre par le méga-tube "Smooth operator". Plus ancré dans le genre de la ballade, "Soldier of love" ressemble à une promenade romantique sur une barque voguant sur un lac baigné de douceurs. Sixième album studio en 25 ans de carrière, "Soldier of love" signe un retour en force de la chanteuse qui a pris son temps pour mettre en forme sa nouvelle pièce. Sculptées à la main avec soin, certaines chansons souffrent parfois d'un travail de production trop calibré pour être apprécié avec saveur. "Morning bird" et "Be that easy" font certainement partie de cette liste. Quant aux autres, attendez-vous à les entendre souvent à la radio dans les prochains jours. Tout ça pour dire que la musique de Sade est comme une madeleine de Proust et vu l'engouement des ventes de l'album, sachez que 2010 sera sans aucun doute une année Sade.
Hourra crieront les fans, c'est ça aussi la nostalgie, ne prendre aucune ride...
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Wu-Tang Clan "Return of te Wu & Friends" (Gold Dust Media)
Avant de les retrouver sur un nouvel album qui ne verra peut-être pas le jour de si tôt, DJ Mathematics propose une compilation inédite de titres enregistrés par les membres du Wu-Tang Clan entre 2000 et 2008. Soit 16 chansons qui forment une sorte de fourre-tout entre rap commercial, chansons de lover et gangsta-rap. Comme si le groupe nous démontrait qu'il pouvait aborder tous ces genres avec un savoir-faire évident. Actif depuis les années '90, la formation originaire de Long Island est composée de neuf MCs aux personnalités bien trempées, on reconnaîtra RZA, GZA, Method Man, Masta Killa et OI Dirty Bastard. Autant dire des gens de la rue qui ont réussi à percer dans un style qui leur est propre. On y trouve de tout, du son urbain, du funk, des "explicit lyrics", des coups de feu et des samples tout droit sortis de l'Enfer. Sur ces 16 pistes, on renoue avec un son explosif qui nous démontre que l'on a affaire à du hip-hop de caractère. On remercie DJ Mathematics d'avoir collecté ces raretés et de les avoir posé sur cet album que les fans s'arracheront. Pour nous, c'est déjà fait.
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Youri Blow "Moon rock my soul" (Wild House Blues)
Français d'origine, il est né à Troyes, Youri Blow démontre qu'il a quelque chose en lui de Jim Morrison des Doors ou plus proche de chez nous, d'un Devendra Banhart. Sa musique le prouve. Avec "Moon rock my soul", le beau gosse ballade sa voix rugueuse dans les contrées du blues, là où est né le Mississippi. Pas de doute, ce second opus transpire de maturité et surtout de rigueur. Son approche du blues se veut moderne avec des accents de world music comme le démontrent ses impressions d'un périple au Pérou qui l'a marqué jusque dans la chanson "Fleurs du Pérou". Plus roots que jamais son usage récurant de la dobro (guitare à résonateur comme celle montrée sur la pochette) nous le démontre, Youri Blow use de son art pour nous faire voyager dans le monde de ses rêves psychédéliques sans aucun usage de drogue. Une prouesse qui en fait véritablement un chanteur à voix doué d'une profondeur qui en fera craquer plus d'une. Mais loin d'être un séducteur invétéré, l'artiste se veut aussi inspiré par des vents de liberté qui l'emmènent bien loin des contrées faciles de la musique dite de masse. Une oeuvre à part qui mérite une fois pour toute de sortir de l'ombre. Vive le blues sans frontières...
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David Bowie "A Reality Tour" (EMI/Sony)
33 titres, deux albums et une tournée qui s'est déroulée entre 2003 et 2004, David Bowie est de retour avec des tubes à la pelle pour cet album "live" qui survole sa carrière. Faisant suite à son dernier album studio en date, le "A Reality Tour" fut certainement une période difficile pour le chanteur et ses fans vu que celui-ci a dû abandonner de nombreuses dates pour des raisons de santé. Mais qu'à cela ne tienne, le Duke est plus qu'en forme pour refaire vivre de grands moments de musique à tous ses admirateurs. De "Rebel Rebel" à "China Girl", il rendra également hommage à Kurt Cobain (Nirvana) sur le titre "The man who sold the world" et Freddie Mercury (Queen) sur "Under Pressure". Tout y passe de "Ashes to ashes", "Fame", "Heroes", "Ziggy Stardust", "I'm afraid of Americans" sans oublier les pièces issues de l'album "Reality": "New Killer Star", "Fall dog bombs the Moon" ou encore "The loneliest guy".
