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Entretien
avec Red
Snapper
Présent
depuis le début des années '90,
d'abord par des apparitions sur des compilations
aussi réputées que "Dope on
Plastic", Red Snapper s'est vite fait un nom
dans le milieu qualifié d'Acid-jazz. A
l'occasion de la sortie de leur nouvel album,
nous avons rencontré leur contrebassiste,
Ali Friend
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D'où venez-vous?
Ali Friend: D'Angleterre, de Londres. Pas du centre,
un peu à l'extérieur. C'est très
proche des lieux intéressants pour sortir et c'est
calme comme à la campagne. Avec des petits canaux,
c'est vraiment un
superbe endroit!
Que penses-tu d'Internet?
A. F.: Je trouve ça bien, positif, mais cela
reste une drôle de chose. D'un côté,
c'est devenu tellement énorme et ça permet
aux gens de s'échanger des informations et des
idées. Même au niveau artistique. On arrive
à un degré où la création n'a
plus à s'accommoder du business. Mais en
même temps, les grandes compagnies commencent
à se l'approprier, comme AOL par exemple. Il faut
donc absolument légiférer pour que cela
reste un lieu de liberté et de rencontres.
Toute la controverse qui existe actuellement au sujet
de Napster, comment la vivez-vous par rapport à
votre musique?
A. F.: Au niveau de l'idée, je trouve
ça brillant. Quand tu te rends compte de ce
réseau de partage, c'est fantastique. C'est
tellement facile de diffuser ta musique, ça
t'encourage à créer. Mais, d'un autre
côté, tu as besoin d'avoir quelque chose de
financier en retour pour te permettre d'aller plus loin.
Je pense qu'actuellement, les artistes sont
sous-évalués. C'est tellement difficile
d'arriver à un bon niveau, il faut travailler et
travailler et travailler cela prend des années, et
beaucoup de temps de vie. Donc, si tu enlèves
l'aspect financier qui motive à avancer et qui te
permet de subvenir à tes besoins, je pense que
beaucoup d'artistes vont laisser tomber.
Mais tout ce circuit Internet va bouleverser totalement
notre façon d'acheter de la musique. Les maisons
de disques et les magasins devront changer leur processus
de vente.
D'un autre côté, Internet est un
fantastique moyen de promotion de ta musique, sans
barrières géographiques et, à terme,
sociales et économiques.
A. F.: Ça dépend. Je pense que
ça peut permettre à des gens de
découvrir ta musique et d'aller acheter un CD.
Mais c'est tellement facile de télécharger
tout l'album, de le graver sur un CD, de reprendre la
pochette sur le site et de l'imprimer
Ça va peut-être motiver l'artiste
à véritablement créer un objet
artistique et pas seulement une boîte de plastique.
La pochette vaudra presque plus cher que le
CD ;o)
A. F.: Absolument. On est en train de travailler sur
un site Internet et on veut s'inspirer de cette
philosophie. Utiliser la nouvelle technologie comme un
plus à notre création artistique.
Ce soir, vous allez jouer avec Aka Moon. Lors de votre
dernière visite, vous aviez également
joué avec eux. Avez-vous des affinités
spéciales avec ce groupe?
A. F.: On a vraiment beaucoup aimé leur
prestation il y a 2 ans, mais on ne peut pas dire que
c'est fait exprès. On ressent qu'ils veulent faire
des choses différentes, ils sont très bons.
Il y a aussi les Dirty Beatniks qui jouent ce soir. Je
pense que les gens vont passer un super moment!
A propos, si tu vois les gens d'Aka Moon, tu peux leur
dire que la dernière fois, ils avaient
traîné pour enlever leur matériel.
Demande-leur de le faire ce soir ;o)
(ndlr: réponse d'Aka Moon très
bientôt sur www.6bears.com).
On vous retrouve moins sur des compilations qu'au
début. Faites-vous aussi des remix?
A. F.: Tu sais, les compilations sont un moyen de te
faire un nom. Maintenant qu'on a plusieurs albums, on se
retrouve moins dessus. On laisse la place à ceux
qui veulent se faire un nom! Il y a aussi des raisons
financières, il faut payer pour être sur de
telles compilations. Au niveau des remix, on en fait pas
mal, on a remixé dans le passé Garbage, Gus
Gus et on va remixer le nouveau single d'Hooverphonic.
Ils sont vraiment énormes en Angleterre pour le
moment.
Votre nouvel album parait plus expérimental,
mais dans le sens basé sur des expériences.
Peux-tu nous parler du processus de création qui a
l'air assez différent du précédent,
"Making Bones", qui me semblait plus accessible si on
peut dire.
A. F.: MC Dead est toujours sur cet album, mais nous
voulions essayer quelque chose de nouveau avec lui. Il y
a aussi une chanteuse américaine de L.A., Candra.
Elle est sur quelques morceaux et elle est vraiment sexy!
Elle était catcheuse! Elle chante entre autres le
morceau disco et rapide de l'album, "Rough and
Quick". On va jouer une moitié de nouveaux
morceaux et une moitié d'anciens.
Mais certaines chansons, de "Making Bones" par
exemple, ne sont plus d'actualité pour nous. Ce
sera vraiment les chansons qu'on veut jouer.
Au sujet de l'album, il y a eu beaucoup de tensions
après la tournée de "Making Bones".
On est retourné en studio parce qu'on voulait
encore créer et enregistrer. Mais c'était
peut-être trop tôt. Il y a eu des
problèmes personnels et aussi des problèmes
de groupe. En plus, je me suis cassé un doigt et
j'ai dû rester 4 mois sans jouer! C'était
vraiment horrible, j'ai vraiment cru que je ne
recommencerai pas à jouer. En plus, la mère
de David est morte, elle vivait aux Etats-Unis. Il y est
donc retourné pendant un mois. Et quand on a voulu
mixer l'album, on s'est rendu compte
que ça ne donnait pas ce qu'on voulait, on a donc
dû le réenregistrer. Il n'était pas
assez puissant.
C'est un peu ce qui est à la base de la tension
que l'on peut ressentir.
Quelle musique écoutez-vous?
A. F.: On écoute beaucoup de choses. Du jazz,
du funk (du free-funk, comme Georges Clinton par
exemple), mais aussi et surtout, pour ma part, tous les
nouveaux trucs électroniques anglais. Il y a
vraiment des groupes géniaux.
Hier soir, on est venu voir Eric Mingus, le fils de
Charles Mingus. C'était chouette mais je pense
qu'il a tellement de pression de par son nom qu'il ne se
sent pas libéré comme son père
l'était. C'est tellement difficile de venir
après quelqu'un de tellement énorme. Mais
j'aime ses textes et sa façon de chanter, en
spoken-words.
Et toi, ton père, que fait-il?
A. F.: Il est ingénieur civil. Il fait des
barrages, les dessine. Il écoute beaucoup de jazz
mais n'est pas très impliqué dans la
musique.
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Web
Fabian Tilman
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