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Timothy
Leary parmi les
étoiles
L'emblème
de la contre-culture psychédélique
nous a quittés à l'âge
respectable de 75 ans. Timothy Leary qui
définissait sa philosophie comme "Turn
on, turn in, drop out" ("Branche-toi,
accorde-toi, laisse béton") aura
marqué une époque dantesque.
Adulé par certains, haï par
d'autres, il a rencontré des grands
écrivains, cinéastes et musiciens
mais aussi tout simplement des hommes qui comme
lui espéraient découvrir les
secrets de l'esprit
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Tous les journaux
datant du Ier juin 1996 titraient dans leurs colonnes la
mort du très controversé Timothy Leary. "Le
pape du LSD" s'est éteint à l'âge de
75 ans, suite à un cancer de la prostate. Acide,
trip, LSD, planer, psychotropes... voilà pourquoi
il était mis sur le banc des accusés par
certains, dirons-nous conformistes. Il devint même
selon les termes du président américain
Richard Nixon, "l'homme le plus dangereux des
Etats-Unis". Pourtant, il débuta une vie assez
conventionnelle: écoles catholiques,
académie militaire de West Point, armée
pendant la seconde guerre mondiale. Par la suite, muni
d'un doctorat en psychologie, il enseigna dans la
prestigieuse université d'Harvard. Dès
1960, il effectue sa première expérience
psychédélique avec la psylocibine,
champignons hallucinogènes mexicains. À ce
sujet, il dira: "En quatre heures, j'avais plus appris
sur le fonctionnement de l'esprit qu'en quinze ans de
pratique professionnelle".
À partir de là, il est convaincu
d'avoir découvert un outil pour explorer les
secrets de la.conscience et il se jure de devenir le
premier évangéliste de l'acide. De retour
aux Etats-Unis, il découvre le LSD, un
hallucinogène de synthèse qui est
utilisé par la CIA qui le teste comme arme
chimique pour le contrôle des individus et
même dans la préparation d'un coup
d'états contre Cuba et son chef Fidel Casto. Trois
ans plus tard, il se fait virer de l'université de
Havard, pour avoir incité des étudiants
à participer à ses expériences au
LSD. Rapidement, il se fond sur le milieu de la
contre-culture (dont il partage l'opposition à la
guerre du Viet-Nam) en s'alliant d'abord aux
poètes beat et ensuite aux hippies. À la
même époque, il enregistre avec Jimmy
Hendrix et fut célébré par les Moody
Blues avec "Legend of a mind" et les Grateful
Dead. En 1964, il publie son premier ouvrage
intitulé "l'expérience
psychédélique". C'est à cette
époque qu'il se fait financer par un milliardaire,
William Hitchcock, qui met à sa disposition une
énorme propriété victorienne
à Millbrook, dans l'Etat de New-York. C'est dans
cette vaste demeure qu'il commencera ses
expériences en administrant du LSD à des
clients curieux et payants. Il partage sa passion avec
les plus grands représentants de la culture
beatnik, puis hippie: les écrivains William
Burroughs, Aldous Huxley, Jack Kerouac, Ken Kesey, tous
motivé par la volonté d'ouvrir les portes
de la perception... de leurs perceptions. Tout ceci
scandalisant le milieu médical bien pensant.
Toutes les stars de la scène underground de
New-York et de la Côte Ouest passent par Millbrook
pour écouter les conférences de Timothy
Leary et pour se plonger à la fin dans un "trip".
Rappelons qu'à l'époque le LSD
n'était pas illégal. C'est ainsi que
Timothy Leary fit une commande de deux cents grammes de
LSD liquide à un laboratoire, de quoi faire voir
des éléphants roses à près de
deux millions de personnes. Il projeta même de
"piper" les canalisations d'eau potable des grandes
villes américaines avec du LSD. Finalement les
autorités mettent fin à ses
activités en 1966, avant de déclarer le LSD
illégal.
