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Rencontre
avec Romain
Duris
Pour la
présentation du dernier volet de la
trilogie de Gatlif, Gadjo Dilo (après
"Les princes" et
"Latcho Drom" ), toute
l'équipe était présente au
25ème
Festival International du Film de Bruxelles.
C'est dans ce cadre que nous avons
rencontré Romain Duris, l'acteur
principal.
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Au début du film lorsque
Stéphane arrive dans le village tzigane les
habitants le rejettent en utilisant les injures, les
stéréotypes (voleur de poule) qui sont
utilisés dans notre pays pour qualifier bien
injustement les Tziganes. Cela a t'il été
fait de manière délibérée
?
Romain Duris :Vous avez raison. On réduit
souvent les Tziganes à des voleurs de poule.
Gatlif a voulu mettre dans leur bouche les mêmes
stéréotypes que ceux que l'on utilise
ici.
Comment s'est déroulé le tournage
?
R.D. : Le tournage a eu lieu en Roumanie. Il a
duré trois mois par -10 degrés. Le film a
été tourné de manière
chronologique. Nous avions donc une trame mais Gatlif
nous donnait aussi la possibilité de faire un peu
d'improvisation. Cette plongée en plein village
tzigane nous a permis de ressentir des émotions
très fortes.
On a l'impression que votre personnage mène une
sorte de quête de son passé. Quel est le
résultat de cette recherche?
R.D. : Stéphane recherche une chanteuse
tzigane dont son père était un admirateur.
Finalement ce voyage lui permet de rencontrer Sabrina
ainsi que d'être en contact avec un peuple dont il
ne connaissait pas grand chose. Lorsqu'il brûle les
cassettes, il fait le deuil de son père.
Dans le film il existe une certaine tension entre Tes
tziganes et les Roumains. Est-ce la réalité
ou du cinéma ?
R.D. : Non malheureusement, ce n'était pas
que du cinéma. Lors du tournage, durant les
scènes où Roumains et Tziganes devaient
jouer ensemble, il y a eu des réactions de haines
de la part des Roumains. Je n'aimais vraiment pas ce
genre de réactions, mais que pouvions-nous y
faire? Ces tensions existent depuis de nombreuses
années. C'est la même chose chez nous avec
les étrangers.
J'ai entendu dire que Gatlif avait prévu une
autre fin que celle que l'on voit dans le film. Qu'est ce
qui était prévu ?
R.D. : Stéphane devait retrouver Nora dans
une scène très forte. Il retrouvait
auprès d'elle les émotions qu'il partageait
avec son père. Dans cette scène, au bout de
sa quête, il hésite à retourner en
France ou à rester auprès d'elle.
Avez-vous l'envie de retourner en Roumanie pour revoir
les habitants du village ?
R.D. : Pas pour le moment, vous savez les
émotions sont encore trop présentes.
Parlons un peu de vous. Comment avez-vous
débuté au cinéma ?
R.D. : C'est Klapisch qui m 'a découvert
dans la rue et qui m'a donné une chance. J'ai
toujours aimé faire rire les gens, les distraire.
J'aime l'art, le dessin, la musique. J'étais un
mauvais élève. J'ai besoin d'estimer le
professeur. Il faut que les techniques qu'il veut
m'enseigner correspondent à mes émotions.
Si De Niro donnait des cours, je les suivrais, pour
l'instant j'apprends sur le tas.
Qu'est ce qui vous motive dans la réalisation
d'un film ?
R.D. : Avant toute chose, le réalisateur,
le contact avec le réalisateur. Je demande
à rencontrer le réalisateur, on parle du
projet, le feeling passe ou il ne passe pas. Après
je m'intéresse au film que le réalisateur a
déjà fait. Evidement, il faut que le
scénario soit en harmonie avec mes
convictions.
Quels sont vos acteurs préférés
?
R.D. : J'ai une forte admiration pour Clint
Eastwood, James Steward, Gary Grant. Je me rappellerai
toujours "La vie est belle" de Capra. Je n'avais pas la
pêche en allant le voir, je suis ressorti de
là très ému. C'est ça le
cinéma. En ce qui concerne les acteurs plus proche
de nous, j'aime De Niro, Marlon Brando.
Si vous deviez vous résumer en un seul mot.
Lequel serait-il?
R.D. : C'est une question difficile mais je dirais
l'émotion. Je marche à l'émotion. Il
faut que les choses me touchent pour que je m'implique.
Ce sont les différentes émotions que je
ressens qui me font faire mes choix et qui me font donc
avancer.
Entretien: Benmoulahoume
J.
Photo : C.H.
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