(EMI)
Gorillaz "Plastic Beach"


Plongez dans un album dit de transition
 
Pour leur troisième album studio, les Gorillaz ont mis les petits plats dans les grands. On débute par l'annonce d'un casting de premier ordre avec une intro lancée par Snoop Dogg en personne, suivie par des artistes comme Lou Reed, Bobby Womack, Mos Def, De La Soul, et même Mick Jones et Paul Simonon, membres des Clash. Rien que du beau monde pour souligner le grand retour de ce groupe formé de toutes pièces par Damon Albarn le leader des Blur et le dessinateur de "Tank Girl", Jamie Hewlett. En 16 morceaux, la bande met en forme un album-concept fait de personnalités diverses et d'un message écologique commun. Pour mieux comprendre les choses, "Plastic Beach" est le dépotoir du monde et aussi le dernier vestige de l'humanité. Un monde fait de hip-hop, de pop, de dub, d'electro, le tout présenté dans une forme plus expérimentale que commerciale. Pas de doute, ce groupe sait y faire en matière d'atmosphère. En effet, cet album s'apprécie dans son entièreté vu que les titres fédérateurs y sont peu présents. Même si "Stylo", le premier extrait et son clip avec Bruce Willis en invité, sort du lot. Pour le reste, "Plastic Beach" vogue entre deux mondes opposés, celui de la mélancolie et celui d'un bonheur avoué. Présenté comme une sorte de voyage musicale, cet essai est certainement le plus déroutant du groupe. Pas de doute, que l'on aime ou que l'on déteste, ce "Plastic Beach" ne laissera pas les fans indifférents. Quant aux autres, qu'ils se rassurent, visitez leur monde n'est jamais un risque en soi. Comme quoi, le terme de "super groupe" n'est pas galvaudé ici...

Certes moins typés qu'à leur habitude, le son 2010 des Gorillaz prend des formes variées dans ce nouvel opus qui fleure bon le pari risqué de l'album concept. Dans une sorte de zapping moderne, la formation explore différentes voies toutes bercées par du rap et quelques envolées électroniques. Un doux mélange qui trouve toute sa force dans un message écologique parfaitement mis en images par ce groupe qui ose pour notre plus grand bonheur se lancer dans des paris plutôt risqués. Finalement, c'est bien mieux que de vivre sur ses acquis. À vous de les suivre... ou pas!
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