Rencontre avec Roschdy Zem

Actuellement à l'affiche de "Vivre au Paradis" et de "Louise (take 2)", Roschdy Zem a su au cours des dernières années se faire de plus en plus présent sur les écrans du cinéma français. Rencontre avec un acteur prometteur de la nouvelle génération, réalisée dans le cadre du Festival du Film de Bruxelles
 

Pourquoi as- tu accepté du jouer dans "Vivre au Paradis" ?
Roschdy Zem:
Le scénario était magnifique et le rôle en or. Et comme ce n'est pas courant d'avoir un bon scénario entre les mains, je n'allais pas refuser.

La personnalité de Lakdar rends ton personnage assez différent des rôles que tu as interprété jusqu'ici!
R.Z.:
C'est vrai que ça ne ressemble à aucun rôle que j'ai fait auparavant, mais c'est le but aussi. On est toujours à la recherche de ce qu'on n'a pas encore fait. S'il n'y a pas ça, je ne vois aucune raison de faire ce métier.

Quel est ton contact avec l'Algérie?
R.Z.:
Je suis né en France, d'origine marocaine. Avec mes parents, on a toujours parlé en Français. Donc, j'ai dû apprendre l'algérien. C'est le B.A.-Ba quand on est acteur d'être crédible. J'ai passé trois mois avec un coach algérien à apprendre mon texte et la prononciation, car c'est une langue difficile à prononcer.

Tu as débuté dans "les Keuf" ?
R.Z.:
Ca c'était très drôle. Je vais vous raconter la petite histoire des Keufs. J'ai fait une figuration dans les Keufs. Et, quand j'ai commencé ce métier, c'est tout ce que j'avais fait. J'avais honte de moi, alors, quand j'ai rencontré Techiné pour la première fois, je lui ai dit que j'avais joué dans les Keufs. Et, çà, c'est resté très longtemps. Il y a deux ou trois ans, j'ai dit qu'il fallait absolument retirer les Keufs de mon C.V. parce qu'on ne met pas les figurations dans un C.V.. En plus, on me voyait à peine.

Peux-tu dire que cela t'a servi?
R.Z.:
Je ne sais pas si cela m'a servi mais c'est intéressant de passer toutes les étapes. Il y en a qui arrive après avoir joué deux ou trois fois de décrocher le rôle principal. Moi, j'ai commencé par de la figuration, par des petits rôles, des seconds rôles et puis des rôles principaux. J'aime beaucoup ce cheminement même s'il n'était pas calculé.

As-tu fait beaucoup de figurations ?
R.Z.:
Qu'une seule fois

C'est cette figuration qui a été le déclic?
R.Z.:
Non, j'ai fait une figuration pour voir comment cela se passait sur un plateau de cinéma. Le déclic est venu parce qu'André Techiné m'a proposé un rôle, notamment parce que je n'avais pas d'expérience. C'est ça qui l'intéressait chez moi. Il aime les gens un peu bruts. Mais s'il ne me l'avait pas proposé, je ne crois pas que j'aurais continué.

Tu as joué dans trois films de Techiné. Quel contact avez-vous?
R.Z.:
On a un bon contact, mais on ne se voit que sur un plateau de cinéma, c'est ça qui est étonnant. En dehors d'un plateau, on ne se voit pas.

Quand on voit ta filmographie, tu joues énormément dans des films d'auteurs? Pourquoi ?
R.Z.:
Encore une fois, quand je lis un scénario, il me plaît ou il ne me plaît pas. Et il se trouve que c'est ce genre de cinéma qui me plaît. Bon, c'est clair que, quand on reçoit un scénario d'une grosse production, c'est très difficile à accepter parce que, souvent, l'écriture n'est pas très intéressante. Moi, je lis d'une manière égoïste, d'abord le scénario, puis mon personnage, et je vois s'il me plaît dans le scénario. Mais, ça vient.

C'est le personnage ou l'histoire, le plus important pour toi?
R.Z.:
Je lis l'histoire, si l'histoire me plaît je lis mon personnage. Si mon personnage me plaît, mais pas le scénario, ça ne m'intéresse pas et vice versa.

En ce moment, beaucoup d'acteurs ou de réalisateurs s'expatrient pour un ou pour plusieurs films. Rêves-tu de pouvoir un jour tourner dans des films étrangers?
R.Z.:
Je n'en rêve pas. Mais, ça ne veut pas dire que je n'irais jamais ...


Questionnaire de Proust


Entretien: Carole Hubinon
Photos: a.B.




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