Mesrine: L'instinct de
mort
On attend la suite avec
impatience
"Ennemi public
n°1", Jacques Mesrine fut abattu comme un chien par
la police en 1979. Surnommé "l'homme aux 100
visages", le gangster français ne fit pas la une
des médias que par ses braquages et
évasions diverses mais plutôt par une
certaine nonchalance. Il n'hésite pas à
narguer ceux qui le recherchent en donnant des entretiens
à des journalistes alors que toute la France est
à sa poursuite ou offre le champagne lors de l'une
de ses arrestations. Il ira même jusqu'à
torturer un journaliste de "Minute" ou militera contre
les conditions de détention. Autant dire que le
réalisateur Jean-François Richet s'attaque
à un mythe en décidant de mettre en images
la vie du personnage.
"L'instinct de mort",
premier volet de ce dytique, débute avec la mort
de Mesrine avant de faire un grand bon dans le
passé alors que celui-ci est encore en
Algérie. Mari et père de famille, Mesrine
se cherche et se transforme peu à peu au contact
de Guido en tombant dans la violence et l'excès.
Une première partie qui se concentre avant tout
sur l'homme alors que le second volet, "Mesrine :
L'ennemi public numéro 1" s'attachera à
une partie de sa vie plus médiatique.
Après un premier
script refusé par Cassel lui-même, le
réalisateur d' "État des lieux", de
"Ma 6-T va crack-er" et "Assaut sur le central
13" réussit à se poser en faiseur
d'images, laissant ses opinions de côté et
évitant de faire à travers le hors-la-loi
l'apologie de la criminalité. Pour cela, il
s'aligne sur le livre d' Abdel Raouf Dafri et dynamise
son sujet en mettant en avant l'action. Mais, le plus
surprenant c'est la prestation de Vincent Cassel qui
arrive à nous faire oublier l'acteur pour ne voir
que Mesrine. Peut-être pour appuyer la
mégalomanie du personnage, le réalisateur
oublie de peaufiner ses personnages secondaires
néanmoins interprétés avec brio par
Gérard Depardieu, Cécile de France, Roy
Dupuis ou encore Gilles Lellouche.
Préparé au millimètre prêt, le
film pourrait souffrir de quelques longueurs vite
oubliées grâce à une mise en
scène nerveuse et une photographie soignée.
Les érudits regretteront peut-être que le
long métrage ne soit pas plus introspectif alors
qu'il dessine le mythe en devenir, des premiers petits
crimes sordides aux premiers coups spectaculaires.
Une ascension pleine de
rage qui démontre néanmoins la
complexité du personnage tout en poussant en avant
son côté chien fou et sa relation avec les
femmes. Autant vous dire qu'on attend la suite avec
impatience alors qu'on est encore en émoi face aux
nombreux sentiments ressentis tout au long du film.
Site
Web
2008
(Pathé Distribution)
Réalisation : Jean-Francois Richet
Scénario : Abdel Raouf Dafri
D'après le récit de Jacques Mesrine
"L'Instinct de mort" (Éditions Jean-Claude
Lattès, 1977)
Musique : Marco Beltrami
Photo : Robert Gantz
avec
Vincent Cassel...........Jacques Mesrine
Mathieu Amalric...........François Besse
Ludivine Sagnier...........Sylvie Jeanjacquot
Cécile de France...........Jeanne Schneider
Samy Naceri...........Un tôlard
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