Les albums des semaines
précédentes

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Pierpoljak "Légendaire
sérénade"
(Barclay)
Il y a comme un léger changement dans
l'air avec des accents de crise de la
quarantaine pour ce nouvel album studio du plus
reggae des chanteurs français,
Pierpoljak. Sorti de l'ombre dans les
années '90 grâce au tube "Je
sais pas jouer", l'artiste a
multiplié les projets et est même
devenu papa comme il le chante si bien sur le
titre "Jahid". En douze chansons certes
moins typées que d'habitude, Pierpoljak
rend ouvertement hommage au poète
Aimé Césaire qui nous a
quittés en 2008. Toujours aussi habile
pour décrire avec beaucoup d'humour les
petits travers de nos sociétés
dites modernes, monsieur PPJ, est loin
d'être tombé dans la
dépression même si le thème
de la rupture est souvent approché avec
"Petite dépression" et
"Bébé Damia". Mais pas de
doute, il redresse la tête avec des
pièces comme "J'me comprends tout
seul" où il propose quelques chansons
à Johnny Hallyday sans oublier "Nick
la menace" où l'artiste fait un pied
de nez au président français.
Certes moins roots que de coutume,
"Légendaire sérénade"
est un album de la maturité
chargé également d'une certaine
humilité. Bref, une agréable
surprise qui fera certainement sourire les fans
de la première heure. Et comme nous le
démontre la pochette de l'album,
Pierpoljak a l'air de se porter pas si mal.
Une bonne nouvelle que l'on écoute avec
beaucoup de plaisirs.
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Balbec "Rise and fall of a
decade" (Auto produit)
Quatre garçons et une fille sont
à l'origine de ce groupe de rock-pop
britannique "made in France". On le souligne
avec un certain plaisir vu que la formation
s'exprime parfaitement dans la langue de
Shakespeare. Avec un son largement
inspiré des années '90, Balbec
explore diverses voies allant du rock dansant
("Wysiwyg", "Pedro Bonita"), à une
pop plus calibrée ("Saturday
nights"), sans oublier la ballade qui
clôture l'album, "Nova". Soit onze
pièces joliment décorées
par la voix d'Isabelle Ledru soutenue avec
rigueur par ses mâles aussi à
l'aise sur des registres costaux que plus
sensuelle et romantique. On se demande parfois
pourquoi Balbec ne sort pas de l'ombre tant le
travail mérite d'être
souligné. Comme quoi, en France, il n'y
pas que de la variété et des DJ's.
La preuve avec "Rise and fall of a
decade" qui démontre brillamment que
l'on peut chanter en anglais sans pour autant
passer pour un groupe de "frenchies". On
comprend mieux pourquoi sur Internet, les
louanges viennent généralement des
sites anglo-saxons. À vous maintenant de
ne pas passer à côté de ce
groupe plus original qu'il n'y paraît.
Soyez curieux.
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Hot Chip "One life stand"
(DFA/EMI)
Revoilà les britanniques fervents
amateurs de pop électronique avec un
quatrième album studio plus dansant que
jamais. Au menu de la soirée, ils vous
livrent dix scuds parfaitement calibrés
pour faire frétiller vos jambes sur les
rythmes entraînants qui composent leur
dernière entreprise musicale. N'ayant
perdu aucun charme en dix ans
d'expérience, les Hot Chip nous
démontrent avec élégance
que la créativité, c'est leur
moteur principal. La preuve en a
été faite par le passé avec
un album studio pour les deux fondateurs Alexis
Taylor et Joe Goddard ainsi que de nombreux
remix pour des artistes confirmés. Sur
"One life stand", ils allongent les tubes
dance comme "Thieves in the night", "One life
stand", "Take it in" et "We have
love" sans oublier les ballades plus
mélancoliques que sont "Brothers",
"Alley cats" et "Slush". Plus
axé grand public qu'à son
habitude, le son 2010 des Hot Chips annoncent
une année où la dance risque de
rimer avec bon son et surtout bon goût
même si la prise de risque n'est pas la
qualité principale de cet album. "One
life stand" est donc un projet réussi
autant pour passer une soirée à la
mode qu'un bon moment de détente. Pour
plus, il faudra nettement augmenter la vitesse
de certaines plages. Avis aux DJ's...
