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Lamb
Le premier
album de ce duo anglais a eu le malheur de
naître peu de temps après un
certain "Dummy",
premier album d'un autre couple britannique
(Portishead, pour ceux qui ne sont pas bien
réveillés ;o). Dans un style
parallèle mais avec une vraie
originalité, le groupe a dû
attendre de se produire sur scène pour
prouver sa spécificité.
Passé le cap du second album, les deux
duos ont chacun trouvé leur voie. Celle
de Lamb a croisé la nôtre, un soir
d'automne à Bruxelles, grâce
à la magie de la
technologie
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Tout a
commencé comme tout devrait se passer sur
Internet. Devant les refus successifs et
répétitifs de la maison de disques, un
e-mail envoyé au groupe, par
l'intermédiaire de leur site Web faisait office de
bouteille à la mer. Un contact direct entre
l'artiste et son public, sans
intermédiaire. Tout a
continué de la même manière. Une
réponse courte mais rapide, furtive mais
sincère. Ok pour une interview avant le concert.
Je te mets sur la guest-list et tu viens nous retrouver
avant le show.
Jour J. Vérification, je suis bien sur la liste.
Un pass, une porte dérobée et me
voilà dans les loges. Le groupe n'est pas encore
là, il faudra attendre. Retour à la
salle.
Erik Truffaz, qui assure la première partie, vient
juste de commencer. Trompette sur rythmique tonique. Solo
de basse époustouflant. Arrivée de Nya, MC
rasta entr'aperçu derrière la scène.
Flow ragga sur notes bleues. La fosse est presque vide,
le siège des sièges a commencé.
Attente. Le jazz continue, tantôt aux accents
très free, tantôt plus calme. Musique
urbaine. Truffaz dépasse l'heure prévue.
Lamb n'est pas encore là. Apparemment.
Retour backstage. Un visage connu. Souriant. Le
contrebassiste s'enquiert de mon humeur. Nice to meet
you. Sans même savoir qui je suis. Le reste du
groupe arrive. Croisement de regards. Froncements de
sourcils. Signe de la main, invitation à les
rejoindre. Un anglais un peu trop rapide, je crois
comprendre dEUS dans la phrase. Déformation
professionnelle? Je me resitue. Andy se rappelle de
l'e-mail. Il salue ses amis présents. Hochement de
tête pour saluer la belle Louise Rhodes, voix du
groupe. Le trompettiste me prend à partie et me
reparle de dEUS. Je retrouve mes esprits. Le fait
répéter. Ok, j'ai compris: Tom Barman sera
là ce soir et a promis de venir les saluer en
backstage. Confusion. L'heure tourne. J'entends Andy
expliquer à Louise la situation. Ma situation. 5
minutes, ça te va? me lance-t-elle. Je tente de
négocier. 7 minutes? Ok, viens .Je les suis. A
trois dans une petite loge, la bande du dictaphone
tourne
Alors, ce nouvel album tant attendu?
Quand? Quand! Quand! Quand!
Certainement au début de l'année prochaine.
On a fait un break pendant l'été, pour la
tournée des festivals. Et toutes ces distractions
qui vont avec l'été. En fait, beaucoup de
choses sont arrivées durant cette période,
c'est donc une bonne chose d'avoir arrêté le
studio pour reprendre un peu de vie. On va y retourner
maintenant avec des choses à exprimer. Avant la
tournée, on était arrivé à un
stade où on n'avançait plus. Mais
maintenant, le processus est prêt à
repartir!
On avait déjà enregistré une
vingtaine de chansons. Mais la tournée a
été en quelque sorte rafraîchissante.
On aura une vision un petit peu plus objective sur ces
chansons et on pourra retravailler dessus d'une
manière sérieuse.
6bears est un magazine francophone. Nous sommes
lus en Belgique, en France en Suisse, au Canada et
certainement ailleurs également. Que pensez-vous
de la langue française et de la culture qui s'y
rattache?
J'adore le français. J'adore Edith Piaf, par
exemple. On aime beaucoup venir jouer dans les pays
francophones. La culture française est très
reconnue dans les pays anglo-saxons. Et puis, on a
toujours eu beaucoup de retour, de reconnaissance dans
ces pays. On ressent vraiment une différence de
culture et c'est passionnant.
La musique de Lamb mélange des aspects
électroniques et d'autres incroyablement
classique. La base de cordes de Gorecki, par exemple (la
musique de ce morceau étant samplée d'un
compositeur contemporain polonais: ... Gorecki). Quel
rapport avez-vous avec la technologie?
La technologie est très bien quand elle nous
permet d'avancer, d'aller plus loin. Andy a acheté
un appareil photo-numérique, par
exemple.
Et que pensez-vous de la révolution des
MP3's et de Napster?
Ça va tout changer! J'ai vu récemment
que pour 500 euros, tu peux acheter un support qui te
permet d'archiver 150 CD's! C'est vraiment nul pour nous.
Non, pas pour nous, pour les firmes de disques, surtout.
C'est de la musique gratuite et facile. Mais, d'un autre
côté, le vrai fan downloadera des MP3's mais
achètera quand même le CD. J'ai entendu dire
que 70% des utilisateurs de Napster achetaient quand
même des CD's.
Regarde, moi, par exemple, j'utilise Cubase (un
logiciel de musique professionnel) depuis que j'ai 12
ans. C'est facile, il te suffit d'avoir une version
piratée!
Tu utilises encore des versions
piratées?
Non (rire), mais c'est justement où je veux en
venir. Tu commences à l'utiliser et tu atteins un
certain niveau. Et là, tu te rends compte si le
programme te plaît ou non et si tu veux continuer
à évoluer avec lui. Et c'est à ce
moment-là que tu décides si tu
l'achètes. C'est la même chose avec la
musique
Comment se porte Reuben, votre fils?
Il va très bien. Il a 2 ans et demi
maintenant. C'est l'"âge difficile" (rires). Il vit
un peu une adolescence précoce, il se rebelle tout
le temps. Il casse tout et se fâche très
fort si on ne fait pas ce qu'il veut.
A quoi êtes-vous réceptifs
artistiquement?
Beaucoup de choses. Enormément de choses.
Surtout à mon appareil-photo numérique. Ce
n'est pas parce que c'est à la mode. Mais, c'est
vraiment un chouette art. Je trouve ça mieux que
la photo classique car tu vois directement ce que tu
fais. Tu te rends compte de tes erreurs et de ce que
donne in fine un effet que tu as voulu
expérimenter. Tout cela te permet d'évoluer
extrêmement vite.
Intrusion. Vous
jouez dans 10 minutes! Affolement, excuses, on doit
s'arrêter là. Mais on se verra après
le concert. Retour à la salle. La lumière
baisse, les gens se lèvent, affluent vers la
scène: The Show Must Go On...
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