Toute première planche


À l'occasion de la Foire du livre de Bruxelles, nous avons rencontré Nauriel, jeune dessinatrice qui nous livre un premier album en collaboration avec Corbeyran: "Nanami".
 
6bears: Qu'est-ce qui vous a donné envie de faire de la BD?
Nauriel:
À l'école, j'avais hésité entre illustration, dessin animé et bande dessinée. Finalement, je me suis tournée vers la BD... Notamment suite à des rencontres avec des auteurs lors de festivals qui m'ont donné envie de continuer dans cette voie.

Et pourquoi la BD plutôt que le dessin animé par exemple?
-
La bande dessinée, c'est un travail plus personnel. On est seul face au travail alors que le dessin animé, c'est plus un boulot d'équipe.

Entre le nom de l'école que vous avez fréquenté (Emile Cohl*) et les références assez nombreuses aux dessins animés, notamment à "Miyazaki", tout au long des planches de "Nanami", on ne peut nier l'influence de l'animation... Quel est votre univers créatif?
-
C'est très divers. Je suis issue de cette génération qui a vu les dessins animés japonais à la télévision, mais aussi l'animation américaine de Disney, énormément de bandes dessinées européennes et enfin les mangas qui sont plus récents.

De la sortie de l'école à "Nanami", qui est votre premier album, comment s'est effectué votre parcours, comment êtes-vous parvenue à en faire votre métier?
-
J'ai fait du fanzinat dans une association appelée Green Elven. C'est suite à cette production que j'ai rencontré Éric Corbeyran que mon travail a intéressé et qui m'a proposé de collaborer sur le projet de "Nanami"...

Il y a quelques mois, lors d'une interview, Corbeyran nous expliquait que souvent les rencontres avec des dessinateurs ou coauteurs se faisaient lors de soirées chez lui, ce n'est donc pas le cas pour vous?
-
Non, ça s'est passé sur un festival à Chambéry en 2003.

Et comment s'est passée cette rencontre?
-
L'anecdote est marrante: Je n'étais pas au stand quand il s'est présenté. À mon retour au stand, mes camarades m'ont dit que quelqu'un voulait me rencontrer, mais ils ne savaient pas qui c'était, donc je pensais que c'était un débutant qui voulait se lancer dans la BD... Puis, quand j'ai su que c'était Corbeyran... Et c'est parti comme ça. Il avait le projet de "Nanami" et il cherchait un dessinateur. Mon travail lui plaisait assez pour me le proposer.

Le projet était déjà assez concret?
-
Oui, l'écriture était déjà bien avancée et avait déjà été soumise à Dargaud. Pour que ça prenne vraiment vie, il ne fallait plus que trouver le dessinateur.

Lors d'une autre interview, je parlais avec un dessinateur du fait que dans les mangas, ils ont un nombre de pages suffisant que pour pouvoir se perdre dans les détails, chose que vous n'avez pas en BD classique. Est-ce que le fait que "Nanami" soit un double album c'est quelque chose qui vous a permis d'avoir un style plus manga, d'un point de vue de la mise en pages, de la narration visuelle?
-
Avec 78 planches, j'ai le temps de laisser évoluer les choses. C'est pas "manga" à strictement parler, je n'ai pas autant de pages que ça, mais quand même...

C'était une demande de votre part ce nombre de pages?
-
Non, c'était écrit comme ça.

Pour une première fois, ce n'est pas un peu stressant de se retrouver d'un coup avec un double album et Eric Corbeyran derrière, donc quelque chose d'assez attendu?
-
Oui, la pression... en étant toute jeune auteur en plus, avec mes points forts et mes points faibles, mais j'ai quand même l'appui de Corbeyran qui peut me conseiller, me guider, l'expérience est super.

Pas trop de nuits blanches à angoisser alors?
-
Si, un peu quand même...

"Nanami" tome 2 sera aussi un double album?
-
Oui, c'est la ligne éditoriale

Un vrai régal pour une dessinatrice alors?
-
Oui, et puis le tome 2, je le trouve encore mieux que le tome 1, là on rentrera vraiment dans l'histoire...

Nous aurons hâte de lire la suite alors.


* Émile Cohl est l'un des tout premiers pionniers du cinéma d'animation


Nanami (Nauriel, Corbeyran, Sarn)
Dargaud
Tome 1: Le Théâtre du vent (déjà sorti)

(Propos recueillis pas Boul. en mars 2006)




© 1996 - 2006 6bears Magazine