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Yeasayer "Odd Blood"
(Mute Records)
Sorti de l'ombre en 2007 avec leur
premier essai "All our cymbals", Yeasayer
originaire de Brooklyn remet le couvert sur ce
second opus certes plus fédérateur
et accessible que le précédent. En
dix chansons seulement, ils redonnent
adroitement vie à la pop des
années '80, dans un style que l'on
baptise aujourd'hui "Weird Electronica". Une
vision électronique plutôt dansante
inspirée par la musique du monde et des
ambiances expérimentales de toutes
sortes. Dans le genre, des pièces comme
les excellents "ONE" et "Ambling
Alp" ainsi que "Love me girl", "Rome"
et le plus rock "Mondegreen" donnent le
ton. Pour le reste l'ambiance est positive et
généralement
façonnée pour les adeptes de
dance-floor à la mode. Certes
différents de "All our cymbals", "Odd
Blood" reste un album contemporain qui
donnera un magnifique coup de soleil sur cet
hiver enneigé. On enlève ses gants
et son bonnet pour apprécier à
juste mesure ce "Odd Blood" qui
mérite plus qu'une écoute
curieuse.
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Buzzcocks "A different kind
of tension" (IRS)
Souvenirs, souvenirs. En juillet 1979
sortait dans le milieu underground punk
londonien le troisième album des
Buzzcocks, "A different kind of tension".
Le dernier opus officiel avant que le groupe
explose une première fois. Ils rejoueront
ensemble pour le plus grand bonheur des fans
dès 1989. Bref, cette nouvelle
publication permet de renouer avec l'histoire du
punk grâce à un son musclé
dont sont sortis des titres de
référence comme "Mad mad Judy",
"I believe", "Paradise" et "Raison
d'être". Aujourd'hui publiée en
deux CD, cette édition nous livre en plus
une avalanche de bonus ainsi qu'une version
remastérisée pour l'album
officiel. Question bonus, ils sont plutôt
nombreux avec des démos, des morceaux
inédits et quelques raretés comme
"The drive system", "Jesus made me feel
guilt" et "Run away from home", sans
oublier plusieurs extraits du "John Peel Show"
qu'ils enregistrèrent en septembre 1977.
Ça date! Oui, mais cela résonne
encore avec beaucoup de fraîcheur à
nos oreilles. Comme quoi, le futur du Punk qu'on
se le dise c'est en 2010 que cela se passe. Un
son à redécouvrir au plus
vite...
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Sade "Soldier of love"
(Epic)
C'est avec un titre "James Bondien",
"Soldier of love" qui donne
également son nom à l'album que
Sade met un terme à dix longues
années de silence. Son dernier opus sorti
en 2000 s'appelait "Lovers rock". La
belle pose maintenant sa voix inimitable sur dix
pièces parfaitement taillées pour
son organe rendu célèbre par le
méga-tube "Smooth operator". Plus
ancré dans le genre de la ballade,
"Soldier of love" ressemble à une
promenade romantique sur une barque voguant sur
un lac baigné de douceurs. Sixième
album studio en 25 ans de carrière,
"Soldier of love" signe un retour en force
de la chanteuse qui a pris son temps pour mettre
en forme sa nouvelle pièce.
Sculptées à la main avec soin,
certaines chansons souffrent parfois d'un
travail de production trop calibré pour
être apprécié avec saveur.
"Morning bird" et "Be that easy"
font certainement partie de cette liste. Quant
aux autres, attendez-vous à les entendre
souvent à la radio dans les prochains
jours. Tout ça pour dire que la musique
de Sade est comme une madeleine de Proust et vu
l'engouement des ventes de l'album, sachez que
2010 sera sans aucun doute une année
Sade.
