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Loups
des
villes,
loups des
champs
Malgré
les siècles, la peur du loup reste
toujours présente. Pourtant, aujourd'hui,
c'est lui qui risque de disparaître en
dépit de l'effort de nos
justes
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Une histoire qui a
pourtant bien
commencé
Le loup est un des
plus vieux compagnons de l'homme. Entre eux, le respect
était de mise, comme on peut encore le voir chez
les Amérindiens. Ceux-ci pensaient que le loup
était un frère, un totem ou un
ancêtre de la tribu. D'ailleurs, une vieille
légende affirme que dans des temps très
reculés quelqu'un tenta de transformer les loups
en hommes. Mais l'opération échoua et seuls
leurs yeux devinrent humains. Certains scientifiques
estiment que c'est le loup qui est à l'origine de
la race canine. Une longue histoire qui débuta il
y a 20.000 ans. L'homme domestiqua quelques louveteaux
pris au nid pour en faire au fil des âges, le chien
d'aujourd'hui.
Mais, avec la religion et
l'économie moderne, tout changea. Tout d'abord,
les pasteurs et leurs regards sur la Bible
trouvèrent en lui un bouc émissaire du mal.
Au Moyen-âge, quand il était capturé
vivant, il était jugé et condamné au
bûcher comme tout émule de Satan. Le loup
devint par la suite, un mythe, un croque-mitaine
sanguinaire qui tuait tout sur son passage. Les
commérages sur ses pactes avec le diable, sa
présence auprès de sorcière, ses
attaques envers des enfants, se répandent plus
vite que la poussière de village en village. Les
écrivains imaginèrent de nouveaux romans
comme le conte du "Petit Chaperon-Rouge" qui fera oublier
à la nouvelle génération la
véritable identité du loup.
Ensuite, l'homme prend de
plus en plus de place et les loups deviennent un poids
qui obstrue l'économie de l'Europe de 1800. C'est
l'époque où l'homme agrandit tout; ses
villes, ses cultures, les lieux d'élevage
d'animaux de ferme,...
Tandis que le loup se voit
éliminer de ses propres forêts par les
chasses et les besoins en bois. Faute de quoi, il s'en
prenait aux animaux les plus faibles, aux animaux
domestiques et malades, le mouton en tête. "Et
voilà que le loup ne respecte plus les lois de la
nature" hurlent les hommes. Les légendes, les
pertes, et l'intolérance font que l'homme
décide de lui placarder une prime sur le dos. La
louve engrossée rapportait le plus d'argent
à celui qui la tuait. Après, venaient les
mâles et les louveteaux.
La fin et le
début
1844, le dernier
couple de loups sauvages est abattu près de
St-Hubert en France. Exterminé aussi des
îles britanniques, du Danemark, de Suisse, de
Belgique, d'Allemagne, d'Autriche et même d'une
grande partie des USA où, de 1850 à 1900,
on tua plus d'un million d'individus dans 48
états. Le loup nous quittait, non sans laisser
derrière lui quelques expressions: "L'homme est un
loup pour l'homme", "Marcher à pas de loup",
"Crier au loup" ou encore "Un froid de loup".
On devra attendre le
début des années '70 pour que le
comportement exterminateur perde son "charme". À
la même époque, l'écologie devient un
sujet politique. Grâce à ce renouveau,
aujourd'hui, il nous reste un millier de loups en Espagne
et au Portugal, 500 individus en Grèce où,
des réserves ont été
créées, encore une centaine à
l'extrême nord de l'Europe, 2000 en Roumanie et
1000 en Pologne. Les associations de défenses des
loups ont permis à la population des loups
d'Italie de passer de 100 têtes à 250. Du
coup, quelques individus ont migré vers la France
...
L'homme et le
loup
Le loup n'est pas un
animal qui s'attaque à l'homme. La station debout
de celui-ci, lui fait trop peur. Les rares agressions
venaient d'animaux victimes de la rage ou bien de loups
domestiqués, la détention dénaturant
l'instinct.
Aux Etats-Unis, de plus en
plus de famille ont un loup comme animal domestique. La
situation est tellement fausse que l'on compte 250 000
loups qui vivent en captivité contre seulement 2
500 qui survivent à l'état sauvage. Depuis
1986, neuf enfants ont été tués par
des loups domestiqués. Et combien de victimes pour
nos petits toutous adorés? Certaines personnes
ajoutent encore que, les loups apprivoisés sont
moins dangereux que les chiens!!!
