"The Ugly" de Scott Reynolds
L'histoire du fantastique et de l'épouvante au cinéma



8. Les années 90:
Pendant que certains nous en mettent plein la vue avec des effets spéciaux, de jeunes réalisateurs apparaissent ici et là avec de petit bijou plein de personnalité

 
Après des films comme "2001, l'odyssée de l'espace" (68), "La guerre des Étoiles" (77), "Tron" (82) ou encore "Jurassik Park" (93), les grandes majors ont su faire des effets spéciaux un atout majeur qui pouvait tout leur permettre. Malheureusement, à trop miser sur des effets spéciaux époustouflants, elles en oublient la trame du film. Les scénarii sont souvent légers et peu originaux. En plus de faire des suites et des remakes, on se tire dans les pattes en sortant au même moment des films sur le même sujet ("Volcano" - "Le Pic de Dante"). Dans cette catégorie, on pourrait citer "Batman et Robin" (97) ou le remake de "L'Ile du docteur Moreau" (96) de Frankenheimer. Du coup, parallèlement à ça, les petites productions à quatre francs cinquante ou des films plus personnels vont attirer les cinéphiles et les amateurs des films de genre. Parmi ceux-ci, on pourrait parler du phénomène "Blair Witch Project". Sans effets spéciaux et sans grands moyens financiers, cette petite oeuvre, filmée à l'épaule, rencontrera le succès que vous connaissez déjà. Certains diront que le Site Internet du film n'est pas étranger au phénomène.

Dans un genre plus fantastique et quelques années plutôt, deux Français démontrent qu'ils ont une vision décalée, qu'ils savent eux aussi maîtriser de bons effets spéciaux tout en ne dénigrant pas leur scénario. Avec "La cité des enfants perdus" (1995), Caro et Jeunet démontrent qu'ils sont des réalisateurs incontournables. Un autre Français envahit le monde avec "Le Cinquième élément", une fable futuriste aux effets spéciaux et au graphisme subjuguants. Luc Besson trouvera ailleurs la reconnaissance qu'il ne recevait pas chez lui pour "Nikita", "Subway",... Et c'est vrai que si les productions "made in USA" ont eu leurs années de gloire, aujourd'hui elles ont besoin d'un nouveau souffle et pour cela elles regardent ce qui se fait ailleurs ou invitent des Français, des Japonais, des Hollandais à venir chez eux. Parmi ces derniers, on pourrait parler de Paul Verhoeven qui réalise entre autres une parodie très Ken et Barbie dans l'espace avec "Starship Troopers" (98). Sans oublier l'incontournable Roland Emmerich à qui l'on doit le controversé "Independance Day" (96) ou encore le merveilleux "Stargate". Les films les plus réussis sortent souvent de l'imagination de réalisateurs à forte personnalité comme Tim Burton avec "Edward aux mains d'argent" ou "Mars Attack!" On pourrait dire de même pour Alex Proyas réalisateur d'une fable gothique, "The Crow", qui remit ça avec un autre film, "Dark City" (97). Pendant que certains réalisateurs filent vers Hollywood se faire dévorer, que d'autres réussissent de bons films même là-bas, un jeune espagnol refuse l'invitation qui lui est faite, préférant rester chez lui. Après un premier succès choc sur les snuff-movie avec "Tesis" (96), Alejandro Amenabar réédite son exploit avec un thriller futuriste, "Abre Los Ojos" , démontrant ainsi que l'avenir se fera avec lui. En Nouvelle-Zélande, Scott Reynolds réalise un premier film réussi avec "The Uggly", un portrait d'un serial-killer.

L'environnement et le destin des hommes sont de plus en plus au goût du jour que ce soit pour "Gattaca" d'Andrew Niccol où vos gènes décideront pour vous, ou pour "Habitat" de René Daalder, et "Epsilon" de Rolf De Heer qui vous promettent un avenir peu joyeux si vous n'arrêtez pas de polluer la Terre.
Dans le monde de l'épouvante, Wes Craven revient montrer qu'il peut une fois encore renouvelé le genre en livrant un film d'initié qui en plus de proposer un tueur au couteau filme des victimes faisant souvent référence à l'histoire du film d'horreur. Pendant qu'il réalise lui-même "Scream 1, 2 et 3", de nombreux réalisateurs suivent le mouvement avec des films très ados.
Comme ils nous ont jamais vraiment quittés, les vampires, eux aussi, reviennent en masse que ce soit avec "Entretien avec un vampire" de Neil Jordan, "Dracula" de Coppola, "From Dusk Till Down" du mexicain Roberto Rodriguez.
Dans un tout autre genre, très gore et série B, il ne faudra pas oublier les studios Troma et Lloyd Kaufman à qui l'on doit "The Toxic Avenger", "Tromeo & Juliet", et quelques films qui s'attirent les faveurs de certains fanatiques.

A l'aube de l'an 2000, le cinéma de genre est aussi devenu un cinéma grand public, mais, comme au tout premier jour, les petites perles ne sont pas spécialement les films qui ont le plus grand budget ou dont on parle le plus.
Dans l'avenir le fantastique aura déjà un visage, celui du film de Peter Jackson ("The Frighteners") inspiré du roman fleuve de Tolkien, "Le Seigneur des anneaux". Un film qui connaît déjà plus de succès via son site Internet que le prochain Star Wars. Mais l'avenir sera aussi surprenant grâce à des jeunes réalisateurs qui ont souvent plus de pêche que leurs aînés.
(Affaire à suivre même si ici elle se termine par le mot FIN)

 


L'histoire du fantastique et de l'épouvante au cinéma


1. Les origines ou le cinéma muet (1895-1929)
2. Les années 30-40: Dracula, Frankenstein, Dr. Jekyll et les autres...
3. Les années 50: Naissance de deux incontournables...
4. Les années 60: espace, sang, vampires et serial killer
5. Les années 70: Musique, effets spéciaux et diversité
6.Les années 80: Du fantastique, de l'horreur et du gore à profusion, traités de toutes les façons ...
7. Les années 80 (2ème partie)


Bibliographie




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