Hourra crieront les fans, c'est ça aussi
la nostalgie, ne prendre aucune ride...
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Wu-Tang Clan "Return of te Wu &
Friends" (Gold Dust Media)
Avant de les retrouver sur un nouvel album qui ne
verra peut-être pas le jour de si tôt, DJ
Mathematics propose une compilation inédite de
titres enregistrés par les membres du Wu-Tang Clan
entre 2000 et 2008. Soit 16 chansons qui forment une
sorte de fourre-tout entre rap commercial, chansons de
lover et gangsta-rap. Comme si le groupe nous
démontrait qu'il pouvait aborder tous ces genres
avec un savoir-faire évident. Actif depuis les
années '90, la formation originaire de Long Island
est composée de neuf MCs aux personnalités
bien trempées, on reconnaîtra RZA, GZA,
Method Man, Masta Killa et OI Dirty Bastard. Autant dire
des gens de la rue qui ont réussi à percer
dans un style qui leur est propre. On y trouve de tout,
du son urbain, du funk, des "explicit lyrics", des coups
de feu et des samples tout droit sortis de l'Enfer. Sur
ces 16 pistes, on renoue avec un son explosif qui nous
démontre que l'on a affaire à du hip-hop de
caractère. On remercie DJ Mathematics d'avoir
collecté ces raretés et de les avoir
posé sur cet album que les fans s'arracheront.
Pour nous, c'est déjà fait.
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Youri Blow "Moon rock my
soul" (Wild House Blues)
Français d'origine, il est né
à Troyes, Youri Blow démontre qu'il a
quelque chose en lui de Jim Morrison des Doors ou plus
proche de chez nous, d'un Devendra Banhart. Sa musique le
prouve. Avec "Moon rock my soul", le beau gosse
ballade sa voix rugueuse dans les contrées du
blues, là où est né le Mississippi.
Pas de doute, ce second opus transpire de maturité
et surtout de rigueur. Son approche du blues se veut
moderne avec des accents de world music comme le
démontrent ses impressions d'un périple au
Pérou qui l'a marqué jusque dans la chanson
"Fleurs du Pérou". Plus roots que jamais
son usage récurant de la dobro (guitare à
résonateur comme celle montrée sur la
pochette) nous le démontre, Youri Blow use de son
art pour nous faire voyager dans le monde de ses
rêves psychédéliques sans aucun usage
de drogue. Une prouesse qui en fait véritablement
un chanteur à voix doué d'une profondeur
qui en fera craquer plus d'une. Mais loin d'être un
séducteur invétéré, l'artiste
se veut aussi inspiré par des vents de
liberté qui l'emmènent bien loin des
contrées faciles de la musique dite de masse. Une
oeuvre à part qui mérite une fois pour
toute de sortir de l'ombre. Vive le blues sans
frontières...
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David Bowie "A Reality Tour"
(EMI/Sony)
33 titres, deux albums et une tournée qui s'est
déroulée entre 2003 et 2004, David Bowie
est de retour avec des tubes à la pelle pour cet
album "live" qui survole sa carrière. Faisant
suite à son dernier album studio en date, le "A
Reality Tour" fut certainement une période
difficile pour le chanteur et ses fans vu que celui-ci a
dû abandonner de nombreuses dates pour des raisons
de santé. Mais qu'à cela ne tienne, le Duke
est plus qu'en forme pour refaire vivre de grands moments
de musique à tous ses admirateurs. De "Rebel
Rebel" à "China Girl", il rendra
également hommage à Kurt Cobain (Nirvana)
sur le titre "The man who sold the world" et
Freddie Mercury (Queen) sur "Under Pressure". Tout
y passe de "Ashes to ashes", "Fame", "Heroes", "Ziggy
Stardust", "I'm afraid of Americans" sans oublier les
pièces issues de l'album "Reality": "New
Killer Star", "Fall dog bombs the Moon" ou encore
"The loneliest guy".