Même les
Beatles
En 1967, les Beatles se
sont inspiré de la fascination de Timothy Leary
pour les psychotropes et les expériences mentales
extrêmes dans l'album "Sergeant Peppers Lonely
Hearts Club Band". Cet album s'achevait par une
variation de John Lennon refusant la
société de consommation et contre
l'establishment. Sa renommée est telle qu'il ne se
contente pas de se frayer un chemin uniquement dans le
milieu rock mais également dans le milieu
littéraire avec Allen Ginsberg et Michel Foucault
pour ne citer qu'eux. Les Who au sommet de leur gloire en
font le gourou de la génération Woodstock
dans leur premier tube après l'opéa-rock
"Tommy, The Seeker", en 1969: "I asked the
Beatles, I asked Bob Dylan, I asked
Timothy Leary".
Entre-temps le prosélyte de la culture de l'acide
se fait coincer pour détention de marijuana.
Arrêté et condamné à dix ans
de prisons il ne tardera pas à s'évader.
Commencera alors, une cavale qui le conduira en
Algérie, en Suisse et finalement, il sera pris au
piège par les autorités américaines
lors de son séjour en Afghanistan, en 1973.
Ramené aux Etats-Unis, il purgera une peine
d'emprisonnement de trente-deux mois. Quand il sort, en
1976, le mouvement hippie est bien mort. Les drogues
dures ont fait des ravages. L'espoir ne fait plus partie
de la jeunesse qui vire vers le mouvement punk aux sons
des Sex Pistols avec leur mot d'ordre "No Futur".
Timothy Leary, le parrain de
l'actrice américaine Winona Ryder, ne se laisse
pas abattre et revient à la surface dans les
années 80, période informatique où
l'on parle beaucoup de cybermonde. Passionné par
ce monde interactif, il donne des conférences,
devient le DJ des plus prestigieuses raves
américaines. Les années 90 lui donneront
raison. Une partie de sa rhétorique n'était
pas purement hallucinatoire. En effet, il fut l'un des
premiers écologistes; il fut l'un des premiers
à pressentir les manipulations
génétiques; il préfigura, avec ces
acid- tests popularisé par Ken Kesey, la
scène trance, techno et rave.
Il prépara sa mort, et dans un premier temps il
décida de se faire cryogéniser mais il y
renonça, de peur peut-être de retrouver
Michael Jackson, finalement il opta pour se faire envoyer
dans l'espace. Il affirmait attendre avec impatience la
mort, qui était pour lui une nouvelle
expérience, l'expérience ultime. Personne
ne pourra partager avec lui cette dernière, mais
il faut bien se dire une chose, tout le monde devra
participer à cette ultime étape
expérimentale!
À bientôt
Leary...
Bruno Brioni
QU'EST CE QUE LSD
?
Lyserg Saüre Diethylamid
À l'origine,
c'est un champignon parasite du seigle qui, dit-on, rend
fou. Synthétisé par les laboratoires Sandoz
et le docteur Hoffman, en Suisse, le LSD 25 (Lyserg
Saüre Diethylamid, acide lysergique diethylamide),
est connu depuis 1938 et ses propriété
psychotropes (altération des sens,hallucination,
bouleversement de la personnalité, ... ) depuis
1943. L'acide est adopté par les beatniks à
la fin des années 50. Beatnik
(génération foutue) est un mouvement social
et littéraire américain qui est né
en réaction contre les valeurs et le mode de vie
des Etats-Unis et la société industrielle
moderne. Le LSD que l'on appelle aussi lysergamide ou
lysergyde, va inspirer plusieurs oeuvres de la
contre-culture.
"Acid test", le récit d'un voyage
halluciné par Tom Wolfe ("Vol au-dessus d'un
nid de coucou" ).
"Easy Rider", le film de Dennis Hopper, avec le
bad trip de Peter Fonda dans un cimetière.
"Lucy in the Sky with Diamonds" des beatles.
"The Trip", un film de Roger Corman dont le
scénario a été écrit par Jack
Nicholson ou encore les oeuvres poétiques d'Allan
Ginsberg.
Si vous voulez en savoir
plus sur Timothy Leary vous pouvez consulter l'ouvrage
intitulé "Timothy Leary, Chaos &
Cyberculture" aux éditions du Lézard
ou visiter son Site Web
Officiel.
Bon trip, heu! bonne lecture
plutôt ;-)
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