Les albums des semaines précédentes


The Black Keys "Attack & Release" (V2 Records)
Un mélange de rock classique avec des guitares électriques comme on les aime et une bonne dose de nouveauté avec des sons plus doux et des mélodies qui sentent le punk des années 2000, c'est ce que The Black Keys propose avec leur tout dernier album "Attack & Release". Avec Danger Mouse, les Black Keys ne se sont pas trop éloigné du territoire rock & roll. Après "Thickfreakness" (2003), "Rubber Factory" (2004) et "Magic Potion" (2006), ils reviennent en force et en forme pour un son plus expérimental et dont les arrangements sonnent plus professionnels. Produit par Danger Mouse ("Gnarls Barckley", "Gorillaz"), "Attack & Release" a été enregistré au Studio Suma à Cleaveland, Ohio (USA) par l'illustre Paul Hamann. Ce qui lui donne un accent très américain à la Greenday qui n'est pas dépourvu de charme puisque les sons sonnent forts et puissants. Certains morceaux plus mélodieux permettent l'équilibre avec des titres de rock pur bourrés d'énergie. L'extra-instrumentation joue un rôle important. En effet, synthétiseur, piano, guitare, basse, orgue et autres arrangements vocaux font de cet album, un condensé de dynamisme et de douceur à la fois. Un paradoxe qui mérite d'être écouté. Attack & Release est un album rock mais pas que ça non plus, avis aux amateurs de sons nouveaux. (Aurélie Lysten)
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Cvantez "Yvettela Musipontaine" (Drunk Dog)
Groupe atypique en constante mutation, Cvantez a enregistré ce premier album lors de la fin de l'été 2003. Il en ressort une véritable atmosphère faite de poésie, d'accents tex-mex et de sons plus que reposants. Entre l'exercice de style et le travail studio axé sur le plaisir de jouer ensemble, "Yvettela Musipontaine" ressemble à cette légère brise qui rafraîchit un ciel brûlé par le soleil un jour de canicule. Un album étrange et chanté en français sans pour autant être typé bleu-blanc-rouge. Sous la conduite de Vincent Leservoisier (Porcelain, Hitchcockgohome!...), le groupe explore divers univers à l'aide d'instruments rares comme l'harmonica et les castagnettes. Ils nous conduisent ainsi par la main dans un monde où le psychédélisme fait l'amour à la pop sans que la ballade en soit jalouse. Il ressort de l'écoute une sensation agréable tout au long des onze pistes qui brillent par leur approche joviale et ensoleillée.
Ça sent le printemps!!!

Shooting At Unarmed Men "Triptych" (Too Pure)
Le plus inattendu et énervé des groupes britanniques nous revient avec un nouveau projet sous les bras composé de trois CD pour un triptyque parfois proche de l'album concept. Pas de doute, la formation est en excellente forme avec comme preuve, ces treize pièces (quatre pour les deux premiers albums et cinq pour le troisième) formant un ensemble homogène et riche en sonorités et styles différents. Que ce soit l'atmosphérique "Full proof plan for successful living" ou le plus rock "Peristalsis", sans oublier les titres calibrés punk tels que "Sometimes the best thing you can do is die" et "The conventions of stopping", "Triptych" sonne comme l'album le plus explosif du printemps. Sans user des ficelles en matière de rock, le groupe de Jon Chapple démontre avec talent qu'une voix, un batteur et une basse savent encore et toujours façonner un style avec élégance et un esprit rebelle assuré. Un album que les curieux et autres férus en qualité ne manqueront pas de se repasser plusieurs fois sur la même journée. Faites-vous plaisir...