Que des souvenirs que l'on se dépêchera de se remémorer avec beaucoup de plaisirs. Pas de doute, dans son genre, David Bowie c'est le plus grand. Qu'on se le dise...
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B.O. "Gainsbourg Vie Héroique" (Universal Music)
S'il y avait bien un album que tous les fans de Serge Gainsbourg attendaient avec une certaine impatience c'est celui du film de Joann Sfar, "Gainsbourg Vie Héroique". Le résultat est à la hauteur avec pas moins de 43 titres pour un double album qui respire à pleins poumons l'ambiance du film. En effet, de nombreux extraits de la bande son reviennent avec la reprise de grands standards interprétés par les acteurs eux-mêmes: Eric Elmosnino, Laetitia Casta, Sara Forestier ou encore Anna Mouglalis. Mais, on notera également la participation d'artistes tels que Dionysos sur "Nazi Rock", Nosfell sur "Love on the boat", K2R Riddim avec une excellente reprise de "Aux armes et Caetera" ainsi que le duo formé pour l'occasion par Jeanne Cherhal et Emily Loizeau sur la pièce "Qui est "in" qui est "out"". Notons que Joann Sfar s'est également fait plaisir en s'offrant le titre "J'ai rendez vous avec vous". Question chansons originales, on nous réserve tout de même quelques oeuvres cultes comme "Je t'aime moi non plus", "L'Hippopodame" et "Valse de Melody". Vous l'aurez compris, cette B.O. supervisée par Olivier Daviaud rend véritablement hommage à l'artiste qui s'efface ici pour laisser chanter les acteurs qui racontent sa vie avec talent et surtout sobriété. Deux mots que l'on pourra également apposer à cette oeuvre qui sort du lot.
Les fans se régaleront...
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Circum Grand Orchestra "Le ravissement" (Circum-Disc)
À la fois guitariste et "conducteur " d'orchestre, Olivier Benoit fête avec "Le ravissement" les dix ans de son projet Circum Grand Orchestra. Au programme de son second CD, on découvre 14 morceaux bercés de jazz et exclusivement instrumentaux. Libre dans son approche, le musicien explore le genre avec grâce et surtout beaucoup de pertinence et de sagesse. La preuve en est faite avec de nombreuses improvisations venues de ses amis de studio qui enrichissent l'atmosphère avec l'apparition ici et là d'une trompette, d'un sax, d'une clarinettes, d'un piano, de guitares, de basses, de contrebasse et même de la batterie qui souligne l'ensemble d'un rythme soutenu. En plus d'une heure, la formation démontre qu'en matière de jazz, ils connaissent la chanson. Certes destiné à un public de connaisseurs, "Le ravissement" est avant tout un album coloré et lyrique à la fois. Du travail de professionnel pour tous ceux qui aiment vraiment ça. Ils en redemanderont!
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OK Go "Of the blue colour of the sky" (Capital Records)
Depuis leur début à Chicago en 1998, Ok Go se démarque par un style bien à part dans l'univers balisé du pop-rock américain. Pas de doutes, avec leur look décalé, le groupe a rapidement compris que la musique, c'est aussi et avant tout l'image. C'est donc avec de nombreux clips vidéo remarquables que le groupe est sorti de la cave. Résultat des courses, ce troisième album studio qui fera une nouvelle fois parler de lui par les amateurs du genre. En treize titres, la bande à Damian Kulash donne le ton avec "WTF" qui ouvre l'album tout en lui servant de premier simple. D'entrée de jeu, on remarque que le son est devenu plus pêchu et électro dans son approche même si l'énergie n'est pas absente de pièces comme "Needing Getting" et "White Knuckles" et ses accents princiers en référence au chanteur Prince des années '90. Dans l'ensemble, OK Go peut se languir d'être un groupe à la mode comme l'a démontré la pièce "Shooting the moon" présente sur la B.O. de la saga "Twilight". Mais pas de caricature d'un groupe à midinettes ici, OK Go prend sa carrière au sérieux comme nous le démontrent les morceaux "Skyscrapers" et "End Love" qui valent à eux seuls le déplacement. Bonne route, les gars...
