
"Freaks" de Tod
Browning
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L'histoire
du fantastique et de l'épouvante au
cinéma
2. Les
années 30-40: Dracula, Frankenstein, Dr.
Jekyll et les autres...
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Place aux acteurs
Les années avancent
et ne se ressemblent pas. Le cinéma muet laisse
tout doucement sa place au parlant. L'expressionnisme
allemand est sur sa fin. Le film "Vampyr" (1931)
de Carl T. Dreyer, mêlant réel et
imaginaire, religion et mysticisme, sera la
dernière oeuvre d'envergure du mouvement.
En France, les années '30 donneront le jour au
film surréaliste de Jean Cocteau, "Le sang d'un
poète" (1930). Suivront dans les
années '40 des films fantastiques dominés
par le poétique comme "Les visiteurs du soir"
(1942) de Marcel Carné, "La main du
diable" (1942) de Maurice Tourneur, "La belle et
la bête" de Jean Cocteau et "La
beauté du diable" (1949) de René
Clair. Notons que dans chacun de ses films, les acteurs
apportaient vraiment une grande part au film, sans pour
cela dénigrer le travail du réalisateur, du
scénariste et des autres. René Clair
mettait en scène Michel Simon et Gérard
Philippe, Cocteaux leur préférait Jean
Marais, et Carné avait Arletty.
Aux Etats-Unis, et
même en Angleterre, la censure interdira des films
comme "Freaks" (1932) de Tod Browning ou
"L'île du Docteur Moreau" (1932) d'Erle C.
Kenton. Celle-ci ira même jusqu'à
créer un code de moralité dirigé par
les grandes compagnies comme la Fox, qui imposeront leurs
règles aux scénaristes et
réalisateurs. Heureusement, les studios Universal
s'empareront des démons du Vieux Continent pour
les adapter au grand écran. Une période
fructueuse qui laissera en plus de nombreux films de
momies, de vampires, et autres bêtes nocturnes et
maléfiques, une marque indélébile,
celle des acteurs qui interprétèrent les
méchants de service: Lon Chaney qui ira
jusqu'à se martyriser le corps pour être
plus réaliste; Bela Lugosi à qui faisant
référence Tim Burton dans "Ed Wood";
et Boris Karloff à jamais associé au
monstre qu'il interprétait dans "Frankenstein"
(1931) de James Whale et dans des dizaines d'autres.
C'était le temps des "Dr Jekyll et Mr. Hyde"
(32) de Mamoulian; de "La fiancée de
Frankenstein" (35) et de "L'homme invisible"
(33) de Whale; de "Dracula" (31), de "Freaks"
(32), de "La marque du vampire" (35) de Tod
Browning; du "Double assassinat dans la rue Morgue"
(32) de Robert Florey; de "King Kong" (33)
et "Dr. Cyclope" (40) de Schoedsack; du
"Magicien d'Oz" (39) et du "Dr. Jekyll et Mr.
Hyde" (41) de Victor Fleming; et du "Portrait de
Dorian Gray" (45) de Levin. Des films qui valent
tous un petit détour.
Chacun
donnait sa version des grands mythes qu'ils
parlent de vampires, de momies, de loup-garou et
autres légendes du fantastique,
n'hésitant pas à y inclure de
nombreuses suites comme pour Frankenstein avec
"Frankenstein" (31-Whale), "La
fiancée de Frankenstein" (35-Whale),
"Le fils de Frankenstein" (39-Lee) et
"La maison de Frankenstein" (44-Kenton).
Et cela ira même jusqu'à ce que
"Frankenstein rencontre le loup-garou"
(43-Neil), où Bela Lugosi se retrouvera
en face de Lon Chaney Jr., fils de Lon Chaney,
qui a suivi les traces paternelles.
Notons aussi
"Le chat noir" (34) d'Edgar George Ulmer
qui réunit Karloff et Lugosi à
l'écran, "Les Mains d'Orlac" (35)
de Karl Freund qui introduit l'idée de la
main tueuse, "La féline" (42) et
"L'homme Léopard" (43) de Jacques
Tourneur, et le premier film fantastique
à sketches, "Au coeur de la Nuit"
(45) composé de cinq récits
réalisés par quatre
réalisateurs différents.
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"La fiancée de
Frankenstein" de Whale
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Si les films
fantastiques avaient déjà un grand pied
dans le cinéma, l'épouvante quant à
elle a pris lentement naissance dans les années
40-50. Dans les prochaines années, celle-ci sera
encore plus exploitée, proposant au fur et
à mesure du temps des films de plus en plus
effrayants et sanglants. Mais ça, c'est pour plus
tard.
(A suivre)
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