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Nausicaa
Un conte
fantastique se referme en grandes
pompes
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Depuis la guerre
des sept jours de feu, il y a mille ans, la terre est
recouverte d'une immense forêt toxique
habitée par de nombreux insectes géants et
des animaux ressemblant à des vers de très
grande taille. Autour de celle-ci, les peuples
frontaliers tentent de survivre tout en empêchant
la forêt de les envahir. La princesse Nausicaa,
fille du roi de la vallée du vent, une peuplade
pacifiste qui a fait allégeance avec l'Empereur
Vuh, un être en soif de nouveaux territoires,
possède le pouvoir de communiquer avec tous les
êtres vivants. Grâce à son don, elle
devient très vite une jeune fille exceptionnelle
qui pourra un jour remplacer son père sur le
trône. Mais, entre-temps, elle se trouve
impliquée dans une guerre sans fin qui la poussera
vers un "destin" encore inconnu...
Depuis qu'il a fait un
tabac avec son long métrage, "Princesse
Mononoké", les Éditions Glénat
nous font parcourir l'oeuvre du réalisateur,
scénariste et dessinateur, Hayao Miyazaki. Avec
"Nausicaa", fresque d'Héroic-fantasy,
conçue en 1982 pour le mensuel Animage, on
découvre presque l'origine même du film qui
de nombreuses années plus tard créera
l'événement. Si l'histoire, l'ambiance et
les personnages ne sont pas les mêmes, on renoue
ici avec des bases scénaristiques identiques: le
personnage principal est une femme qui, elle aussi, est
en osmose avec la nature. La trame reste
écologique puisque, suite à une guerre, la
terre est recouverte d'une immense forêt toxique
où les survivants ont appris à revivre
selon de nouvelles règles.
Après une approche du monde de Nausicaa dans le
premier opus, les tomes suivants se dirigent vers un
univers plus guerrier, dans un conflit interminable
où l'héroïne au coeur pur apporte un
souffle d'humanité. Un univers graphique en noir
et blanc de plus en plus sombre qui pourrait faire fuir
les novices en matière de manga d'autant plus que
le livre se lit de droite à gauche (le sens en
vigueur au Japon) et que chaque tome contient pas moins
de 150 pages. L'épisode final (T.7) allant lui
jusqu'à 223 pages.
À découvrir plutôt comme l'une des
premières oeuvres de l'auteur japonais,
"Nausicaa" est un récit touffu, une saga
médiévale dans un univers imagé
entre Héroic-fantasy et roman d'anticipation.
L'auteur fait passer une opinion qu'il a sur nos armes de
destruction à travers une longue saga sans pour
autant donner à "Nausicaa" plus de malice
que tout récit devant plaire avant tout à
un jeune public. Le dessin est déjà
très dynamique et on pourra également
apprécier une certaine ressemblance des
héros avec ceux du long
métrage.
Plus qu'une pale
copie, "Nausicaa" met en scène un autre
monde qui lui aussi reflète la personnalité
de son créateur. D'ailleurs pour celui-ci, qui a
eu une adaptation animée, l'auteur s'est
inspiré d'une héroïne japonaise,
"La princesse qui aimait les insectes". Issue
d'une famille aristocratique, celle-ci s'échappait
des contraintes sociales pour aller à travers
champs admirer la métamorphose des papillons.
C'est cette dernière, qui vécut
malheureusement à une époque où
l'originalité n'avait pas de place, que l'auteur
met en scène dans un contexte
différent.
Chaque tome ne propose pas des histoires
complètes, mais nous invite à
découvrir un autre monde entre le conte moderne et
la fresque fantastique.
Une bande
dessinée japonaise de belle fracture qu'il serait
triste de ne pas découvrir, surtout pour les
amateurs d'oeuvres fantastiques. De plus, l'auteur n'est
pas un amateur quand il s'agit de créer des mondes
imaginaires que ce soit avec des cités
médiévales, des moyens de locomotions
aériens ou une faune et une flore inventées
de toutes pièces comme tout le reste
d'ailleurs.
Le dernier opus quitte
enfin l'obscurité de la guerre. Avec quelques
rebondissements de dernière minute, on est
emporté vers une conclusion honnête. Les
amateurs apprécieront la beauté d'âme
de l'auteur qui d'une série à l'autre, ne
peut s'empêcher de prôner des valeurs
fondamentales.
Naudicaa de la Vallée du Vent
Hayao Miyazaki
Glénat/Site
Web
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