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"We wish you a Metal Xmas and a headbanging New Year" (Armoury)
Si vous estimez que la fête de Noël 2009 était trop peu rythmée à votre goût, c'est que vous êtes passé à côté de la sortie de l'album "We wish you a Metal Xmas and a headbanging New Year". En effet, ici on retrouve la crème du mouvement metal venu avec leurs guitares et batteries pour chanter à leur manière une ode à Noël. Les grands standards sont de la partie avec des pièces telles que "We wish you a Merry Xmas", "Little drummer boy" ou encore "Santa Claws is coming to town" interprétés par des stars comme Alice Cooper, Ronnie James Dio (Black Sabbath), Dave Grohl (Nirvana, Foo Fighters), Chuck Billy (Testament), Tim 'Ripper' Owens (Judas Priest), Scott Ian (Anthrax), Stephen Pearcy (Ratt), Joe Lynn Turner (Deep Purple), Steve 'Lips' Kudlow (Anvil), Dez Fafara (Coal Chamber, DevilDriver), ainsi que Doro Pesch (The Beast) qui incarne l'âme féminine du projet. Soit 16 plages baignées d'énergies et de saturations en tout genre pour débuter l'année avec beaucoup d'énergie et surtout d'originalité. Idéal pour sortir des poncifs d'une fête qui commence parfois à sentir la naphtaline. Là-dessus, encore une excellente année musicale à tous...
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Etron "A world of nerds" (A Dark Dog Records)
Le duo bruxellois d'Etron revient sur le devant de la scène avec son treizième album sous les bras. Soit dix chansons rock qui balancent entre poésie des textes et un son qui déménage. Même si le groupe n'est pas forcément connu des masses, Etron a su s'offrir les services d'une pointure dans le domaine de la production, Steve Albini. L'homme qui est aussi derrière Nirvana, The Pixies et P.J. Harvey. Ensemble, ils ont choisi un studio à Chicago pour enregistrer un album qui a du caractère pour ne pas dire de la bouteille. En quelques écoutes seulement, la musique d'Etron vous rendra fort sympathique et vous donnera même des airs intelligents. Pas de doute, le mot indépendant est un gage de qualité quand il s'agit de rock. On fait fi de la pochette et on découvre rapidement ce groupe qui finalement ne mérite pas son nom même s'il leur a porté chance. Comme quoi, marcher dans la m... ça peut aider ;-)
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Vampire Weekend "Contra" (XL Recordings)
Les Vampire Weekend défrayèrent la chronique en 2008 où paraissait leur premier opus éponyme qui rafla d'entrée de jeu l'Award du meilleur album de l'année. C'est dire qu'on les attendait au tournant. Mais pas de tournant dans ce cas-ci vu que le groupe a préféré avancer tout droit, dans la continuité, comme on dit. Le résultat se traduit par cette entreprise sans véritable surprise même si la qualité y est. Toujours fidèle à leur style hybride variant entre pop ("Giving up the gun"), électro ("Taxi cab"), rythmes tribaux ("Holiday"), latin ("Cousins"), afro ("White sky") et même reggae sur "Diplomat's son", le quatuor new-yorkais livre un second opus plus qu'honnête même si la fraîcheur n'est pas vraiment de la partie. Tant pis, "Contra" ne sera pas l'album de l'année 2009. Cela ne nous empêchera pas de nous ravir les oreilles avec ces dix pièces agréables et réussies malgré tout. Espérons maintenant qu'ils se lâcheront beaucoup plus sur le prochain essai...
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Snoop Dogg "Malice N Wonderland" (EMI)
Présenté très officiellement par le clip "I Wanna rock", "Malice N Wonderland", le 10ème opus studio de Snoop Dogg renoue avec la "cool attitude" qui a tant fait sa réputation à travers le monde. Un petit plus pour les uns, valeur sûre pour les autres, pas de doute, avec Snoop, on sait à quoi s'attendre vu que tous ses albums se ressemblent. Que ce soit dans la façon de faire ou de chanter, "Malice N Wonderland" est dans la droite ligne des numéros précédents. Entre gangsta-rap et morceaux sexy, le rappeur du East-Side nous parle de violence, de sexe, de drogue, du star-system et surtout du principal, de l'art de faire la fête. Les morceaux se suivent sur des rythmes guerriers ("1800", "Pronto"...), sexy ("Different languages", "Special"...) sans oublier le clin d'oeil d'une intro qui présente l'album avec la voix du propre fils du rappeur. Finalement, rien ne change chez Snoop Dogg et c'est tant mieux. Reste donc un album plus qu'agréable pour peu qu'on aime le style répétitif du plus cool des rappeurs venus des States.
Pour finir en beauté, faites-vous une impression en écoutant les nombreux extraits du projet sur sa page Myspace. Cela vaut le déplacement.