La loi américaine interdit d'être
propriétaire d'un animal 100% sauvage, donc en
général, ces loups sont des hybrides
à 80%.
À noter que ces
loups ont la fâcheuse habitude de marquer leur
territoire même dans la maison, de se faire les
dents sur les meubles et de hurler à la lune. Ils
sont aussi trop farouches pour monter la garde en votre
absence. Et enfin, ils risquent de mourir de
désespoir, si vous les abandonnez. Ne vous laissez
pas prendre par l'envie d'acquérir un "Croc
Blanc". Mais, par contre, si vous aimez les loups, aidez
les plutôt à vivre libres et
sauvages.
De nos jours
:
Le Canada
Le piégeage y
est toujours permis pour les animaux à fourrure.
Malgré la réglementation, il reste encore
beaucoup de gens qui posent des pièges hors norme
afin de protéger leurs terres tout en s'exposant
à de lourdes amendes!!! Le trappage, technique
barbare qui laisse les loups en agonie pendant plusieurs
jours, a été dénoncé par le
Dr Haber dans une vidéo diffusée
mondialement. Le Canada rapporte de son commerce de
fourrure un minimum de quatre millions de dollars par an.
Le canada est l'un des derniers pays montrés du
doigt par les amoureux de la nature. Comme quoi, il faut
avoir fait le pire pour se rendre compte que le loup est
un animal indispensable à notre
écosystème.
La France
C'est dans le parc
de Mercantour en novembre '91 que deux gardes ont surpris
deux silhouettes furtives. "Ce sont des loups!" Le parc
décide par la suite, de garder le silence pour les
protéger. Après un an d'observation, ils
annoncent la nouvelle à la presse. Certains
fermiers se fâchent, soupçonnent le parc
d'avoir introduit les animaux et rageusement, promettent
de les abattre. On ne tarde pas à retrouver
quelques carcasses de moutons, mais après analyses
les coupables étaient des chiens errants. Pour ne
pas affoler les fermiers, le parc et l'état
décident d'indemniser les victimes.
Après avoir
observé comment l'Italie gère le parc
national des Abruzzes, qui est une réussite
favorisant la vie sauvage et ayant même fait
revivre l'économie d'un village, Civitella et ses
alentours. Par ailleurs, les loups français
connaissaient bien le parc italien pour y avoir
séjourné et l'avoir quitté pour
conquérir de nouveaux territoires. Ils remontent
l'Italie en passant près de Rome jusqu'au parc de
Mercantour. La France décida d'obliger les bergers
à changer leurs habitudes. Aujourd'hui, les
bergers malins ne peuvent plus observer leurs moutons
avec des jumelles. Ils sont obligés de revenir sur
le terrain, se faire aider par un apprenti ou encore d'un
chien des Pyrénées. De plus, si l'on offre
au mouton, un espace qu'il connaît, il sait se
cacher en cas d'alerte. Mais les ennemis du loup ne sont
pas toujours où l'on croit, certains bergers ont
déjà pris parti pour la bonne cause.
Un autre loup s'est fait
connaître dans les Vosges. Un loup qui a tué
sur son passage, 44 moutons, un veau, une génisse
et une pouliche en 8 mois. Après une longue
traque, on l'abat. La masse sans vie que l'on a
découverte, était l'exemple même du
loup domestique abandonné. Quelques mois avant sa
furie, il avait posé pour la caméra d'un
naturaliste amateur, ce qu'un loup sauvage ne ferait
jamais, du moins pas de si près. Comme quoi, le
loup n'a sa place qu'en pleine nature et pas dans les
chaumières.
La Belgique
La Belgique ne
possède plus de loup depuis le 19e, mais
l'association "International Wolf Federation"
présidée par R.F. Dubois mène une
lutte pédagogique. Possédant une vingtaine
de loups au parc de La Reid, elle invite les
écoles à rencontrer ses
célèbres locataires. Image surprenante, que
de voir un groupe d'enfants entrer dans l'enclos sans
peur et toujours à l'affût du moindre loup
à observer ou, à toucher.
Quand on regarde le clan
des enfants et le clan des loups, tout aussi curieux les
uns que les autres, on remarque que c'est dans les yeux
du loup qu'on lit le plus la peur. Le loup a t'il raison
de douter des générations à venir!!!