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Does It Offend You, Yeah? "You have no idea what you're getting yourself into..." (Emi)
La recette de cette formation d'électro-rock originaire de Reading en Angleterre est efficace à plus d'un point: un morceau d'électro inaugure l'entreprise alors que suit immédiatement après un morceau plus rock calibré pour les dancefloor. La suite est toujours la même pour le plus grand plaisir des amateurs de musique in spécialement destinée à faire bouger les "boul" et le reste si affinité. L'écoute de "With a heavy heart (I regret to inform you)", "Attack of the 60 ft lesbian octopus", "Weird science" ainsi que "Doomed now" et son petit côté Daft Punk suffisent pour que vous ne teniez plus en place. Pas de doutes, certains de ces titres vous feront danser cet été dans toutes les boîtes qui se veulent à la mode. Attention tout de même, ne bâclez pas votre séance de réchauffement des muscles avant d'entamer une écoute. Vous éviterez ainsi tout claquage malheureux.
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Tapes 'n Tapes "Walk it off" (XL Recordings)
Enfants de Minneapolis aux U.S.A., le quatuor Tapes 'n Tapes traverse avec "Walk it off" le difficile passage lié au second album. Après un premier pas étonnement rafraîchissant, le groupe entame ici une exploration en règle d'un rock alternatif qui se veut à la fois positif dans son message et épuré dans sa réalisation. Lancé par le prometteur "Hang them all", l'ensemble laisse pourtant sur sa faim tout amateur de leur premier opus "The Loon". En douze pièces, Josh Grier et les siens surfent sur une construction linéaire malgré quelques pièces plus élevées telles que le fort plaisant "Anvil", le plus subtil "Lines" et "The dirty dirty" qui clôture l'ensemble sur une note plus électrique et sombre dans son approche. On regrette donc le côté trop académique de "Walk it off" qui demandera certainement plusieurs écoutes pour être apprécié à sa juste valeur. C'est à dire comme un album dans l'air du temps sans plus, ni moins. Et ce n'est pas le producteur Dave Fridman (Mercury Rev, Mogwai...) qui y changera quoi que ce soit.
Espérons seulement que le groupe saura redresser la barre pour leur troisième album studio!
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Moby "Last night" (Emi)
Sorti de la scène underground new-yorkaise à la fin des années '80 où il officiait alors au poste de DJ dans les plus célèbres clubs de la métropole, Moby revient en 2008 avec un album qui s'annonce d'entrée de jeu dans la vague d'un retour aux sources. Un hommage appuyé aux années "clubbing" que le musicien entreprend dans une forme classique sans véritablement révolutionner le genre. Pas de doute, l'artiste s'est assagi avec un usage de samples venus à la fois du disco et du hip-hop, le tout étant baigné dans une sauce qui séduira autant les amateurs de dancefloor que de musiques plus atmosphériques comme nous le confirment les titres "Ooh yeah" et "I love to move here" qui ouvrent ce neuvième opus tout en douceur. La suite est plus électronique et certes rythmée avec "257.zero", "Live for tomorrow", "The stars", et "Everyday it's 1989" qui résume à lui seul le style "Moby", sans oublier une incursion dans les zones du rap avec l'excellent "Alice", du disco avec "I'm in love" ainsi que l'entraînant "Disco lies" et un titre chanté en français par Nabila Benladehem, "Hyenas". Soit 14 titres plaisants plus qu'envoûtants qui s'adressent avant tout à un public amateur d'électronique épurée et digeste à souhait.
Ça sent l'album de l'été...
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Times New Viking "RIP it off" (Matador)
Abus de larsens, de sons saturés et de murs infranchissables de guitares, "RIP it off" sonne comme un joyeux foutoir musical penchant du côté du punk ou du noizy. Le genre de musique qui rend fous les parents et les voisins. En 16 titres, le groupe réalise trente minutes de délires plus sonores qu'artistiques. On est loin de la vague tecktonik! Une chance parce qu'on se demanderait comment bouger les mains sur le rythme sans pour autant gifler toute l'assistance. En cinq albums, les Américains de Times New Viking ont réussi à démontrer que le "no futur" des punks a pris de l'âge. Bref de quoi se déchirer les tympans si on n'y fait pas gaffe. Attention, tout de même, les âmes sensibles risquent de ne pas s'en remettre de si tôt alors que les autres, il est certain qu'ils se déplaceront personnellement pour les voir sur scène car cela promet un excellent set en perspective.