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Rihanna "Rated R" (Def Jam)
Après avoir longtemps fait la une des tabloïdes, Rihanna revient sur le devant de la scène avec un nouvel album baptisé "Rated R". Loin des airs qui lui ont donné la gloire comme "Umbrella", ce projet regorge de morceaux plus calmes surfant sur une pop légèrement dépressive ou même des ballades R&B plus classiques. Annoncé par "Wait your turn" et "Russian roulette", ce CD s'attarde beaucoup sur ses mauvaises expériences de violences conjugales avec des pièces comme "Cold Case Love" et "What you did to me was a crime". Heureusement, quelques chansons plus "dance" viennent égayer l'atmosphère avec entre autres "Hard" et "Rude Boy", sans oublier "The last song" qui clôture l'essai avec un jeu de guitare rock que les fans apprécieront certainement. Pas de doute, ce quatrième opus studio est un album plombé par de très mauvais souvenirs. Espérons maintenant que la belle tire un trait sur sa relation mouvementée avec Chris Brown afin de nous donner de bons moments sur les pistes de danses. Car, pour les larmes, ça suffit maintenant!
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Beehive "Sun and Scream" (Auto produit)
Avec son nouvel album, Zack Hinkle, leader des Beehive, démontre que c'est derrière ses platines qu'il se sent le plus à l'aise. En neuf titres, sa formation d'electro-pop survole divers registres allant de l'ambiant au disco en passant sans peine par une panoplie d'expériences sonores plus que réussies. Sorte de voyage initiatique dans une ville moderne, ils sont originaires de New York, "Sun and Scream" vous propose une écoute reposante qui aura tout du contraire du monde dans lequel on vit. Les atmosphères sont à la fois paisibles et aériennes alors que des pièces comme l'hypnotique "Brearhing the bad smoke", le plus sautillant "Mirror Mirror" et la ballade électronique "Department store hangover" sortent du lot. Bref, une entreprise originale qui supporte même plusieurs réécoutes. C'est déjà pas si mal pour un groupe que personne connaît.
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Norah Jones "The Fall" ( Blue Note Records)
"The Fall" signe un léger virage dans la carrière de Norah Jones. En 13 chansons, la chanteuse aborde différents genres qui louchent du côté de la pop, du blues ou de la ballade. Fini donc les connotations jazz pour Norah Jones qui expérimente une première collaboration avec des artistes et producteurs confirmés tels que Ryan Adams, Jacquire King et Okkervil River's Will Sheff. Cela s'entend. Les pièces "Light as feather", "Young blood", "I wouldn't need you" et le plus rock "It's gonna be" sont là pour prouver aux fans que la belle sait se renouveler dans une atmosphère qui donne à ses textes une énergie plutôt positive. Parfaitement encadrés, les titres de "The Fall" sont parfois trop travaillés pour nous émouvoir. Un petit défaut qui séduira les amateurs de ballades astiquées tout en laissant les autres indifférents. Mais qu'à cela ne tienne, l'hiver sera agréable auprès de Norah Jones. Qu'on se le dise.
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Stash "All that fire!" (Diva Records)
Dire que les gars de Stash sont belges d'origine ne sert à rien tant leur rock aux accents de pop sonne comme un véritable groupe venu des States. Avec leur troisième album studio après "Rock'n Roll show" (2005) et "Blue Lanes" (2007), les membres de Stash appuient encore plus nos dires. Dans un anglais sans accents, s'il vous plaît, ils interprètent onze chansons qui fleurent bon l'air frais d'une plaine du Far-West comme nous le démontrent des ballades comme "All that fire", "Mrs. Jones" et "Hope she'II be happier". Pour le reste l'album est dans la même veine avec tout de même quelques pièces plus pop telles que "Walk in the sun", "Don't be fooled" et "Whisper something". Autant dire que les efforts sont à la hauteur dans cet album que l'on pourra facilement placer dans la continuité pour ne pas dire l'amélioration. Désormais, le rock/pop international pourra compter avec les Stash qui ont finalement réussi leur conversion vers un rock sans frontières. Et tout ceci n'est pas une blague à la Belge. Gardez la frite, les gars...
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Mötley Crüe "Greatest Hits" (Universal Music)
Dans l'histoire du rock dit "hard", on croise au détour d'une rue sombre les Mötley Crüe, quatre garçons qui ont surtout abusé des filles et des drogues plutôt que de la musique. De leur carrière restent surtout une attitude et quelques titres pas forcément marquants comme nous le démontre ce "Greatest Hits" qui aura pour certains des saveurs de "madeleine" de Proust. Avec des titres comme "Shout at the Devil" et "Wild Side", le groupe démontre que le slogan "sexe, drogue et rock n' roll" n'a pas encore du plomb dans l'aile. Mais de là à voler très, haut, il y a une marche qui vient d'être franchie. Espérons maintenant que ces vieux papys n'auront pas besoin d'une canne en "metal" pour se déplacer lors des concerts à venir...