Que des souvenirs que l'on se dépêchera de
se remémorer avec beaucoup de plaisirs. Pas de
doute, dans son genre, David Bowie c'est le plus grand.
Qu'on se le dise...
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B.O. "Gainsbourg Vie Héroique"
(Universal Music)
S'il y avait bien un album que tous les fans de
Serge Gainsbourg attendaient avec une certaine impatience
c'est celui du film de Joann Sfar, "Gainsbourg Vie
Héroique". Le résultat est à la
hauteur avec pas moins de 43 titres pour un double album
qui respire à pleins poumons l'ambiance du film.
En effet, de nombreux extraits de la bande son reviennent
avec la reprise de grands standards
interprétés par les acteurs
eux-mêmes: Eric Elmosnino, Laetitia Casta, Sara
Forestier ou encore Anna Mouglalis. Mais, on notera
également la participation d'artistes tels que
Dionysos sur "Nazi Rock", Nosfell sur "Love on
the boat", K2R Riddim avec une excellente reprise de
"Aux armes et Caetera" ainsi que le duo
formé pour l'occasion par Jeanne Cherhal et Emily
Loizeau sur la pièce "Qui est "in" qui est
"out"". Notons que Joann Sfar s'est également
fait plaisir en s'offrant le titre "J'ai rendez vous
avec vous". Question chansons originales, on nous
réserve tout de même quelques oeuvres cultes
comme "Je t'aime moi non plus", "L'Hippopodame" et
"Valse de Melody". Vous l'aurez compris, cette
B.O. supervisée par Olivier Daviaud rend
véritablement hommage à l'artiste qui
s'efface ici pour laisser chanter les acteurs qui
racontent sa vie avec talent et surtout
sobriété. Deux mots que l'on pourra
également apposer à cette oeuvre qui sort
du lot.
Les fans se régaleront...
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Circum Grand Orchestra "Le ravissement"
(Circum-Disc)
À la fois guitariste et "conducteur " d'orchestre,
Olivier Benoit fête avec "Le ravissement"
les dix ans de son projet Circum Grand Orchestra. Au
programme de son second CD, on découvre 14
morceaux bercés de jazz et exclusivement
instrumentaux. Libre dans son approche, le musicien
explore le genre avec grâce et surtout beaucoup de
pertinence et de sagesse. La preuve en est faite avec de
nombreuses improvisations venues de ses amis de studio
qui enrichissent l'atmosphère avec l'apparition
ici et là d'une trompette, d'un sax, d'une
clarinettes, d'un piano, de guitares, de basses, de
contrebasse et même de la batterie qui souligne
l'ensemble d'un rythme soutenu. En plus d'une heure, la
formation démontre qu'en matière de jazz,
ils connaissent la chanson. Certes destiné
à un public de connaisseurs, "Le
ravissement" est avant tout un album coloré et
lyrique à la fois. Du travail de professionnel
pour tous ceux qui aiment vraiment ça. Ils en
redemanderont!
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OK Go "Of the blue colour of the sky"
(Capital Records)
Depuis leur début à Chicago en 1998, Ok Go
se démarque par un style bien à part dans
l'univers balisé du pop-rock américain. Pas
de doutes, avec leur look décalé, le groupe
a rapidement compris que la musique, c'est aussi et avant
tout l'image. C'est donc avec de nombreux clips
vidéo remarquables que le groupe est sorti de la
cave. Résultat des courses, ce troisième
album studio qui fera une nouvelle fois parler de lui par
les amateurs du genre. En treize titres, la bande
à Damian Kulash donne le ton avec "WTF" qui
ouvre l'album tout en lui servant de premier simple.
