Mesrine: L'ennemi public n°1

Jean-François Richet a réussi avec talent à nous offrir deux portraits d'un homme aux différentes facettes tout en évitant de prendre position

 
De retour du Canada, Mesrine, toujours recherché par la police et de plus en plus mégalo joue avec les médias, la police et plus particulièrement avec le commissaire Broussard. Le gangster alimente sa propre légende mais pour combien de temps encore...

Suite de "Mesrine: L'instinct de mort", "L'Ennemi Public n°1" constitue à la fois une suite directe et un film que l'on peut voir séparément grâce à un changement de ton et une remise en question pour se réapproprier le sujet différemment. Sans trahir le premier volet, il se concentre sur la légende Mesrine à travers une conclusion sombre et bouleversante. Un univers plus léger qui met en avant la mégalomanie du personnage et le mythe qui s'est construit autour de lui. Ce qui amène des scènes plus caricaturales, moins subtiles à l'image d'un homme qui se perdait dans le personnage qu'il s'était créé.
Une évocation de l'ennemi public n°1 des années soixante-dix moins violente si on passe la scène de torture du journaliste de "Minute". On se concentre sur sa quête de reconnaissance et sur son changement de personnalité. Ici encore Vincent Cassel s'approprie le personnage lui donnant toute sa suffisance. Si les rôles secondaires sont souvent légers, Mathieu Amalric arrive néanmoins à tenir la distance tout comme Olivier Gourmet dans le personnage du commissaire Broussard. Sans oublier Ludivine Sagnier en compagne écervelée, Le Bihan en brute ou Gérard Lanvin moins convaincant en extrémiste de gauche.

À l'aide d'une belle photographie, le scénario moins haut en couleurs conclue à merveille cette saga Mesrine en soulignant une quête de la mort ouvertement proclamée. Se détachant aussi du premier volet par sa réalisation plus conventionnelle, le film se veut plus travaillé mais plus simple visuellement tout en donnant un ton mélancolique au récit.
Jean-François Richet a réussi avec talent à nous offrir deux portraits d'un homme aux différentes facettes tout en évitant de prendre position. Après, il y a toujours matière à polémique!
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2008
(Pathé Distribution)

Réalisation : Jean-Francois Richet
Scénario : Abdel Raouf Dafri
D'après le récit de Jacques Mesrine "L'Instinct de mort" (Éditions Jean-Claude Lattès, 1977)
Musique : Marco Beltrami
Photo : Robert Gantz

avec

Vincent Cassel...........Jacques Mesrine
Mathieu Amalric...........François Besse
Ludivine Sagnier...........Sylvie Jeanjacquot
Commissaire Broussard...........Olivier Gourmet



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