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General Elektriks "Good city for dreamers" (Discograph)
Esprit funky, sons à l'ancienne, hybridation sonore et autres utilisations abusives d'antiques claviers, tels sont les ingrédients de ce "Good city for dreamers", un album venu d'une autre galaxie découverte par cet expatrié français vivant à San Francisco, Hervé Salters. En douze pièces, il démontre qu'aujourd'hui encore on peut enregistrer un album où rien n'est à jeter. Sorte d'OVNI venu d'ailleurs, "Good city for dreamers" surfe principalement sur une base funky bercée par des effets de synthés récupérés dans les caves du grand-père, sans oublier l'approche qui se veut généralement sans aucune entrave. Cette liberté de ton, Hervé Salters l'utilise principalement pour nous faire danser sur des rythmes accrocheurs comme ceux de "Helicopter", "Little lady", "Mirabelle Pockets" et l'hypnotique "Cottons of inertia". Attendez-vous à un album qui aura rapidement sur vous l'effet d'une drogue. Sur ce, je me le repasse. Hummmm!!!
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Wyclef Jean "From the Hut, to the Projects, to the Mansion" (R.E.D. Distribution)
L'esprit guerrier et fusion sont de rigueur pour cette première collaboration réussie entre Wyclef Jean des Fugees et DJ Drama. En 17 morceaux, le duo explore l'art de la rue avec un rap rigoureux emporté par un flow musclé à souhait. La preuve en est faite avec des pièces telles que "Warrior's Anthem", "Gangsta girl" en duo avec Lil' Kim, et "More bottles" avec la présence de Timbaland, sans oublier "Slumdog Millionaire" qui servira également de décor sonore au film de Danny Boyle. Pour le reste, "From the Hut, to the Projects, to the Mansion" est un album typé à souhait avec ses textes qui parlent de la vie de la rue, des combats quotidiens et surtout de rédemption. La porte de sortie n'est pas loin pour les bad boys qui rêvent encore de jours meilleurs. Un style agressif qui plaira d'office aux amateurs de rap guerrier et de hip-hop à caractère.
Qu'on se le dise, Wyclef Jean a de qui tenir...
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Radiosofa (Porc-épic)
Alors qu'ils annoncent très officiellement la sortie de leur second album studio pour la fin 2010, les membres de Radiosofa s'offrent un intermède musical original avec ce Maxi trois titres prometteur. Après avoir officié en tant que quatuor, le groupe a fait appel à un nouveau guitariste pour étoffer un peu la chose. Le résultat est donc concluant pour ce Maxi qui donne le ton pour la suite de l'aventure. Dans une mise en forme plus revendicatrice, les nouvelles chansons de Radiosofa respirent un esprit de liberté qui fait du bien au rock dit français. Que ce soit "Les masques", "Hiroshima" ou "Les portes" chanté en duo avec Da Silva, ce projet démontre que la formation n'a pas à rougir devant la concurrence. On s'en doutait déjà après l'écoute de leur premier album éponyme sorti en mars 2007 chez PIAS. À noter également la section bonus qui comprend l'excellent clip "Les portes" réalisé par Ludovic Plourde, sans oublier la production de l'ensemble qui revient à Antoine Gaillet vu chez Julien Doré, Arman Mélies et Bazbaz. Cela promet pour la suite...
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Foo Fighters "Greatest Hits" (RCA Records)
Voici pour la première fois dans la carrière des Foo Fighters un album qui compile leurs meilleurs titres. Formé par Dave Grohl dans les années '90 à la suite du décès de Kurt Cobain qui signait la fin de Nirvana où il officiait au poste de guitariste et voix, Foo Fighters enregistra six albums entre 1995 et 2007. Le but de l'exercice étant de ne choisir que 14 extraits représentatifs ainsi que deux inédits avec "Wheels" également premier simple extrait du projet et "Word Forward". À ce propos, ces deux pièces sont certainement ajoutées à l'entreprise, histoire de ne pas trop léser les fans qui on s'en doute détiennent tous leurs albums. Pour les autres, ce "Greatest Hits" servira d'excellent marchepied pour découvrir ce groupe qui ne laisse pas indifférent. Pas de doute, l'esprit rebelle est de la partie avec cet album que finalement tout le monde devrait avoir dans sa collection. Enfin, je dis ça pour les vrais passionnés de musique et non les boulimiques qui l'ingurgitent comme un produit dit de masse. Bref, modérez votre faim et savourez ce "Greatest Hits" qui mérite bien son nom. Bon appétit!
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