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Chilly Pom Pom Pee "I want your..." (Hysterias)
En quinze ans de carrière, on peut dire que le groupe Chilly Pom Pom Pee n'a pas perdu de son originalité. Usant d'une méthode de distribution mise en place avant eux par Pearl Jam en 1994 avec l'album "Dissident", le groupe d'origine liégeoise propose son nouvel opus en trois CD's de cinq titres chacun. Le premier volet est sorti le 15 avril dernier alors que les suivants sont prévus pour le 15 juin et le 15 septembre prochain. Au menu de ces 20 minutes, la formation nous compose cinq pièces de rock couronnées par une reprise d'un succès des Doors, "People are strange" rendu avec une fidélité plus qu'honnête face à un tel challenge. Le reste est de la même trempe avec l'énergique "One rest to fight" et la ballade proche d'un R.E.M., "All I need is today". Les amateurs seront donc servis par cette mise en appétit qui nous promet un album de quinze titres où le rock n'aura pas perdu de son charme. C'est le futur qui nous le dira.
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Be Your Own Pet! "Get awkward" (XL Recordings)
En voilà un nom qui ne risque pas de passer inaperçu. Be Your Own Pet! est une formation de Nashville adepte de punk-rock adolescent et énergique dans son approche. Une recette qui fait mal aux oreilles des plus vieux et ceci pour le plus grand plaisir des jeunes amateurs de révoltes électriques et énervées comme tout bonne crise d'adolescence qui se respecte. En quinze morceaux, la chanteuse Jemina Pearl s'époumone sur des textes féroces comme "Zombie graveyard Party!", "Black Hole", "Food fight" et le fort étonnant crêpage de chignon sonore avec "Bitches leave". Bref, on ne change pas le cap emprunté avec leur première plaque éponyme sauf que le quatuor a quelque peu édulcoré l'ensemble avec une touche de maturité en plus. Autant dire un album qui respire la joie de hurler des petites histoires sans intérêt sur un parterre bruyant et sauvage à la fois. On adore ou on déteste mais l'histoire du rock en est toujours friande. Nous aussi finalement.
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iForward Russia! "Life Processes" (Cooking Vinyl)
Né en 2004 sur les cendres de petits groupes locaux du quartier de Leeds, iForward Russia! s'est fait remarquer avec la sortie de sa première plaque, "Give me a wall". Le temps de s'en remettre et de conforter leur complicité, le groupe s'est réuni à Seattle sous la conduite du producteur Matt Bayles (Pearl Jam, The Blood Brothers, ...) afin d'y enregistrer leur second opus, "Life Processes". Au sommaire de cet album attendu, la bande à Whiskas, le chanteur, aligne onze pièces façonnées dans un rock parfois proche d'un hymne à la vie comme les titres "Spanish triangles" et "Gravity & Heat". Pour le reste, l'essai s'éloigne quelque peu de "Give me a wall" par un son côté plus électrique et pulsé par un rythme plus soutenu de la batterie de Katie Nicholls. Pas de doute, cette demoiselle a dû s'offrir des séances de musculation intensive pour tenir la mesure. Toujours à classer dans la ligne prog-rock, "Life Processes" confirme que les iForward Russia! ont pris une nouvelle direction dans leur jeune carrière. Plus de muscles et de risques pour ce groupe de rock qui n'a finalement pas succombé à la réussite!
