Gene Vincent,
légende du rock 'n
roll

Gene Vincent, La Légende du
Rock'n'roll
Scénariste : Rodolphe
Dessinateur : Georges Van Linthout
Editeur : Dargaud
Collection Long Courrier
|
La carrière de Gene
Vincent commença de manière
fulgurante avec l'enregistrement du tube
planétaire "Be bop a lula" et se finira
tragiquement 15 ans plus tard après une
longue descente en enfer. Voulant rendre hommage
à une figure emblématique du Rock
'n roll, considérée en son temps
comme un rival du King Elvis, Rodolph et Georges
Van Linthout nous livrent un album tout en
émotion. Cependant, conscients de ne
pouvoir retracer une vie de manière
précise (même si elle ne dura que
36 ans) en 62 pages, ils nous expliquent
à la fin de leur ouvrage, les raisons qui
pourraient nous pousser à ne pas aimer
l'album. Qu'ils soient rassurés, bien
qu'incomplète, leur biographie reste
néanmoins agréable à lire
et à défaut d'être
incontournable, mérite le coup d'oeil.
Malgré un horaire surchargé,
Georges Van Linthout dont le prochain projet
sera un polar en noir et blanc, a accepté
de nous recevoir pour nous parler de son nouvel
album sorti chez Dargaud dans la collection long
courrier
|
- 6Bears: Comment avez-vous
procédé pour le choix de vos couleurs?
Van Linthout: Le scénario est
prépondérant sur le choix des couleurs. Je
voulais mettre en avant le côté tendre et
attachant du personnage. Mettre en évidence
l'aspect humain et pas Rock 'n roll de Gene Vincent.
L'aquarelle permettait d'atteindre ce but et
d'éviter les couleurs "flash".
- N'avez-vous pas eu peur de vous attaquer à un
genre aussi particulier que la biographie?
V.L.: Les biographies sont un genre très
particulier en effet. Mais Rodolph est un fin connaisseur
de Gene Vincent. Il y a énormément de
contraintes et de contingences et il faut accrocher le
lecteur. Le début avec la voyante a
été romancé pour poser
l'atmosphère par exemple.
- N'avez-vous pas eu un goût de trop peu?
V.L.: Non, on aurait pu aborder d'autres parties de
sa vie mais il y avait une contrainte de 62 pages et il
fallait s'y tenir.
- Si vous aviez un reproche à faire à
cet album
V.L.: Je n'ai pas vraiment de reproche à
faire. Si je devais en trouver un je dirais... le dessin.
Il est en constante évolution et s'améliore
au cours de l'album. Quand un ancien album sort, on
remarque directement les défauts. Waltéry,
par exemple, ne les ouvre pas et déprime pendant
15 jours à cause des défauts du dessin.
Mais je ne regarde pas en arrière. Je n'aime pas
les auto-flagellations. Mon seul regret finalement est de
ne pas pouvoir mettre du son dans cet album. Retranscrire
la musique est toujours quelque chose de difficile en
bande dessinée. Ce qui est dommage parce que quand
je dessine je me retrouve souvent à faire des
bruits.
- Comment avez-vous créé les personnages
de votre album?
V.L.: Vu que Gene Vincent est quelqu'un de connu, il
existe énormément de photos, souvent
flatteuses. J'ai imprimé des kilos de papier pour
m'en inspirer. Une fois le personnage dessiné, il
m'a fallu inventer des expressions pour les
différentes situations de l'album.
- Comment s'est passée votre collaboration avec
Rodolph?
V.L.: Nous nous sommes très vite bien
entendus. Il est par ailleurs devenu un ami. Travailler
avec lui est confortable. Il fournit l'histoire
découpée case par case et reste ouvert
à toute proposition. C'était vraiment
amusant de travailler avec lui
- Merci beaucoup pour le temps que vous nous avez
consacré...
(Laurent Collignon)
(Novembre 2007)
|