
Le cauchemar de Dracula
(1957) de Terence Fisher avec Christopher Lee
dans le rôle de Dracula
|
L'histoire
du fantastique et de l'épouvante au
cinéma
3. Les
années 50: Naissance de deux
incontournables, au Japon Godzilla & Co
attirent les foules et en Angleterre, c'est la
Hammer Films qui sort son épingle du
jeu
|
En 1938, un
certain Orson Welles ("Citizen Kane",...) avait lu
de façon tellement réaliste "La guerre
des mondes" de H.G. Wells à la radio qu'il
déclencha la panique sur tout le territoire
américain. Certains aéroports ont
été pris d'assaut par les auditeurs qui ont
pris son récit pour argent comptant. Au
cinéma, il faudra attendre les années '50
pour que la science-fiction soit grandement
exploitée. Métaphore du conflit qui les
oppose dans une guerre froide contre l'URSS, les films de
science-fictions mettent en scène de vilains
extra-terrestres dont les plans seront
contrecarrés par une armée victorieuse.
Parmi ceux-ci notons "Le jour où la terre
s'arrêta" (1951) de Wise, "La chose d'un
autre monde" (51) de Hawks, "La guerre des
mondes" (1952) de B. Hawkin, "L'invasion des
profanateurs de sépultures" (1955) de Siegel,
et "Planète interdite" (1956) de Wilcox.
C'est l'époque aussi de la première
histoire où un homme se transformera en mouche
avec "La mouche noire" (58) de Neuman.
Sur un autre continent, au Japon pour être exact,
qui est le seul pays à ce jour touché par
une bombe atomique pendant un conflit, ces mêmes
années 50 donneront naissance à des films
de grands monstres, des animaux gigantesques qui ont subi
une mutation suite à une exposition
prolongée aux rayons radioactifs. Ces films peu
appréciés ailleurs auront un succès
"monstre" avec bien sur le fameux "Godzilla" (54)
de Inoshino Honda. Suivront "King Kong contre
Godzilla" (63), "Mothra" (61) et "Co"
du même réalisateur.
Des films de papiers mâchés avec des
décors en cartons, et des monstres
interprétés par des hommes sous les
costumes, un genre qui servait plus à exorciser
les atrocités de la bombe et qui finalement
devinrent culte par leur facture plutôt kitsch.
Du côté de
l'épouvante, l'arrivée de la couleur
marquera un vrai départ pour le genre. Si les
années 50 seront riches, les années 60
seront merveilleuses avec entre autres "Les Oiseaux",
"Rosemary's Baby" ou encore le grand-père du
gore, "2000 Maniacs". Mais revenons aux
années 50 qui verront naître la Hammer Films
qui bouleversera le cinéma d'angoisse. Compagnie
britannique qui débuta avec des séries B
d'aventure, puis de science-fiction avec "Le Monstre"
(55) de Val Guest, elle aborde l'épouvante
avec "Frankenstein s'est échappé"
(1957). Le studio redonne ses lettres de noblesse
à l'histoire originale, cédant plus
d'importance au personnage du docteur
interprété ici par Peter Cushing.
Derrière le masque de la créature, on
retrouve Christopher Lee qui n'est qu'un instrument de la
soif d'ambition du professeur Frankenstein. Suivront,
"La revanche de Frankenstein" (58), et en 66,
"Frankenstein créa la femme". La Hammer
s'attaquera aussi au mythe de Dracula avec "Le
cauchemar de Dracula" (1958) et à celui de la
momie avec "La malédiction des pharaons"
(59) où Peter Cushing et Christopher Lee jouaient
cotes à cotes. Mais la Hammer a encore de beaux
jours devant elle, elle fera de ses films et de ses
acteurs, des passages obligés dans l'histoire de
l'épouvante...
En France, deux films se
démarquent du lot, "Les Diaboliques" (55)
de Henri-Georges Clouzot avec Simone Signoret et
l'étrange "Les yeux sans visage" (59) de
Georges Franju. 1959 est aussi l'année de la
meilleure adaptation de l'histoire de Jack l'Eventreur
réalisé par Monty Baker et Robert S.
Berman.
Les années 60 sont à nos portes. Elles
solidifieront le génie de la Hammer mais verront
aussi les psychopathes de toute sorte
débarquer...
(A suivre)
|