Interview de Jérémy Bombace pour "Dédales", un film de René Manzor

Au milieu des grands noms au générique de "Dédales" de René Manzor: Lambert Wilson, Sylvie Testud, Frédéric Diefenthal et Michel Duchaussoy, nous avons choisi de nous intéresser à Jérémy Bombace un jeune homme de 14 ans qui interprète dans le film l'enfant. Pour sa première participation dans un long métrage, nous avons voulu recueillir ses impressions, ses motivations, et évoquer avec lui sa jeune carrière.
 


- Comment êtes-vous arrivé sur le projet de "Dédales"?
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Grâce à un casting. J'ai été contacté par mon agence "Starmania". J'ai passé une audition avec beaucoup d'autres enfants. Une première sélection s'est faite présentée au réalisateur, qui a ainsi pu choisir ceux qu'il préférait. Quelques jours plus tard on m'a recontacté pour faire un nouvel essai qui devait nous départager moi et un autre enfant arrivé en "final". Tout de suite René Manzor a dit qu'il avait trouvé "son homme"! La scène que je devais jouer était celle où je descends à la cave et je trouve ma mère avec un homme que je ne connais pas. Il fallait être à même de faire passer les émotions et être capable de pleurer. Ce qui a semble-t-il convaincu René Manzor.

- Comment avez-vous travaillé ce rôle?
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J'ai étudié le personnage de Claude, sa situation familiale, tout ce qui constituait sa vie. J'avais lu le scénario avant, mais entre la lecture et la participation active il y a évidemment une grande différence. N'ayant pas vécu une telle expérience dans ma vie, c'est à 80% grâce au réalisateur que j'ai pu rentrer dans le personnage. Il m'a beaucoup aidé, il me parlait de choses personnelles qui touchaient à ma vie pour me faire craquer et ainsi me mettre dans les conditions d'un enfant qui souffre. Et ça marchait!

- Cela n'était pas trop difficile pour vous ce jeu avec des émotions très personnelles?
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Non, après le tournage on essaye de retourner à la réalité. Même si les jours qui suivaient les scènes à jouer j'avais un peu de mal à sortir du personnage. On finit par faire la part des choses.

- Pendant combien de jours avez-vous tourné?
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7 jours pour un tournage qui a duré 3 mois.

- Quels ont été les lieux de tournage?
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La ferme où je joue l'essentiel de mes scènes se situait à Villers la Ville, on a également tourné dans le métro de Charleroi et dans un appartement. Tout s'est passé en Belgique.

- D'où vous vient cette envie de jouer?
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Le cinéma et le théâtre me passionnent depuis longtemps. J'aime sortir de moi, composer un personnage. J'ai fait un peu de théâtre à l'école (j'envisage d'ailleurs de poursuivre en prenant des cours d'art dramatique; cela me parait important). Un jour maman m'a proposé d'entrer dans une agence. C'est comme cela que j'ai fait des photos, des publicités et puis le clip de la chanson "Je cours" du groupe Kyo. Les photos, les publicités, tout ça m'amusait, sans plus, mais c'est surtout grâce à "Dédales" et à la chance d'avoir été choisi par Kyo qui m'a décidé à rentrer dans ce domaine. J'espère avoir beaucoup d'autres occasions de tourner dans des films car j'aimerai en faire mon futur métier.

- Quels ont été vos rapports avec les autres interprètes du film?
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Même si je n'avais pratiquement aucune scène à jouer avec les principaux acteurs, ils étaient tous présents au moment du tournage et nous avons eu d'excellents rapports. L'ambiance n'était pas forcément à la convivialité car chacun était particulièrement concentré sur son rôle. René Manzor était particulièrement gentil et faisait tout pour me mettre en confiance.


- À propos du clip de Kyo
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Là aussi j'ai participé à un casting. Puis j'ai été sélectionné pour d'autres essais avec le réalisateur Mark Maggiori. Ce dernier a demandé au groupe si je correspondais au personnage. Ils ont donné leur accord. Mark Maggiori a déjà travaillé pour Patricia Kaas, Pascal Obispo et parallèlement mène une carrière de chanteur leader du groupe "Pleymo".

- L'attitude de tes copains à l'école a-t-elle changé?
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Certains étaient jaloux, d'autres m'interpellaient en disant Kyo, Kyo... c'était quelquefois agréable d'être reconnu, on m'a même demandé des autographes, quand d'autres n'étaient pas loin de m'insulter. Certains professeurs ont presque eu des réactions de fan. Mais je dois préciser que je ne me suis jamais vanté de ce que je faisais, les gens le découvraient après.



Nous quittons la maison familiale ravies d'avoir rencontré un jeune homme à la fois heureux de ce qui lui arrive et plein d'espoir et d'ambition pour l'avenir. Nous lui souhaitons bonne route.

(Frédérique Morin)
Photos: Carole Hubinon



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