L'Hôpital
Pédiatrique N°1 d'Ho Chi Minh
Ville
Il y a quelques
années, A.M.P.H.O.R.E développa, en
collaboration avec le service de
kinésithérapie de l'Hôpital
Pédiatrique N°1 d'Ho Chi Minh Ville, la
pratique de la ventilation à percussion
intrapulmonaire (IPV). Pour notre dernière
étape, il s'agissait pour l'équipe de
kinésithérapeutes de renforcer les contacts
établis et de compléter l'enseignement du
percutionnaire à l'équipe de kinés
locale. De plus, l'association se charge de ramener
l'appareil en France, afin d'effectuer un entretien tout
en laissant un nouvel appareil à disposition.
Philippe
Badin me fait visiter les différents
services de l'hôpital qui n'ont plus aucun
secret pour lui. Il y a peu, un nouveau
bâtiment à été
construit grâce à des fonds
versés par l'une des filles de Pablo
Picasso. Durant cette dernière semaine,
j'ai eu l'occasion d'interviewer certains
responsables de l'hôpital, notamment,
madame Vo Kim Sa directrice infirmière
qui me relatera avec une joie évidente,
malgré une certaine retenue, le parcours
de cet hôpital qui reste une
référence au Sud Viet Nam. "
L'Hôpital Pédiatrique N°1
à été créé en
1956 et il ne cesse de se développer.
Même pendant la guerre, l'hôpital
était réservé pour les
enfants. Cela fait maintenant près de dix
ans que des missions humanitaires viennent nous
aider. Cependant nous sommes toujours
insuffisant pour le nombre de malades. Par
exemple nous avons 14
kinésithérapeutes pour 120
patients quotidiens! Les méningites, les
encéphalites et les hépatites sont
des infections récurrentes chez les
enfants. Ce service des infections est
malheureusement le plus fréquenté.
De plus le Sida, essentiellement transmis par
les parents, se propage et il n'est pas question
ici de trithérapie..." me confie Vo Kim
Sa.
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Ho Chi Minh-Ville, février
1999
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Le lendemain,
notre informaticien, Régis Croisier, est
chargé de placer différents programmes
pédagogiques sur l'ordinateur du service de
kiné. Ainsi les enfants, surtout les IMC (Infirmes
Moteurs Cérébraux), pourront s'amuser et en
même temps tester leurs réflexes sur des
programmes ludiques. Les programmes placés, nous
sommes tous conviés dans la cour à
l'arrière du bâtiment. C'est l'heure de la
récréation pour les IMC qui,
accompagnés des kinés, s'attèlent
à leurs exercices sous nos yeux attentifs.
Certains enfants en chaises roulantes seront les premiers
à se confronter à l'ordinateur. Et c'est
avec une certaine émotion que nous constatons leur
agilité et les fous rire qu'occasionnent leur
émerveillement face à ce nouveau monde.
Pendant la sieste j'écrirai ce petit texte sur un
bout de papier: "En comparaison avec nos centres
hospitaliers, cet hôpital me semble désuet.
Mais il émane constamment de la volonté et
du coeur au sein des thérapeutes. Le manque
d'hygiène, la surpopulation au sein des
infrastructures hospitalières et le manque de
moyens, nous rappelle que les pays du Sud, et dans ce cas
précis le Viet Nam, nécessitent notre
attention toute particulière. Dans nos
sociétés Occidentales, symbolisée et
dominée par la course au profit et par le
rendement maximum, l'attention se porte bien trop souvent
sur le superflu et sur des valeurs matérielles, le
tout au détriment de l'essence même des
valeurs morales au même titre des valeurs
sociétales de bases... en peu de temps j'aurais
appris beaucoup de choses".
Les jours suivants les
visites de l'hôpital continuent et l'unique endroit
où une gène s'empara de moi au moment de
poser mon oeil sur le viseur fut cet instant où
nous entrâmes dans le service des
brûlés. Malgré une infrastructure
neuve grâce aux apports d'une ONG scandinave, la
vision d'enfants victimes de brûlures à
différents degrés s'assimile à une
évocation apocalyptique. Après deux, trois
clichés je rangeais mon matériel.
