|
Vêtements
de destruction
massive
Certains utilisent le
cinéma, la musique ou les rassemblements.
D'autres, les
vêtements...
|
C'est le cas
d'Heiner Buecker, artiste berlinois, qui a lancé
ou relancé cet été à Berlin
une mode très tendance: la Bushtrashwear... En
d'autres termes, une boutique improvisée dans le
Kunsthaus Tacheles, ancien grand magasin situé au
coeur de la ville et véritable lieu de la mouvance
artistique berlinoise. Une boutique, oui, mais
spécialisée, et ravitaillée par des
électrons libres américains, graphistes,
photographes ou vidéastes, aidés de leurs
"alliés" européens, espagnols ou italiens.
La matière, c'est évidemment Georges Bush
dont on retrouve la trombine sur chaque article. Des
tee-shirts, des pantalons, peut-être même des
petites culottes ou des slips kangourous, mais aussi de
nombreuses photos qui égratignent en long et en
large les traits et contours de G.W.B et de quelques-uns
de ses amis...
Rien de bien
compliqué à première vue, mais
l'assurance de rire jaune des seuls ennuis de mastication
du président, de ses nombreuses chutes ou de ses
petites phrases, ici reprises et détournées
à la sauce allemande façon "Ich bin kein
Berliner". Facile, diront certains, et "tendance". L'art
de résistance, comme on l'appelle, peut agacer.
Mais pour s'en convaincre encore un peu plus ou bien
changer d'avis, il est toujours possible d'aller cliquer
sur www.bushtrash.com,
le site de Heiner qui, s'il annonce sans détour la
couleur, a le mérite de fournir une somme de liens
sur ces sujets, en allemand et en anglais, et de
présenter le travail de nombreux artistes, tous
horizons et cibles confondus.
Installée cet
été dans le Kunsthaus Tacheles, la boutique
itinérante d'Heiner reste en septembre à
Berlin mais déménage au
Mori-Ogai-Gedenkstaette, musée dédié
aux arts asiatiques, et cède cette fois la place
à une artiste japonaise, Rena Matsuyama,
engagée elle aussi contre la guerre et à
l'origine d'une grande exposition d'artistes irakiens
installée cet été au Japon. Une
exposition aux multiples supports qu'il sera possible de
découvrir jusqu'au 8 octobre à Berlin ou
bien sur cette page...
Quant à son magasin très
spécialisé, Heiner espère bien le
répandre un peu partout en Europe. Ne revendiquant
"aucun monopole de fabrication", le "trublion" berlinois
encourage vivement tous ceux qui ne savent plus que faire
de leurs vieux vêtements à participer et
reçoit avec "grand plaisir" toutes les photos,
authentiques ou conçues de toutes pièces,
et retouchées au montage si besoin
est...
|