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LUFO (Autoproduit)
Si vous ne connaissez pas encore la scène électro indus pyrénéenne, il est grand temps de faire connaissance avec LUFO, une formation née au printemps 2003. Après avoir publié une première démo 3 titres en 2004, un mini album 8 titres en 2005 et participé à plusieurs compilations entre 2006 et 2007, la bande à Ludo, Sma, Max, Kiki, Elie et Stephanie s'est arrêtée dans un studio qui porte bien son nom, "L'Alchimiste" afin d'y enregistrer quatre nouveaux titres percutants et mordants tels que "Génération consommation" et "J'ai pas choisi mon heure". Attendez-vous à découvrir des textes incisifs plaqués sur une ligne électro-rock et parfois aussi hardcore puissante et rigoureuse à souhait. Malheureusement, quatre titres, c'est fort court pour se faire une impression durable. Cette galette devrait tout de même séduire les amateurs d'originalité et d'univers électronique musclé. Idéal pour débuter ou finir une soirée avec panache.
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The Teenagers "Reality check" (XL Recordings)
Comme de nombreux groupes avant eux, les Teenagers se sont fait connaître du grand public grâce à l'Internet et une page officielle sur My Space mise en route à Noël 2005. Les fans s'accumulèrent sur leur portail et bien évidemment, il n'en faudra pas plus pour que les Majors s'intéressent au phénomène. Les voilà maintenant à l'heure du bilan avec ce premier opus baptisé "Reality check". C'est clair, l'ambiance est juvénile vu que s'y bousculent douze pièces d'électro-pop badigeonné d'esprit rebelle et d'un humour parfois irrévérencieux. La guerre des boutons peut commencer pour ce groupe atypique dont les membres sont tous d'origine française. Comme quoi, ils réussissent à faire aussi bien, si ce n'est pas mieux, que leurs concurrents venus de Grande-Bretagne ou des États-Unis. Le tout est restitué par cet album parlant d'amour, de sexe, de mariage avec Scarlett Johansson ("Lost in translation", "Match Point"), de leurs références françaises ("Streets of Paris", "French kiss") ou encore d'eux-même avec le titre "Feeling better" où ils nous conseillent de les écouter pour que tout aille mieux. Incroyable toute cette audace ;-)
Premier album qui respire la liberté, l'innocence et la révolte, "Reality check" démontre agréablement que l'esprit jeune n'est pas qu'un concept de marketing. Une bonne chose pour la musique et tous les amateurs d'électro-pop énergique et souvent dansante dans son approche. Il n'y a pas que les jeunes qui seront séduits.
Moi aussi, I love The Teenagers...
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The Ruby Suns "Sea Lion" (Memphis Industries/COOP)
Né d'un voyage effectué par Ryan McPhun, leader de la formation, dans le désert californien, "Sea Lion" est un album atypique par excellence. Les références sont innombrables que ce soit avec la nature et le voyage ou encore le monde qu'ils visitent à travers des régions comme l'Afrique, les États-Unis, la Polynésie ou encore les contrées latines. Tout débute avec "Blue penguin" et ses approches tribales pour suivre avec une chansonnette venue des fins fonds de la Nouvelle Zélande dont le groupe est originaire. Mais attention, The Ruby Suns n'est pas un album d'ethnologues destiné à un public de mélomanes cultivés vu que la suite est beaucoup plus moderne avec une ode à la vie ("Tane mahuta"), du folk atmosphérique ("There are birds"), des effets Beach Boys ("This adventure tour") et un final tout en douceur, en folk des années '80 et en choeur lointain de vahinés ("Morning sun"). Loin de se reposer sur leurs acquits, The Ruby Suns réussit à mettre en oeuvre un second album mieux construit et abouti que le précédent. Et, ce n'est pas une mince affaire. Bref, "Sea Lion" vous fera voyager du côté expérimental et métissé de la force. De quoi séduire tous ceux qui seraient en manque de soleil et de chaleur...