La veille de notre
départ, toute l'équipe est conviée
dans une salle de réunion où nous attendent
les responsables de l'hôpital et son directeur le
Docteur Tran. Durant cette réunion, les prochains
projets sont définis pour le futur: renforcer
surtout les liens qui unissent A.M.P.H.O.R.E. et
l'hôpital, augmenter la fréquence des
traitements avec le percutionnaire, favoriser les
échanges entre les hôpitaux français
et vietnamiens et aller davantage de l'avant vers une
coopération constructive. A ce sujet, le Docteur
Tran nous avouera qu'il rencontre de nombreux obstacles
à faire comprendre le bien fondé de
l'évolution médicale à la
communauté médicale vietnamienne.
Vraisemblablement le progrès de la science en
irrite plus d'un. Il confirme: "je souhaiterais pousser
l'hôpital vers l'international, mais des personnes
s'opposent à cette évolution". Nous
quittons nos hôtes, direction l'Hôpital de
Traumatologie et d'Orthopédie afin de finaliser
les modalités d'organisation pour la venue
prochaine d'un spécialiste français. Des
interventions en arthroscopie et l'enseignement de cette
technique, méconnue au Viet Nam, sont au programme
d'une mission qui aurait lieu dans le courant de
l'année 2002.
La
mission touche à sa fin, dans quelques
heures l'avion nous ramènera sur le
continent européen.
Sur notre chemin un taxi bouleversera la
sérénité ambiante qui anima
notre groupe pendant près de vingt jours.
Je portais une attention toute
particulière à mon matériel
et aux pellicules prisent tout au long de la
mission. Des documents visuels importants,
témoins d'une réalité
à transmettre de toute urgence. Le destin
aura eu raison de tant de précautions. Un
vol, un oubli ou une perte... peu importe, cela
restera toujours un mystère... il a fallu
une fraction de seconde et le taxi s'est fondu
dans la foule emportant avec lui notre
témoignage visuel.
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Ho Chi Minh-Ville, février
1999
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Dans le train qui
me ramène de Paris à Bruxelles, j'observe
le soleil qui pose ses rayons matinaux sur les champs
givrés. La mélancolie m'envahit, comment
cela a-t-il pu se produire? Il me reste ma mémoire
pour ne pas oublier. La tête posée contre la
vitre, j'écrivis ces quelques mots
spontanés: "Le temps s'effrite à une allure
incommensurable. Une fraction de seconde et une vie
s'efface ou alors renaît de ses cendres, tel que le
phnix.
Cette fraction peut se transformer en fracture et casser
à jamais un espoir, un rêve ou encore un
besoin vital au sein d'une existence meurtrie par le
doute et les incessantes remises en question. Un moment
d'inattention provoqué par un subconscient
incontrôlable, peut être même un flux
cérébral détourné du
dédale "cervelesque" en prise avec la fatigue
physique et psychique. Un oubli et tout un travail
s'envole à jamais vers des contrées
inconnues. Un travail issu du fin fond des tripes. Mais
la joie me revient à la mémoire de ces
visages d'espoir et de fraternité. Ces accolades
interminables et honnêtes. Cette curiosité
insatiable des médecins, des infirmiers et des
kinésithérapeutes demeurera une
leçon pour nous tous."
Et comme le disait un des protagonistes dans le film
"Hasards et Coïncidences" de Claude Lelouch:
"Plus le malheur est grand, plus il est grand de
vivre".
Sommaire
- Départ
pour Camau:
Après la
première nuit de sommeil bercée au son et
au rythme du...
- Premier
contact médical:
Nous apprenons le lendemain
que l' ao dai fut sauvé par les habitants...
- L'Hôpital
Général de
Camau:
Le lendemain matin, nous
partons pour l'hôpital avec du
matériel...
- La
croisière
s'amuse:
En reconnaissance de notre
attention, nous sommes invités,...
- L'Hôpital
Pédiatrique N°1 d'Ho Chi Minh
Ville:
Il y a quelques années,
A.M.P.H.O.R.E développa, en collaboration
avec...
- 10
ans que l'association
humanitaire:
A.M.P.H.O.R.E. déploie
son énergie au Viet Nam
- La
Ventilation à Percussion
Intrapulmonaire
(IPV)
- Carte
du Vietnam
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