D'entrée de jeu, on remarque que le son est devenu
plus pêchu et électro dans son approche
même si l'énergie n'est pas absente de
pièces comme "Needing Getting" et "White
Knuckles" et ses accents princiers en
référence au chanteur Prince des
années '90. Dans l'ensemble, OK Go peut se languir
d'être un groupe à la mode comme l'a
démontré la pièce "Shooting the
moon" présente sur la B.O. de la saga
"Twilight". Mais pas de caricature d'un groupe
à midinettes ici, OK Go prend sa carrière
au sérieux comme nous le démontrent les
morceaux "Skyscrapers" et "End Love" qui
valent à eux seuls le déplacement. Bonne
route, les gars...
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"We wish you a Metal Xmas and a headbanging New
Year" (Armoury)
Si vous estimez que la fête de Noël
2009 était trop peu rythmée à votre
goût, c'est que vous êtes passé
à côté de la sortie de l'album "We
wish you a Metal Xmas and a headbanging New Year". En
effet, ici on retrouve la crème du mouvement metal
venu avec leurs guitares et batteries pour chanter
à leur manière une ode à Noël.
Les grands standards sont de la partie avec des
pièces telles que "We wish you a Merry Xmas",
"Little drummer boy" ou encore "Santa Claws is
coming to town" interprétés par des
stars comme Alice Cooper, Ronnie James Dio (Black
Sabbath), Dave Grohl (Nirvana, Foo Fighters), Chuck Billy
(Testament), Tim 'Ripper' Owens (Judas Priest), Scott Ian
(Anthrax), Stephen Pearcy (Ratt), Joe Lynn Turner (Deep
Purple), Steve 'Lips' Kudlow (Anvil), Dez Fafara (Coal
Chamber, DevilDriver), ainsi que Doro Pesch (The Beast)
qui incarne l'âme féminine du projet. Soit
16 plages baignées d'énergies et de
saturations en tout genre pour débuter
l'année avec beaucoup d'énergie et surtout
d'originalité. Idéal pour sortir des
poncifs d'une fête qui commence parfois à
sentir la naphtaline. Là-dessus, encore une
excellente année musicale à tous...
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Etron "A world of nerds" (A
Dark Dog Records)
Le duo bruxellois d'Etron revient sur le devant de
la scène avec son treizième album sous les
bras. Soit dix chansons rock qui balancent entre
poésie des textes et un son qui
déménage. Même si le groupe n'est pas
forcément connu des masses, Etron a su s'offrir
les services d'une pointure dans le domaine de la
production, Steve Albini. L'homme qui est aussi
derrière Nirvana, The Pixies et P.J. Harvey.
Ensemble, ils ont choisi un studio à Chicago pour
enregistrer un album qui a du caractère pour ne
pas dire de la bouteille. En quelques écoutes
seulement, la musique d'Etron vous rendra fort
sympathique et vous donnera même des airs
intelligents. Pas de doute, le mot indépendant est
un gage de qualité quand il s'agit de rock. On
fait fi de la pochette et on découvre rapidement
ce groupe qui finalement ne mérite pas son nom
même s'il leur a porté chance. Comme quoi,
marcher dans la m... ça peut aider ;-)
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Vampire Weekend "Contra"
(XL Recordings)
Les Vampire Weekend défrayèrent la
chronique en 2008 où paraissait leur premier opus
éponyme qui rafla d'entrée de jeu l'Award
du meilleur album de l'année. C'est dire qu'on les
attendait au tournant. Mais pas de tournant dans ce
cas-ci vu que le groupe a préféré
avancer tout droit, dans la continuité, comme on
dit. Le résultat se traduit par cette entreprise
sans véritable surprise même si la
qualité y est. Toujours fidèle à
leur style hybride variant entre pop ("Giving up the
gun"), électro ("Taxi cab"), rythmes
tribaux ("Holiday"), latin ("Cousins"),
afro ("White sky") et même reggae sur
"Diplomat's son", le quatuor new-yorkais livre un
second opus plus qu'honnête même si la
fraîcheur n'est pas vraiment de la partie. Tant
pis, "Contra" ne sera pas l'album de
l'année 2009. Cela ne nous empêchera pas de
nous ravir les oreilles avec ces dix pièces
agréables et réussies malgré tout.
