Das
Experiment
Une première
oeuvre violente ouvrant certaines portes de l'esprit
humain
Vingt hommes aux
personnalités dissemblables acceptent de
participer à une expérience contre un
salaire aguicheur. Les scientifiques qui seront là
pour les observer choisissent huit d'entre eux qui
joueront les rôles des gardiens. Les autres seront
incarcérés et devront se mettre dans la
peau des prisonniers. Ils auront des règles
strictes à observer. Les gardiens devront y
veiller. Après des débuts joyeux, un
incident les obligera à prendre leurs personnages
au sérieux...
Après un
succès d'estime dans son pays d'origine,
auréolé par de nombreuses
récompenses, "Das Experiment" part pour le
Canada où là aussi il est gratifié
d'un "Best Director" au Montréal World Festival.
Un bon coup pour son réalisateur, Oliver
Hirschbiegel, qui est à son premier essai pour le
cinéma après une carrière
déjà réussie à la TV
allemande ("Go!Projekt"...). C'est quand il tombe sur le
livre de Mario Giordano, "Black Box Experiment", qu'il
voit devant lui le récit idéal pour ses
débuts sur grand écran. L'écrivain,
après des études en psychologie, s'est
inspiré pour son ouvrage d'une expérience
organisée à Stanford plusieurs
années plus tôt. Il acceptera de travailler
le scénario du film. L'acteur, bien connu en
Allemagne, qui fait courir Lola dans "Lola Rennt", Moritz
Bleibtreu hérite du rôle principal bien
avant que le scénario soit terminé. Une
bonne prémonition puisque dès lors Oliver
Hirschbiegel n'aura plus aucune difficulté
à clôturer son projet.
Grâce à un
intérêt certain pour la photographie, le
réalisateur filme cet univers clôt avec un
oeil assidu aux ambiances et décors. Avec une
certaine violence, il démonte à
l'écran les origines qui font des gens paisibles
de cruels guerriers en temps de guerre. Comme le travail
du scénariste, qui reste assez proche de son livre
dans la psychologie des personnages, parait totalement
plausible, on est emporté dans ce "reality show"
qui ira en s'empirant jusqu'à la fin.
Une oeuvre qui devrait
aguicher un large public qu'il cherche un divertissement
angoissant ou une aventure psychologique. Aucun discours,
aucun effet spéciaux, juste une certaine
réalité qui peut donner froid dans le dos,
surtout si l'on n'a jamais abordé ce thème.
L'homme est-il vraiment cette machine folle qui peut se
détraquer quand il a en face de lui les bons
électrons?
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