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"Maison
de mon rêve"
Cocorosie
à la ville
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Amérique,
terre de tous les contrastes. L'idée n'a rien de
nouveau et se vérifie sur scène. Quand
l'une de ses plus vaillantes représentantes
envahit la halle Tony Garnier de Lyon pour un show
explosif et trémoussant, d'autres se contentent de
briller dans une petite salle, livrant un concert presque
privé, tout en intimité et
discrétion. Ces deux enfants d'outre-Atlantique,
ce sont Bianca et Sierra Cassidy, alias Coco et Rosie,
"Cocorosie" en un mot, qui viennent de sortir la
"Maison de mon rêve" sur Touch and go
records.
Les deux soeurs arrivent de
New York avec leurs jouets, leur piano, leur harpe, leur
guitare... et leur maison en effet. Elles se sont
laissées découvrir un lundi soir, dans une
prestation certes un peu courte, mais suffisante pour
pénétrer leur univers. Celui qui a fait de
nous de grands enfants nostalgiques de sonorités
et émotions d'antan. Ici, des oiseaux, un coq ou
un âne; là, les bruits mémorables de
ces jeux de société avec piles et
lumières quand on appuie dessus. Quand ce n'est
pas une sonnerie de téléphone ou un
appareil électroménager... Bienvenue
à la maison!
L'enfance, l'adolescence,
l'âge adulte. La religion, le sexe, la famille. Le
monde rural et le monde urbain... Autant de thèmes
suggérés par les deux femmes, à la
mélodie pas si fragile. Parcourue de ces
instruments improvisés, transistors, boîtes
à rythmes bricolées et de ceux, plus
nobles, qui ajoutent leur maîtrise à la
candeur originelle de la musique délivrée
par les deux soeurs: une harpe, un piano et cette guitare
que seule Rosie semble avoir le droit de toucher. Rosie
la brune, plus âgée que Coco la blonde, qui
pendant le concert, couvre sa cadette de son regard
bienveillant et protecteur. Coco, elle, tourne la
manivelle de ses boîtes à sons, fredonne les
textes de sa voix minaudante et enfantine. Rosie la suit
avec le timbre de la femme plus mûre, empruntant de
temps à autre à l'opéra et aux
divas... Complémentaires, assurément. Le
mélange fonctionne, entre folk et pop, rythmiques
classiques et intrusions bruitistes.
Ecrit et
enregistré en 2003 dans une chambre de
bonne à Paris, "La Maison de mon
rêve", en digne héritier de la
lignée low-fi, capte et reproduit tous
ces petits bruits quotidiens si familiers, ainsi
que notre environnement, social comme sensuel...
Moelleux et très
cinématographique, le monde de Cocorosie
se révèle délicieusement
rétro. La poésie des deux femmes
fait le reste. Et le charme de leur album, tout
en douceur et innocence.
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