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Les
parents du singe
électrique
À la suite de la
sortie du troisième tome de "I.A.N.",
nous avons rencontré les deux
créateurs du robot sensible, Ralph Meyer
et Fabien Vehlmann
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- 6Bears: Comment êtes-vous entré
dans la BD?
- Ralph Meyer: Moi, très jeune en lisant et en
dessinant beaucoup. Je me rendais compte que juste le
dessin, ça ne me satisfaisait pas. Il fallait en
plus raconter une histoire et la BD, c'était le
média parfait. C'est un choix que j'ai fait
très tôt dans ma vie.
- Quelles sont les toutes premières histoires
que vous avez conçues?
RM: Les toutes premières étaient des
histoires plutôt moyenâgeuses, dans la veine
de Johan et Pirlouit... Ou j'avais redessiné les
dix premières pages de Cori le moussaillon de Bob
De Moor en me disant que je referais les dialogues et une
autre histoire après...
- Donc vos influences: Peyo, De Moor, ...?
- RM: Ça, c'est au tout début. Il y a
aussi eu Mickey, les comics, puis à l'adolescence,
Valérian, Blueberry, donc plutôt du
franco-belge...
- Fabien Vehlmann: Pour ce qu'il en est de ma
toute première BD, je me souviens très
bien, c'était "Ted le chasseur de loup-garou".
Parce que j'avais été marqué par un
magasin "Ted Lapidus" et je trouvais que le nom sonnait
très bien... Il avait une tête de
détective un peu année trente et il lattait
du loup-garou avec des fusils à pompe. J'ai un
double souvenir de ça. Je dessinais chez moi
à la maison. Mais, c'était
déjà un dessin de scénariste,
j'allais très vite d'une case à l'autre
avec des personnages en bâtons d'allumette. Par
contre, après, à l'école, je
racontais ça à mes copains. Et je me suis
rendu compte que j'étais populaire à ce
moment-là, et j'ai su que j'adorais écrire
des histoires et qu'il y avait des gens qui aimaient bien
écouter.
Pour ce qui est de mes premières lectures, on
était abonné à Spirou à la
maison... Valérian, Les Schtroumfs, Lucky Luke,
Franquin... des choses plutôt classiques. Je ne me
suis ouvert à une BD plus underground qu'il y a 5
- 6 ans.
- Et vous (Meyer) quand avez-vous senti que vous
étiez plus dessinateur que scénariste?
- RM: En fait, le dessin m'a toujours
intéressé et je dessinais tout le temps...
Cela avait aussi un impact à l'école.
C'était un moyen de communiquer avec les autres,
qui était génial, en rompant un peu ma
timidité maladive...
- Comment êtes-vous arrivé à
Saint-Luc?
- RM: Dans le magazine Circus, un magazine de BD des
années 80, il y a eu un fascicule intitulé
"Comment devient-on créateur de BD" qui citait
plusieurs écoles de BD, dont Saint-Luc... Je suis
allé aux portes ouvertes et j'y suis
resté.
- C'est à ce moment-là que vous avez
rencontré des gens comme Tome, Gazotti?
- RM: Après Saint-Luc, j'ai un peu
galéré et je me suis dit que j'allais faire
appel à un scénariste connu. J'ai donc
envoyé mes dessins à Tome et dans ces
dessins-là, il y avait deux pages un peu polar. Il
m'a tout de suite proposé "Berceuse Assassine".
C'est par son intermédiaire que j'ai
rencontré Gazotti. On est devenu de grands amis et
on a travaillé en atelier pendant 4 ans.
- Qu'est-ce que ça change de travailler en
atelier par rapport au dessinateur seul?
- RM: C'est une émulation incroyable. En plus,
on avait tous des projets radicalement différents
et des types de dessins opposés, ce qui fait que
ça créait des discussions très
intéressantes. C'était très
enrichissant.
- Vous travaillez encore en atelier?
- RM: Non. Après un moment j'ai eu envie de me
recentrer sur moi-même. Mais j'avoue que depuis
quelque temps ça me titille à
nouveau...
- Dans votre biographie (Vehlmann) on peut lire que
vous avez pas mal galéré avant de voir un
premier projet accepté...
- FV: C'est surtout que je l'ai mal vécu,
parce qu'avec du recul je n'ai pas tellement
galéré. Ça m'a mis deux - trois ans,
ce qui est assez normal... Mais c'était assez
difficile pour moi parce que j'oscillais entre ce que
j'avais fait comme études, le marketing, et
radicalement autre chose... Et puis on arrête pas
de se dire: "Et si je me plantais?". Mais finalement
ça n'a pas été très long...
- Et comment s'est passée la rencontre entre
vous deux?
- RM: C'est à l'occasion des premières
histoires de Fabien dans Spirou, sur "Green Manor",
qu'avec Bruno, on s'est dit que c'était vraiment
de très chouettes scénarios. Gazotti s'est
chargé de contacter Fabien. On a fait quelques
histoires de science-fiction qui sont finalement sorties
chez Lombard, ça a donné "Des Lendemains
sans nuages". Et, on s'est tellement amusé
à travailler avec Fabien qu'on a
décidé chacun de notre côté de
continuer à travailler ensemble. Moi sur "I.A.N."
et Gazotti sur "Seuls".
- Et comment est né "I.A.N."?
- RM: On a longtemps cherché un projet de
série populaire
On est d'abord parti sur un
projet de polar mâtiné de SF, mais sans
trouver l'angle. Puis, on s'est dit: Pourquoi ne pas
faire de la SF pure? Et Fabien a proposé une
histoire d'intelligence artificielle.
- FV: Avec comme première envie de faire
une saga qui commencerait sur terre en 2050 et qui se
terminerait quand on a envie que ça se termine,
même si c'est 3000 ans après. Et donc, avoir
un robot comme personnage directeur était assez
pratique. Mais les réalités de
l'édition étant ce qu'elles sont, on s'est
d'abord fixé sur un premier cycle de 4 albums se
déroulant en 2050. Ce premier cycle nous
permettant de résoudre les premières
énigmes posées. Et si ça fonctionne,
on pourra ouvrir un second cycle qui nous permettra
d'ouvrir l'histoire. Avec ce côté qu'on
retrouve dans "Higlander", et d'autres séries, que
certains personnages vieillissent, évoluent et
meurent, avec notre robot qui est au centre de tout
ça...
- D'autres projets?
- RM: Moi je vais me concentrer sur le tome
4 de "I.A.N.", puis une pause, et
peut-être un one shot.
- FV: Hé bien moi, la suite de mes
séries principales: "Seuls", "Le Marquis
d'Anaon", ... En tant que scénariste, si
je m'arrête je meurs
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(Propos recueillis en avril 2006
par Boul.)
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