Espérons maintenant qu'ils se lâcheront
beaucoup plus sur le prochain essai...
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Snoop Dogg "Malice N Wonderland"
(EMI)
Présenté très officiellement par le
clip "I Wanna rock", "Malice N Wonderland", le
10ème opus studio de Snoop Dogg renoue avec la
"cool attitude" qui a tant fait sa réputation
à travers le monde. Un petit plus pour les uns,
valeur sûre pour les autres, pas de doute, avec
Snoop, on sait à quoi s'attendre vu que tous ses
albums se ressemblent. Que ce soit dans la façon
de faire ou de chanter, "Malice N Wonderland" est
dans la droite ligne des numéros
précédents. Entre gangsta-rap et morceaux
sexy, le rappeur du East-Side nous parle de violence, de
sexe, de drogue, du star-system et surtout du principal,
de l'art de faire la fête. Les morceaux se suivent
sur des rythmes guerriers ("1800", "Pronto"...),
sexy ("Different languages", "Special"...) sans
oublier le clin d'oeil d'une intro qui présente
l'album avec la voix du propre fils du rappeur.
Finalement, rien ne change chez Snoop Dogg et c'est tant
mieux. Reste donc un album plus qu'agréable pour
peu qu'on aime le style répétitif du plus
cool des rappeurs venus des States.
Pour finir en beauté, faites-vous une impression
en écoutant les nombreux extraits du projet sur sa
page Myspace.
Cela vaut le déplacement.
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Rihanna "Rated R" (Def
Jam)
Après avoir longtemps fait la une des
tabloïdes, Rihanna revient sur le devant de la
scène avec un nouvel album baptisé
"Rated R". Loin des airs qui lui ont donné la
gloire comme "Umbrella", ce projet regorge de
morceaux plus calmes surfant sur une pop
légèrement dépressive ou même
des ballades R&B plus classiques. Annoncé
par "Wait your turn" et "Russian roulette",
ce CD s'attarde beaucoup sur ses mauvaises
expériences de violences conjugales avec des
pièces comme "Cold Case Love" et "What
you did to me was a crime". Heureusement, quelques
chansons plus "dance" viennent égayer
l'atmosphère avec entre autres "Hard" et
"Rude Boy", sans oublier "The last song" qui
clôture l'essai avec un jeu de guitare rock que les
fans apprécieront certainement. Pas de doute, ce
quatrième opus studio est un album plombé
par de très mauvais souvenirs. Espérons
maintenant que la belle tire un trait sur sa relation
mouvementée avec Chris Brown afin de nous donner
de bons moments sur les pistes de danses. Car, pour les
larmes, ça suffit maintenant!
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Beehive "Sun and Scream"
(Auto produit)
Avec son nouvel album, Zack Hinkle, leader des
Beehive, démontre que c'est derrière ses
platines qu'il se sent le plus à l'aise. En neuf
titres, sa formation d'electro-pop survole divers
registres allant de l'ambiant au disco en passant sans
peine par une panoplie d'expériences sonores plus
que réussies. Sorte de voyage initiatique dans une
ville moderne, ils sont originaires de New York, "Sun
and Scream" vous propose une écoute reposante
qui aura tout du contraire du monde dans lequel on vit.
Les atmosphères sont à la fois paisibles et
aériennes alors que des pièces comme
l'hypnotique "Brearhing the bad smoke", le plus
sautillant "Mirror Mirror" et la ballade
électronique "Department store hangover"
sortent du lot. Bref, une entreprise originale qui
supporte même plusieurs réécoutes.
C'est déjà pas si mal pour un groupe que
personne connaît.