The Presidents Of The United States Of America "These are good times people" (Cooking Vinyl)
Pour leur cinquième et dernier album studio, la bande des The Presidents Of The United States Of America a pris comme parti de se lâcher une bonne fois pour toutes. On l'entend sur le premier simple placé en ouverture de cette compilation de 14 pièces, "Mixed up S.O.B." qui ouvre les festivités sur un rock bien US dans son approche. Produit par Kurt Bloch (Robyn Hitchcock, Mudhoney) et mixé par Martin Feveyear (Screaming Trees, Amber Pacific), "These are good times people" sonne comme un retour aux sources du grunge, ce qui n'est pas étonnant pour ce trio formé en 1995 à Seattle. Sans perdre de sa verve ni de son humour ("French girl"), l'entreprise survole diverses ambiances, du country en passant par le rock-a-billy, sans oublier l'excellent morceau pur grunge à l'ancienne, "Deleter" qui clôture l'album avec énergie. Pas de doute, une nouvelle écoute s'impose d'emblée. À quelques mois de l'élection présidentielle américaine, "These are good times people" démontre que tout n'est pas perdu pour ce pays qui est en train de traverser une des plus difficiles périodes de son existence.
En tout cas, nous, on votera pour ces présidents-là!
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Supergrass "Diamond Hoo Ha" (EMI)
Rares sont les groupes qui peuvent se languir d'être issus de la scène britpop sans y avoir perdu aucune plume. C'est le cas de Supergrass qui a depuis réussi à faire son chemin. Avec leur sixième album, le groupe à Gaz Coombes revisite à sa manière les sonorités rock et punk britannique. On entendra même un accent à la Bowie sur le titre "Butterfly". Pour le reste, "Diamond Hoo Ha" s'apprécie au fur et à mesure des écoutes tout comme il se doit pour un bon album rock qui se respecte. Les fans apprécieront leur dynamisme de plus en plus mâture sur des pièces telles que "Whisky & Green tea", et l'exotique "Bad Blood" emprunt d'un esprit Stooges agréable à l'écoute. Loin de copier ses maîtres, Supergrass explore ses influences afin d'en extraire un jus précieux qu'ils marient à un univers qu'ils maîtrisent de mieux en mieux. 14 ans de carrière qui se résument par un sixième opus qui nous fait penser que l'on n'est pas encore au bout du chemin. Continuez à creuser, les gars, cela nous fait du bien.
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SZ "Autumn leaves latin comes" (Drunk Dog)
Unis au sein de SZ depuis 2002, les frères Litzler, Franck et Damien présentent enfin leur second opus "Autumn leaves latin comes" après avoir publié un premier essai remarquable "Home recording - Live recording" présenté sous la forme de deux DVD. Toujours adepte du sampling, le duo explore cette fois-ci des ambiances post-rock agrémentées ici et là de nombreuses incursions dans le monde de l'électronique. Ce qui nous donne douze pièces atmosphériques et généralement instrumentales où les frangins s'amusent à construire une architecture riche en inventivité et délires divers. Un esprit expérimental fait de mélodies apaisantes ("El tercer O.") et de couleurs plus énergiques comme sur "Santolan" et "Eurofunk". Jouant sur des déconstructions et rééditions de certains phrasés mélodiques, "Autumn leaves latin comes" est certainement la surprise du mois pour un public adepte de ligne électronique saupoudrée d'ingrédients divers. Un raffinement pour tous ceux qui voudraient accompagner le printemps d'un son réfléchi et fort immersif à la fois. Pour rêver en somme.
