Rencontre avec Luc Brahy


À la suite de la sortie du troisième dossier de la série "Imago Mundi", nous avons rencontré Brahy, son dessinateur dans le coin d'une librairie spécialisée bruxelloise
 
- 6Bears: "Imago Mundi" était au départ un roman écrit par Corbeyran et Braquelaire. Comment un dessinateur BD peut-il s'intégrer dans ce genre d'univers?
Brahy:
Dans le roman, que je n'ai pas lu, il y avait une pléiade de personnages. Pour en faire une BD, ils (NDLR: Corbeyran et Braquelaire) ont tout recentré autour de trois personnages. Il n'y avait que l'idée de base qui a été conservée donc il n'y a pas eu de problèmes.

- Dans tous les épisodes, il y a un côté complètement mythologique (l'Atlantide, l'Odyssée, la Tour de Babel) et un côté très réaliste, presque un récit d'espionnage. Comment parvenez-vous à concilier ces deux univers?
Brahy:
Il y en a un qui est surtout une accroche et qui sert à révéler des dessous qui eux sont complètement les deux pieds sur terre, de notre société d'aujourd'hui.

- Vous ne pensez pas que ce côté fantastique puisse déformer un peu le côté hyper réaliste des aventures?
Brahy:
Non je ne pense pas, on sait bien qu'il ne va rien se passer de fantastique puisque c'est réaliste. Disons que le fantastique est là pour accrocher les gens de l'agence (NDLR: les trois savant d'"Imago Mundi").

- Les aventures d'Imago abordent des thèmes assez chauds de l'actualité comme les OGM ou la guerre un Irak. Est-ce une façon de faire passer un message politique?
Brahy:
Oui, ils se servent du prétexte de la BD pour faire passer leurs idées, même si ce n'est pas le moteur essentiel. Et, je sais que ça a été très difficile pour eux d'écrire sur l'Irak. Parce qu'on était en plein dedans pendant l'écriture et c'était assez difficile de faire quelque chose qui puisse se passer avant, pendant, ou après la crise.

- Malgré tout, je suppose que Corbeyran et Braquelaire avaient déjà une vision assez précise de ce à quoi devait ressembler l'univers d"'Imago Mundi" non?
Brahy:
Ils cherchaient un dessin assez classique. Un dessin réaliste, dans la lignée de ce que fait Dargaud.

- Les aventures se passent dans des endroits très divers et pas forcement faciles d'accès: les grands fonds marins pour les deux premiers tomes, la Scandinavie pour les deux suivants, et enfin l'Irak pour les deux derniers sortis. Je suppose que vous n'avez pas été partout, comment faites-vous pour trouver l'inspiration?
Brahy:
Avec Internet, on trouve facilement de la documentation, et c'est Braquelaire qui s'en occupe essentiellement. Quand je reçois le scénario, je reçois des tonnes de bouquins, de documents, des sites Internets, ...

- Donc votre boulot c'est principalement de compiler la documentation et d'essayer de recracher le tout?
Brahy:
Voilà, je fais une synthèse de tout ça et j'essaye que ça ait l'air complètement plausible.

- Dans le petit dossier, à la fin du dernier volume, on voit des crayonnés qui semblent bien meilleurs que les dessins finaux de l'album lui-même, comment expliquez-vous cette différence?
Brahy:
Les crayonnés à la fin du Tome 6 sont en fait des crayonnés du tome 7 donc il y a un palier de franchi

- Beaucoup de critiques ont effectivement salué l'amélioration de vos dessins au fil des tomes...
Brahy:
Oui, le premier, c'était le premier, c'est tout simple. Les personnages étaient pas tout à fait au point, je ne maîtrisais pas toute la technique. Mais, j'ai été très bien guidé et puis, comme je fais deux bouquins par an, je progresse plus vite. Et, je suis assez bien "drivé" par les directeurs éditoriaux.

- Est-ce que pour travailler, vous avez besoin d'avoir un cahier de charge bien clair et bien précis?
Brahy:
Oui, j'aime bien être assez conduit, assez dirigé, la structure permet de rebondir dessus, c'est très agréable

- Avez-vous d'autres projets?

Brahy: J'ai d'autres trucs sur le grill mais rien de très particulier. On va se concentrer sur "Imago Mundi" jusqu'au tome dix, puis on verra...


Propos recueillis en juin 2005 par (Boul.)




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