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Norah Jones "The Fall" (
Blue Note Records)
"The Fall" signe un léger virage
dans la carrière de Norah Jones. En 13 chansons,
la chanteuse aborde différents genres qui louchent
du côté de la pop, du blues ou de la
ballade. Fini donc les connotations jazz pour Norah Jones
qui expérimente une première collaboration
avec des artistes et producteurs confirmés tels
que Ryan Adams, Jacquire King et Okkervil River's Will
Sheff. Cela s'entend. Les pièces "Light as
feather", "Young blood", "I wouldn't need you" et le
plus rock "It's gonna be" sont là pour
prouver aux fans que la belle sait se renouveler dans une
atmosphère qui donne à ses textes une
énergie plutôt positive. Parfaitement
encadrés, les titres de "The Fall" sont
parfois trop travaillés pour nous émouvoir.
Un petit défaut qui séduira les amateurs de
ballades astiquées tout en laissant les autres
indifférents. Mais qu'à cela ne tienne,
l'hiver sera agréable auprès de Norah
Jones. Qu'on se le dise.
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Stash "All that fire!"
(Diva
Records)
Dire que les gars de Stash sont belges d'origine
ne sert à rien tant leur rock aux accents de pop
sonne comme un véritable groupe venu des States.
Avec leur troisième album studio après
"Rock'n Roll show" (2005) et "Blue Lanes"
(2007), les membres de Stash appuient encore plus nos
dires. Dans un anglais sans accents, s'il vous
plaît, ils interprètent onze chansons qui
fleurent bon l'air frais d'une plaine du Far-West comme
nous le démontrent des ballades comme "All that
fire", "Mrs. Jones" et "Hope she'II be
happier". Pour le reste l'album est dans la
même veine avec tout de même quelques
pièces plus pop telles que "Walk in the sun",
"Don't be fooled" et "Whisper something".
Autant dire que les efforts sont à la hauteur dans
cet album que l'on pourra facilement placer dans la
continuité pour ne pas dire l'amélioration.
Désormais, le rock/pop international pourra
compter avec les Stash qui ont finalement réussi
leur conversion vers un rock sans frontières. Et
tout ceci n'est pas une blague à la Belge. Gardez
la frite, les gars...
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Mötley Crüe "Greatest Hits"
(Universal Music)
Dans l'histoire du rock dit "hard", on croise au
détour d'une rue sombre les Mötley Crüe,
quatre garçons qui ont surtout abusé des
filles et des drogues plutôt que de la musique. De
leur carrière restent surtout une attitude et
quelques titres pas forcément marquants comme nous
le démontre ce "Greatest Hits" qui aura
pour certains des saveurs de "madeleine" de Proust. Avec
des titres comme "Shout at the Devil" et "Wild
Side", le groupe démontre que le slogan "sexe,
drogue et rock n' roll" n'a pas encore du plomb dans
l'aile. Mais de là à voler très,
haut, il y a une marche qui vient d'être franchie.
Espérons maintenant que ces vieux papys n'auront
pas besoin d'une canne en "metal" pour se déplacer
lors des concerts à venir...
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General Elektriks "Good city for dreamers"
(Discograph)
Esprit funky, sons à l'ancienne,
hybridation sonore et autres utilisations abusives
d'antiques claviers, tels sont les ingrédients de
ce "Good city for dreamers", un album venu d'une
autre galaxie découverte par cet expatrié
français vivant à San Francisco,
Hervé Salters. En douze pièces, il
démontre qu'aujourd'hui encore on peut enregistrer
un album où rien n'est à jeter. Sorte
d'OVNI venu d'ailleurs, "Good city for dreamers"
surfe principalement sur une base funky bercée par
des effets de synthés
récupérés dans les caves du
grand-père, sans oublier l'approche qui se veut
généralement sans aucune entrave. Cette
liberté de ton, Hervé Salters l'utilise
principalement pour nous faire danser sur des rythmes
accrocheurs comme ceux de "Helicopter", "Little lady",
"Mirabelle Pockets" et l'hypnotique "Cottons of
inertia". Attendez-vous à un album qui aura
rapidement sur vous l'effet d'une drogue. Sur ce, je me
le repasse. Hummmm!!!
