
Le petit Monde T.1: Vamos, vamos!
Toru Terada & Jean-David Morvan
80 pages, collection Cosmo, Dargaud
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Le Petit
Monde
Jeune dessinateur japonais, Toru
Terada vient de publier sa première bande
dessinée avec le scénariste
Jean-David Morvan, "Le petit monde". Une
série éditée par les
éditions Dargaud pour la collection
"Cosmo", dédiée à
réunir des auteurs d'univers
différents comme pour "Nanami"
réalisée par Corbeyran, Nauriel et
Sarn ou d'autres titres prometteurs
annoncés ...
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Malgré sa
modestie, Toru Terada a tout pour devenir un grand
dessinateur "européen". Avec "Le Petit
Monde", Jean David Morvan lui écrit un conte
futuriste où les gosses de riches sont à
l'abri du chaos, protégés au coeur d'une
cité paradisiaque par des cyber-nounous. Mais, une
petite fille plus curieuse que les autres va ouvrir une
brèche en insérant dans son programme
éducatif un logiciel pirate présentant les
quartiers pauvres auxquels elle n'a pas accès.
Rien d'extraordinaire jusqu'au jour où elle tombe
sur Piedra, un gamin qui n'a pas grand-chose en dehors de
sa volonté de survivre. Une mise en bouche qui
rappelle certains mangas à succès,
auréolée de nombreuses
références aux bidonvilles
brésiliens ou à l'univers de Peter Pan. Et
si le premier tome manque un peu d'originalité
scénaristique tout en étant accrocheur,
l'avenir risque d'être bien mieux. De plus, le
dessin de Toru Terada séduit dès les
premières pages. Il maîtrise ses
personnages, leurs sentiments, les décors ou
encore les scènes d'action tout en ayant
déjà une fichue personnalité. Alors,
en attendant la suite, nous avons rencontré ce
jeune homme pour parler de son expérience et de
bande dessinée en général.
Dès les
premières pages, on est étonné par
la maîtrise graphique du jeune homme qui n'a
même pas un manga à son actif. Autodidacte,
il dessinait des couvertures de romans ou assistait le
japonais Atsuji Kamijo. Quand on lui parle de la
qualité de son trait, il avoue ne pas être
satisfait, "avec le recul, j'ai envie de changer plein
de choses", très vite repris par son
épouse, mangaka connue au Japon qui avoue
être énervée par sa modestie.
Elle est un peu le lien qui lui fit rencontrer Jean-David
Morvan. Elle proposa ses dessins à un
éditeur qui en parla à un autre,
connaissance du scénariste, justement à la
recherche d'un dessinateur. De fil en aiguille, la
rencontre fut fixée et le contact passa
plutôt bien même si Toru Terada avoue avoir
été étonné du lien
étroit qui lie un dessinateur à son
scénariste, ce qui n'existe pas au Japon. Les deux
hommes échangeaient nouvelles, dessins,
scénario et modifications par email. Là
aussi, le dessinateur avoue avoir apprécier
travailler avec un éditeur français. Le
métier de dessinateur est assez mal
considéré au Japon, un dessinateur doit
produire entre 24 et 32 pages par semaine. "De
manière générale, les mangaka ne
sont pas considérés comme des gens
sérieux. Leurs voisins les traitent mal, tout
comme la famille qui leur conseille de chercher un
travail au lieu de dessiner. Ils ne font que très
peu d'interview, leur visage est souvent
inconnu".
Stupéfait du respect
des éditeurs européens, il a eu un an pour
dessiner "Le Petit Monde" et pour soigner chaque
détail. Pour lui, c'est une chance extraordinaire
et, quand on lui a proposé de faire colorier sa
série en Europe, il a refusé: "C'est la
première fois que j'effectuai cette partie du
travail. Je ne me suis même pas posé la
question comme je croyais que toutes les BD
européennes étaient colorées.
Automatiquement, la couleur était
évidente".
Trop léché pour être
édité en Japon, "Le Petit monde"
sera peut-être publié en noir et blanc et
seulement quand l'aventure sera finie. La série
est prévue en trois tomes de 86 pages. Terada
avoue ne pas connaître la suite, il vient de
terminer une quinzaine de pages du prochain tome.
Les bandes dessinées
européennes sont considérées au pays
du soleil levant comme des objets de luxe: "La BD
européenne est plutôt vue comme une forme
d'art, les dessins sont beaux, ce qui est moins le cas
pour les comics américains. Mais, l'un comme
l'autre, on en trouve très peu au Japon".
Toru Terada avoue avoir apprécié
l'expérience qu'il voit comme une chance
extraordinaire. Et ce n'est pas le travail en solo qui
lui fait peur, il avoue travailler plus facilement quand
il est seul. Une chance pour nous et pour la suite de
cette aventure prometteuse !
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