Quant aux professeurs, des adultes en somme, c'est eux
qui s'inquiètent encore avec une certaine peur du
loup. Exemple qui prouve que l'instinct de l'enfant ne le
pousse aucunement à avoir peur de cet animal.
C'est seulement après avoir lu ou entendu des
histoires ou simplement par le biais du cinéma,
que l'enfant attrape peur de ce qu'il ne connaît
pas, le loup entre autres.
Les chasseurs, ces bouchers
sanguinaires d'un monde
révolu
En
général, les chasseurs sont avec leur
manque de connaissance animalier, le seul ennemi
acharné du loup. D'ailleurs, le chasseur qui est
rarement issu de la classe populaire, n'a jamais
été un bon régulateur de
l'équilibre de la forêt à l'inverse
du loup.
Le loup a pour but de se
nourrir des animaux malades, empêchant ainsi
l'apparition d'épidémie. Il est l'image
d'une nature en pleine santé. Le chasseur quant
à lui, tue aveuglement les plus beaux animaux, et
laisse derrière lui une nature
déséquilibrée avec son lot de races
de longicornes appauvries et des maladies qui se
répandent dans la faune.
Malheureusement, le
chasseur aime tuer les animaux et ne veut pas qu'un loup
puisse tuer sans être tué. Le chasseur doit
peut-être penser que la nature a besoin de lui pour
son équilibre, mais là, il se
trompe.
Associations de
défense
Les associations de
défenses du loup se sont malheureusement
divisées en deux clans, ceux qui optent pour la
gestion du loup et les autres, sans compromis, qui
considèrent que la nature fera ce travail comme
elle a toujours su le faire.
La première, en
prônant la gestion du loup, veut garder le
contrôle sur sa population en tuant la partie
d'individus qui dépasserait un chiffre choisi par
ce même groupe d'hommes. De là, le danger,
d'une élimination qui tiendrait aucunement compte
des risques de saccage dans la vie sociale de la meute.
Mais c'est vrai qu'ils s'attirent plus facilement
l'accord des responsables politiques.
Voilà une petite histoire qui nous
est contée par M. Dubois, un hiver quand le lac
avait gelé, un groupe de cervidés prit
possession d'une petite île inhabitée. Avec
le printemps, l'eau dégela et les cervidés
se reproduisent en quantités énormes. Avec
l'automne, l'herbe commence à manquer vu le grand
nombre d'herbivores. Heureusement qu'avec l'hiver, le lac
gèle et venu dont ne sait où, une meute de
loups met le cap sur l'île, sûrement
attirés par l'instinct. Au printemps suivant, les
loups et les cervidés sont emprisonnés sur
l'île. Très vite, la nature fait son oeuvre,
les loups tuent un grand nombre de cervidés, ce
qui laisse assez d'herbes pour les autres. Puis, une
partie de la meute repart à la conquête de
nouveaux territoires, ne laissant qu'un nombre suffisant
de loups pour un nombre de cervidés et un espace
donné. Depuis ce temps, les loups et les
cervidés vivent sur l'île en harmonie, avec
de beaux grands cerfs qui se reproduisent et les loups
qui les gèrent.
Dès lors, pourquoi
gérer ce qui se gère tout seul? Quoi qu'il
arrive, le loup court toujours moins vite que ses proies.
C'est seulement quand l'une de celle-ci est plus faible,
malade ou âgée, qu'il arrivera à
l'attraper. Laissant ainsi les animaux en pleine forme se
reproduire, il collabore à la sauvegarde de la
race. Tandis que nous, humains aux grands fusils, comment
vas-t'on s'y prendre pour décider si tel ou tel
loup a le droit de mourir. Ce don n'est pas en notre
pouvoir, laissons faire la nature ou un jour, on pourra
aussi parler de gestion de l'homme, et là,
l'histoire a déjà laissé les traces
de sa honte.
C.H.
Références :
- Europe Conservation BP44,
41260 La Chaussée-Saint-Victor, France
- Parc National (Mercantour), 23
Rue d'Italie, BP316, 06006 Nice, Tél
(0033)93.16.78.88
- R.F. Dubois (Wolf Federation), La Froide
Fontaine, 4577 Outrelouxhe, Belgique, Tél:
(0032)085.51.19.76
- Parc National des Abruzzes, Gruppo Luppo,
67030 Civitella, Italie
- IWRC, Apartado 61, 2665 Malveira,
Portugal
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