|
Paranoïd
Park
Une sortie en
édition spéciale composée
du film et de "Mala Noche", les premiers pas de
Gus Van Sant au poste de
réalisateur
|
Jeune skateur de
16 ans, Alex vit à Portland où il aime
passer du temps au skatepark, le Paranoïd park. Un
soir qui aurait pu être comme les autres, le
garçon va commettre l'irréparable en tuant
accidentellement un agent de sécurité. Il
décide de taire son acte...
Prix du 60ème
Anniversaire au Festival de Cannes 2007,
"Paranoïd Park" de Gus Van Sant s'inspire du
roman éponyme de Blake Nelson pour mettre en
valeur l'adolescence et son mal-être, un
thème cher au réalisateur. Loin des
habituels clichés, il filme ses jeunes recrues
dans toute leur complexité. Un univers
abandonné des adultes mis en valeur avec pudeur et
dévotion. Sa caméra esthétisante se
colle au quotidien d'Alex à travers de splendides
mouvements de caméra, des ralentis, des gros plans
ou de longs silences. Le tout néanmoins est
appuyé par un personnage inattendu, la bande son
travaillée avec soin pour coller aux situations
qu'elle soit musicale ou sonore.
Gus Van Sant propose un
film déstructuré dans le temps pour mettre
en avant un adolescent violemment confronté
à la mort et sur l'impact de ses choix. Un regard
qui se fond dans l'univers d'Alex par un casting
réfléchi. Pour interpréter ses
personnages à peine âgés de 15 ans,
Gus Van Sant ira jusqu'à les chercher sur MySpace.
Il se concentre sur Alex avec subtilité sans
expliquer les raisons qui l'ont poussé dans ses
choix, sur ses pensées sans les appuyer par des
mots et à aucun moment ne rattache ses
réactions à celle d'un groupe, celui des
jeunes skatteurs.
Un traitement que certains
auraient voulu plus explicite ou moins contemplatif mais
qui n'en reste pas moins poétique. Du grand
cinéma à voir ou à revoir ! Le DVD
de l'édition spéciale comprend outre le
film original et la réédition de "Mala
Noche", un entretien sur les deux oeuvres ainsi qu'un
documentaire "Dans le labyrinthe", une analyse
digne de ce nom sur la filmographie de Vant Sant vue par
Luc Lagier. Autant dire que les amateurs se
précipiteront sur ce collector présentant
deux films fidèles à l'univers du
cinéaste. On apréciera à sa juste
valeur.
Site
Web
|