Cinquième
partie:
La révolution
tranquille et le cinéma
direct

"Mon oncle
Antoine"
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Moment capital dans
l'évolution de la société
québécoise : la révolution
tranquille. Cette expression fait
référence aux modifications
survenues au Québec à partir de
1960. L'ultra conservatisme de Duplessis fait
place aux changements tant attendu, aussi bien
au point de vue politique, économique que
culturel. Cette transformation rapide profitera
au cinéma québécois
enlisé dans un marasme de trop longue
durée. C'est le début
également, dans la tradition du
documentaire, du cinéma direct. Claude
Jutra signe une oeuvre de fiction "Mon oncle
Antoine" considérée par la
critique comme le plus grand film de l'histoire
du cinéma
québécois...
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La fin du régime de
Duplessis permet l'émergence de la culture
où le mot d'ordre "aller vers l'avant"
devient une source de motivation pour tous les artistes
de cette génération. C'est au début
des années '60 que le cinéma direct,
à tendance sociale, s'installe dans le paysage
cinématographique québécois.
("Il désigne un
cinéma qui capte en direct ( sur
le terrain-hors du studio ) la parole et le geste
au moyen d'un matériel (
caméra et magnétophone ) synchrone,
léger et facilement maniable, c'est-à-dire
un cinéma qui établit un contact direct
avec l'homme, qui tente de coller au réel le mieux
possible ( compte tenu de tout ce que
cette entreprise suppose de médiation ). Ce
cinéma nouveau ne prétend pas apporter la
vérité sur un plateau d'or, mais il vise
plutôt à poser le problème de la
vérité au niveau des rapports humains.
C'est avant tout un cinéma de communication")
* ."Le cinéma
direct se fait l'écho de l'éveil de la
société québécoise. A l'image
du peuple du Québec, le direct met en cause la
notion de pays et s'ouvre aux nouveaux enjeux sociaux et
politiques. L'évolution du cinéma n'est que
le reflet de l'évolution sociale."
**
Notons parmi les films plus
marquants; "Golden Glove" de Gilles Groulx
(1961), "Pour la suite du monde" de Michel Brault
et Pierre Perrault, "La lutte" de Michel Brault,
Marcel Carrière, Claude Fournier et Claude Jutra
(1961). A cela s'associe la naissance d'un jeune
cinéma de fiction qui profite de l'élan de
liberté créé par la
révolution tranquille. "Seul ou avec d'autres"
réalisé en collaboration avec des
cinéastes de l'ONF, en 1962 par Denys Arcand,
Stéphanne Venne et Denis Héroux, figure
comme le déclenchement de ce cinéma.
"Mon oncle Antoine"
réalisé en 1971 par Claude Jutra, est
considéré par le monde de la critique comme
étant le plus grand film de l'histoire du
cinéma québécois. Ce film met en
scène un adolescent face à la
découverte de la mort et de la sexualité.
Avec ce film, Claude Jutra parvient à plonger au
plus profond de la culture québécoise.
"Sorti un an après la crise d'octobre ,
durant laquelle les violences policières ont
répondu au centuple à la violence
perpétrée par les militants radicaux
du FLQ ( Front
de Libération du Québec ), le
film de Claude Jutra capte avec tendresse et
réalisme l'esprit des années 60 et
dépeint une société qui a du mal
à se défaire de son passé, de ses
réflexes de fuite et de résignation et qui
doit faire confiance à sa jeunesse pour changer
les choses." *** Notons également
que le cinéma français de la Nouvelle
Vague influencera considérablement le
cinéma québécois dans les
années 60. La Nouvelle Vague
française a pu jouer un rôle
libérateur pour le cinéma
québécois en imposant des méthodes
nouvelles de tournage en marge de la grosse industrie et
en contribuant à faire prendre conscience à
de nombreux cinéastes de la possibilité de
faire un cinéma qui serait autre chose que les
produits standardisés d'Hollywood.
****
Bruno Brioni
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* MARSOLAIS (Gilles),
L'aventure du cinéma direct, Paris, Editions
Seghers, 1974, p. 22.
** JEAN (Marcel), Le cinéma
québécois, Montréal,
Collection Boréal Express, 1991, p. 43.
*** JAUBERT (Jean-Claude), Ecole
québécoise, in: VIRNAUX (Alain et
Odette), (Sous la dir. de), Dictionnaire du
cinéma mondial, Lonrai, France, Ed. du
Rocher, 1994, p. 672.
**** LA ROCHELLE (Réal), MAGGI
(Gilbert), Situation politique du cinéma
québécois, in: Champ Libre I, Cahiers
québécois de cinéma,
Montréal, Editions Hurtubise HMH, 1971, p.
54.
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UN PETIT PAS DANS LE
MONDE
DU CINEMA QUEBECOIS
Première
partie
Flash-back,
de la naissance du cinéma
québécois,
en 1896, aux premiers pas du cinéma de fiction en
1922.
Deuxième
partie
Première
vague: 1945-1953
Troisième
partie
L'ONF
(l'Office National du Film)
Quatrième
partie
Le
déclin du
cinéma: 1953 -
1960
Sixième
partie
"L'Etat
intervient"
Septième partie
:
Le
cinéma d'auteur
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