Première partie:

"Flash-back"


Le cinéma apparaît pour la première fois au Québec en 1896. A Québec, la première représentation du Cinématographe Lumière a lieu le 30 septembre 1896, dans le quartier Saint-Roch, au Labyrinthe, qui était apparemment une sorte d'établissement d'attractions, un ancêtre des arcades . On montre des films comme L'arrivée d'un train , Charge de cavalerie , Démolition d'un mur , Sortie en mer . *

Bien que les premières représentations datent de 1896, le démarrage du cinéma québécois est marqué par un retard de près de trente ans par rapport à la France et aux Etats-Unis, quand il émet ses premiers balbutiements au début des années 20. C'est à deux hommes d'Eglise que l'on doit la tradition du documentaire au Québec. Dès le milieu des années 20, Mgr Albert Tessier ( C'est en l'honneur de sa mémoire que fut nommé Prix Albert Tessier la plus haute distinction accordée à un cinéaste par le gouvernement du Québec, prix créé en 1980 ), féru de photographie, commence à réaliser des documentaires. Celui-ci figure comme un authentique pionnier en la matière. Son objectif est clairement de propagande (ce mot n'a pas à l'époque la coloration péjorative d'aujourd'hui): il veut apprendre l'histoire, le respect du terroir, la grandeur de la vie paysanne, la beauté de la nature vierge et celles des cultures, le nationalisme, la discipline du travail bien fait, l'importance de l'école, la sagesse des vieux .. ** Quant à l'abbé Maurice Proulx, il débute en 1933. Ses objectifs de propagande sont les mêmes que ceux de Tessier. Entre 1933 et 1939 il filme la colonisation en Abitibi et en Gaspésie. Ses films reflètent l'esprit triomphaliste de l'Eglise catholique de l'époque et mystique duplessiste de la grandeur paysanne. *** Au début, ils organisent des cinés conférences offrant un aperçu de la société québécoise : paysans, étudiants, bûcherons... A travers leur cinéma ils construisent une image de cette société dominée par des valeurs catholiques et l'idéologie conservatrice. Proulx deviendra même le cinéaste officiel du gouvernement Duplessis.
Malgré cela, on peut noter les premiers pas du cinéma de fiction en 1922 avec Joseph-Arthur Homier. Il signe un film historique Madeleine de Verchères et Drogue fatale , deux. fictions de qualité. Cependant, vu le petit marché dominé par le géant américain, il ne parviendra pas à s'en démarquer et termine sa carrière cinématographique. **** Dès 1930, le cinéma français, venu de France, s'implante au Québec et marquera, via ses réalisateurs, ses comédiens et ses vedettes la société québécoise.
Malheureusement la guerre compromet cette percée et aura pour conséquence de favoriser une certaine production locale.

Bruno Brioni



* GAUDREAULT (André), LACASSE (Germain), SIROS-TRAHAN (Jean-Pierre), Au pays des ennemis du cinéma..., Québec, Nuit Blanche Editeur, 1996, p. 28.
** LEVER (Yves), Histoire générale du cinéma au Québec, Québec, Boréal, 1988, p. 49.
*** LEVER (Yves), Histoire générale du cinéma au Québec, Québec, Boréal, 1988, p. 52.
**** Jean (Marcel), Le cinéma québécois, Montréal, Collection Boréal Express, 1991, p. 18.






UN PETIT PAS DANS LE MONDE
DU CINEMA QUEBECOIS




Deuxième partie
Première vague: 1945-1953


Troisième partie
L'ONF (l'Office National du Film)


Quatrième partie
Le déclin du cinéma: 1953 - 1960


Cinquième partie
La révolution tranquille et le cinéma direct


Sixième partie
"L'Etat intervient"


Septième partie :
Le cinéma d'auteur



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