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Geoff Westen "Vidiots tune in!!" (Disturbing Music)
Revoilà Geoff Westen, mais sans ses The Pigs cette fois, au menu d'un album inclassable comme à son habitude. Sur "Vidiots tune in!!" qui débute comme dans un clip des années '80 avec "Better Get started" le groupe décrit l'existence parfois pesante des fumeurs de cigarettes qui font rire. Autant dire que le sérieux ne sera pas de mise sur les neuf autres titres qui suivent. En effet, Geoff Westen reste fidèle à son esprit décalé qui vente les mérites de la fête et du laissez vivre. Une recette qui se décline sur des chansons qui respirent le rock, la ballade, la new wave ou encore l'électro à l'ancienne. Les nostalgiques seront sans aucun doute séduits par ce mélange flatteur issu d'un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître. Les autres pourront toujours se familiariser avec ce nouvel ouvrage qui mérite plus qu'un succès auprès des seuls initiés. Bref pour tous ceux qui aiment la musique que les autres n'écoutent généralement pas. On fait aussi partie de ce groupe-là chez 6bears ;-)
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Dario "Disponible" (Association Artishow)
Nouveau venu sur la scène française, Dario est un jeune combo composé par six musiciens tous unis sous la bannière du jazz et du métissage. En 13 titres, "Disponible" est une invitation à la fête ("Les affinités électives", "Zoé" (avec Bandini), "Tête de vainqueur"...) mais aussi à la réflexion en abordant des thèmes beaucoup plus sérieux comme le racisme dans "Un autre dormeur". Jouant sur une base de jazz, Dario épice agréablement la sauce avec différentes atmosphères faites de rock, de style manouche, de musette, de chanson française ou encore de sueurs plus électriques avec l'excellent "Cher corbeau". Le morceau dépeint un système fait de délations par un texte incisif et un rythme entraînant. On est loin d'un jazz conformiste ou dédié aux seuls mélomanes. S'adressant avant tout aux curieux et aux amateurs d'ambiances riches et inventives, ce premier opus de Dario vous promet de passer un bon moment en compagnie de musiciens passionnés et doués pour jouer avec leurs références. C'est à la fois osé, piquant et ensoleillé, comme pour nous dire que le printemps arrive à grands pas. De quoi vous donner le sourire même sous un jour de pluie...
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Hercules And Love Affair (EMI)
Officiellement, le disco aura trente ans cette année. On s'attend dès lors à retrouver des hommages à la pelle d'ici les prochains mois. La première salve nous arrive en droite ligne de New York avec Hercules And Love Affair un projet mis sur pied par le producteur Andrew Butler. En dix titres, il revisite le genre en l'agrémentant de rythmes electro plutôt "cosi" sentant parfois même la naphtaline. Une impression à l'ancienne qui découle sur un album dansant où s'invitent même quelques invités de marque comme Nomi, Kim Ann et Antony devenu célèbre avec ses The Johnsons. Sans véritablement donner un coup de jeune à son modèle, l'album réussit à capter l'atmosphère des années 70-80 qu'il distille avec élégance et une certaine révérence. Lancé par la pièce "Blind", ce premier album annonce donc une vague musicale qui rappellera aux plus anciens de bons souvenirs. Pour les autres, l'essai est parfait pour danser sur la musique de papa sans pour autant être ringard. Comme quoi, il n'y a pas que la tectonik dans la vie.
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Nick Cave & The Bad Seeds "Dig, Lazarus, Dig!!!" (EMI)
En quelques mois, Nick Cave démontre qu'il est victime d'une véritable soif créatrice qui se finalise avec ce quatorzième opus complétant une discographie riche en tubes planétaires. Pour l'occasion, l'Australien s'est entouré de ses potes The Bad Seeds avec au programme la cueillette d'un bouquet composé de onze fleurs plus parfumées les unes que les autres. Des saveurs issues d'un temps ancien où le rock était encore synonyme d'expérience et de partie de plaisir. En ouverture de l'album, "Dig, Lazarus, Dig!!!" qui donne son nom à l'entreprise se veut à la fois explosif et festif comme tout ce qui suit. Les amateurs penseront même parfois au fantôme des Doors qui rodent dans les parages grâce à l'usage efficace d'un orgue ou d'une voix plus gutturale d'un Nick Cave en pleine forme artistique. Pas de doutes, les "mauvaises graines" n'ont jamais aussi bien porté leur nom. Reste un album efficace et calibré à l'ancienne qui plaira plus aux amateurs de rock que de balades romantiques. Enfin diront les fans de la première heure qui finissaient par penser que Nick Cave était devenu à tout jamais un "lover". On se rassure donc, Nick Cave et ses copains ont réussi avec finesse à dompter un certain esprit rock qui finalement ne les avait pas quittés. Reste à voir si tous ceux qui ne connaissent pas encore l'artiste réussiront à se laisser séduire par cette approche osée.
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