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Sven
Väth
Sven Väth,
le DJ et compositeur Techno d'origine allemande,
dont la réputation internationale n'est
plus à faire était de retour
à Bruxelles pour un show qui allait
enflammer les jeunes (et les moins jeunes)
hérétiques du Fuse, le Club "5
étoiles" de la Capitale.
À cette occasion, Sven nous a reçu
à l'Hilton, quelques minutes avant son
départ pour Zaventem, direction
Frankfurt, dur dur la vie
d'artiste...
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Thierry Gallo: Alors, pas trop
fatigué après une telle soirée ?
Sven Väth: Je viens juste de me
réveiller et ça va. C'était vraiment
une très bonne soirée avec une
atmosphère très spéciale.
En Belgique, on me connaît assez bien et c'est
quelque chose qui me surprend toujours.
TG: Comment trouves-tu le
public belge ?
SV: Je viens ici depuis des
années, c'est un bon public.
La première fois, c'était en 1990 pour une
grande soirée à Gand avec Carl Cox, il y a
longtemps...
J'ai suivi de bons labels en Belgique, il y a de la bonne
musique ici.
TG: Il y a t'il une
différence entre ce public et le public allemand
?
SV: Je ne peux pas vraiment le dire car je ne suis
pas assez impliqué dans la scène belge. Ce
que je vois, c'est quand je joue, les gens crient,
dansent et aiment la musique. Il se produit le même
phénomène en Allemagne, ces
réactions restent donc assez similaires.
TG: Existe-t'il une
histoire d'amour entre toi et Bruxelles, il t'arrive de
venir visiter la ville en dehors de tes shows ?
SV: Parfois les
choses bougent trop vite pour moi. J'aimerai bien, mais
je n'ai pas vraiment le temps de le faire.
TG: Le mouvement
techno se trouve dans une
période de transition car il est accepté
par un public, encore plus large, qu'en penses-tu ?
SV: Ca fait partie du développement. On a
commencé petit et on voit maintenant des
événements comme la
"Love Parade" avec plus d'un million de personnes,
c'est incroyable et impressionnant!
Je me rappelle, quand j'ai commencé comme DJ en
82, la première fois que j'ai joué de la
House et de la Techno en 84-85, certains disaient que
c'était la musique du future et, d'autres que
j'étais fou, ils se demandaient ce que je pouvais
bien jouer. Quand j'ai produit mon premier disque,
c'était en 85-86 et le mouvement a commencé
à décoller doucement.
J'ai beaucoup cru en cette musique. C'était pour
les DJ's l'occasion de produire des albums pour les
clubs, et par la suite, de les faire sortir de ces clubs,
c'était juste une question de temps. Le mouvement
s'est amplifié et comme on peux le voir
aujourd'hui on a des distributeurs et des labels à
travers le monde entier, quant à moi, j'ai la
possibilité de mixer au Japon, en Australie, au
Mexique, au Brésil, en Israël,...
Ce n'est donc plus une petite chose, c'est la
reconnaissance d'un mouvement tout entier, on trouve
maintenant dans n'importe quel magasin de musique un
rayon Techno, le mouvement s'éclate aujourd'hui
dans plusieurs directions, ça devient donc
vraiment intéressant, il ne se limite plus
à tel ou tel style.
TG: Est-ce qu'on
peut faire une comparaison entre le
phénomène Punk lors
de sa sortie et l'explosion actuelle de la Techno ?
SV: Oui bien
sûr. Le punk a été la dernière
révolution musicale et après ça
été la Techno, définitivement. Mais
le Punk c'est arrêté là où il
a commencé. La Techno, elle se développe et
a une vie plus longue.
TG: Tu es une sorte
de pionnier finalement...
SV: Oui, mais aujourd'hui, c'est plus facile pour
moi. J'étais à l'époque plus un
combattant Techno, parce que je devais vraiment me battre
pour quelque chose, pour un son. Maintenant la Techno se
trouve dans le monde entier. Aujourd'hui, je suis plus
relax.
TG: Justement, être plus relax
signifie que tu ne dois plus te battre pour cette
musique, est ce vraiment une bonne chose ?
SV: Je pense que ce
n'est plus mon rôle. Mon but est de faire danser
les gens, de les rendre heureux. Ma musique reste
futuriste, de science-fiction. De nombreux artistes
explosent et tu sens qu'ils ont cette "fièvre
indomptable". C'est important qu'on les supporte. Par
exemple Daft Punk, c'est frai et funky. Tu peux demander
à tout le monde, ils aiment Daft Punk, aussi bien
ceux qui écoutent le Rock'n Roll que la Hip-hop.
C'est bien, il faut briser les murs, se renouveler, c'est
important.
TG: Que penses-tu
d'un groupe comme Prodigy qui pour la première
fois dans l'histoire de la musique, reste le band qui a
été accepté par les fans de Rock et
de Techno ?
SV: J'ai fait jouer Prodigy dans mon club en 1990.
C'est un bon exemple et j'ai même lu ceci dans les
journaux : "Prodigy est en train de sauver le Rock'n
Roll", à cause de son attitude, d'un bon son.
TG: Quel est le genre de musique que tu
écoutes ?
SV: J'aime la musique futuristique, classique,
l'opéra, le jazz, le trip-hop, la bonne musique
quoi...
Tu dois vraiment chercher ce que tu aimes parce qu'il y a
trop d'albums, de labels. Tout le monde peut enregistrer
son disque, lancer son label et toutes les semaines tu as
énormément de disques qui sortent, tu es
obligé de faire un choix.
TG: Comment définirais-tu ta propre musique
?
SV: J'essaye de nouvelles choses comme dans mes
albums "Harlequin" et "Accident in
Paradise". J'ai des influences
très diverses, j'aime les ambiances indiennes,
natives, tribales.
TG: Sur les pochettes de tes albums ainsi que dans
tes clips, l'image de synthèse est très
présente, cette technologie visuelle et la Techno
sont-elles deux concepts indissociables?
SV: Non, je pense
d'ailleurs que dans ma prochaine production je ferais
quelque chose de différent, mais je ne sais pas
encore quoi.
TG: quels sont tes
projets ?
SV: Je suis en
studio pour l'enregistrement d'un nouvel album. Je n'ai
pas de date de sortie pour celui-ci, ce sera
peut-être pour la fin de cette année ou le
début 98, je ne sais pas encore, ça prend
tellement de temps...
Ce disque conservera l'esprit de Sven Väth mais je
vais essayer de nouvelles choses.
TG: Avec ta voix
peut-être ?
SV: Si j'avais
vraiment quelque chose à dire je le ferai, mais ma
musique parle pour moi.
TG: Pour finir, quel est le secret pour
réussir dans ce métier ?
SV: Je n'ai jamais
considéré ce que je fessai comme
étant un métier. Pour moi, cela a toujours
été l'amour de la musique, partager quelque
chose et le donner aux gens, c'est la chose la plus
importante pour moi.
La confiance en soi et croire en ce que l'on fait est
important et si tu veux le faire pour longtemps, tu dois
bien prendre soin de toi.
Thierry GALLO
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