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Wyclef Jean "From the Hut, to the Projects, to
the Mansion" (R.E.D.
Distribution)
L'esprit guerrier et fusion sont de rigueur pour
cette première collaboration réussie entre
Wyclef Jean des Fugees et DJ Drama. En 17 morceaux, le
duo explore l'art de la rue avec un rap rigoureux
emporté par un flow musclé à
souhait. La preuve en est faite avec des pièces
telles que "Warrior's Anthem", "Gangsta girl" en
duo avec Lil' Kim, et "More bottles" avec la
présence de Timbaland, sans oublier "Slumdog
Millionaire" qui servira également de
décor sonore au film de Danny Boyle. Pour le
reste, "From the Hut, to the Projects, to the
Mansion" est un album typé à souhait
avec ses textes qui parlent de la vie de la rue, des
combats quotidiens et surtout de rédemption. La
porte de sortie n'est pas loin pour les bad boys qui
rêvent encore de jours meilleurs. Un style agressif
qui plaira d'office aux amateurs de rap guerrier et de
hip-hop à caractère.
Qu'on se le dise, Wyclef Jean a de qui tenir...
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Radiosofa (Porc-épic)
Alors qu'ils annoncent très officiellement
la sortie de leur second album studio pour la fin 2010,
les membres de Radiosofa s'offrent un intermède
musical original avec ce Maxi trois titres prometteur.
Après avoir officié en tant que quatuor, le
groupe a fait appel à un nouveau guitariste pour
étoffer un peu la chose. Le résultat est
donc concluant pour ce Maxi qui donne le ton pour la
suite de l'aventure. Dans une mise en forme plus
revendicatrice, les nouvelles chansons de Radiosofa
respirent un esprit de liberté qui fait du bien au
rock dit français. Que ce soit "Les masques",
"Hiroshima" ou "Les portes" chanté en
duo avec Da Silva, ce projet démontre que la
formation n'a pas à rougir devant la concurrence.
On s'en doutait déjà après
l'écoute de leur premier album éponyme
sorti en mars 2007 chez PIAS. À noter
également la section bonus qui comprend
l'excellent clip "Les portes"
réalisé par Ludovic Plourde, sans oublier
la production de l'ensemble qui revient à Antoine
Gaillet vu chez Julien Doré, Arman Mélies
et Bazbaz. Cela promet pour la suite...
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Foo Fighters "Greatest Hits"
(RCA Records)
Voici pour la première fois dans la
carrière des Foo Fighters un album qui compile
leurs meilleurs titres. Formé par Dave Grohl dans
les années '90 à la suite du
décès de Kurt Cobain qui signait la fin de
Nirvana où il officiait au poste de guitariste et
voix, Foo Fighters enregistra six albums entre 1995 et
2007. Le but de l'exercice étant de ne choisir que
14 extraits représentatifs ainsi que deux
inédits avec "Wheels" également
premier simple extrait du projet et "Word
Forward". À ce propos, ces deux pièces
sont certainement ajoutées à l'entreprise,
histoire de ne pas trop léser les fans qui on s'en
doute détiennent tous leurs albums. Pour les
autres, ce "Greatest Hits" servira d'excellent
marchepied pour découvrir ce groupe qui ne laisse
pas indifférent. Pas de doute, l'esprit rebelle
est de la partie avec cet album que finalement tout le
monde devrait avoir dans sa collection. Enfin, je dis
ça pour les vrais passionnés de musique et
non les boulimiques qui l'ingurgitent comme un produit
dit de masse. Bref, modérez votre faim et savourez
ce "Greatest Hits" qui mérite bien son nom.
Bon appétit!
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