Quatrième
partie:
Le déclin du
cinéma: 1953 -
1960
Le déclin du
cinéma québécois fera partie du
quatrième volet de notre dossier consacré
au cinéma québécois. Le principal
responsable est bien évidemment l'apparition du
petit écran. Cependant, le documentaire tient bien
la barre. Hormis des productions artisanales et des
productions de l'ONF, aucun long métrage ne sera
tourné au Québec entre 1953 et 1963. Mais
le cinéma québécois relèvera
la tête dans les années 60
L'apparition de la
télévision portera un coup très dur
au cinéma. Le nombre des salles diminue ainsi que
leur fréquentation. Le cinéma tentera de
rééquilibrer la balance en proposant des
films de fiction en couleur mais rien n'y fera. La
télévision est trop bien implantée.
Cette désertion du public provoque la disparition
du long métrage au Québec.
Par contre le documentaire se
maintient, au détriment du cinéma de
fiction, grâce à l'ONF ( Office National du
Film ). Malgré l'effervescence du documentaire,
certains l'accuseront d'avoir assassiné la
fiction. Selon les propos de Denys Arcand après
notre entrevue avec
celui-ci à Montréal le 25 février
1997, le documentaire pouvait devenir un piège
lorsqu'il était érigé en
système comme au Québec dans les
années 50 - 60: Il y avait des gens qui n'avaient
fait que du documentaire et pour justifier cela ils
tenaient le discours suivant: il n'y a de vrai que le
documentaire, il n'y a de vrai que l'absence de fiction,
un comédien c'est moins vrai qu'un
véritable ouvrier. Ils détestaient presque
inconsciemment le théâtre, le roman,
l'imaginaire. Le mot d'ordre était: filmons
la réalité, il n'y a de vrai que la
réalité!
Tromper les masses pour mieux les
asservir c'était le rôle d'Hollywood !
A partir de 1960 le cinéma québécois
renaît de ses cendres tel le phénix. C'est
le début du jeune cinéma
québécois et du cinéma direct. Mais
ceci est une autre histoire ...
Bruno Brioni